dimanche 17 dcembre 2017 09:11:47

Commémoration du 69e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945 : Le cri de la liberté

Moudjahid, écrivain, poète et enseignant en sciences islamiques, M. Mohamed-Salah Seddik, a fait impression hier, au forum de la Sureté nationale, par son érudition, son témoignage et sa grande sagesse.

PUBLIE LE : 08-05-2014 | 0:00
D.R

Moudjahid, écrivain, poète et enseignant en sciences islamiques, M. Mohamed-Salah Seddik, a fait impression hier, au forum de la Sureté nationale, par son érudition, son témoignage et sa grande sagesse. Face à une assistance moyenne mais très intéressée, composée en grande partie de cadres de la Sureté nationale, le savant musulman est revenu sur la date historique du 8 Mai 1945 et sur les leçons à tirer des massacres sanglants perpétrés ce jour là par les forces coloniales contre la population algérienne désarmée. En effet, au moment où le monde entier célébrait la victoire des Alliés contre l’Allemagne nazie et la fin de la IIe Guerre mondiale, les Algériens sont sortis dans la rue à Sétif, Guelma et Kherrata, le 8 mai 1945, pour manifester leur joie et leur bonheur, après la fin des hostilités, et partant, exprimer leurs légitimes revendications à la liberté et l’indépendance. Les résultats ne se sont pas fait attendre, rappelle t-on, puisque une terrible répression, œuvre de l’occupant  colonial, s’est abattue sur le peuple algérien désarmé, causant la mort de plus de 45.000 personnes, sans compter les dégâts matériels qui furent tout aussi considérables.
Selon M. Mohamed-Salah Seddik, auteur de 111 ouvrages, à ce jour, dont 27 sur l’histoire de la Révolution, ces massacres sanglants, sauvages, disproportionnés, commis par la soldatesque coloniale dans plusieurs villes et villages du pays, ont sonné le réveil des consciences algériennes engourdies, voire trompées par les nombreuses promesses faites par les colonisateurs d’accorder l’indépendance à l’Algérie, après la fin du conflit mondial.
La répression sauvage des manifestants du 8 mai 1945, a souligné le conférencier, a servi de véritable cours magistral pour le peuple algérien, lui permettant de prendre brutalement conscience du vrai visage du colonialisme et de la nécessité de le combattre, partout à travers le pays, par tous les moyens aussi, en vue de recouvrer ses droits légitimes à la liberté et à l’indépendance.
Partant de là, il est devenu nécessaire voire indispensable pour le peuple algérien de se préparer à affronter l’ennemi colonial par les armes, pour atteindre les objectifs qu’il s’est tracés, a-t-il ajouté, en guise de deuxième leçon à tirer.
Dans ce contexte, l’illustre hôte du forum de la Sureté nationale a évoqué les faibles moyens matériels et humains mis en œuvre par la Révolution de Novembre pour contrecarrer la puissante armée coloniale en mettant l’accent sur la volonté et la détermination, et surtout l’esprit de sacrifice qui animaient les glorieux combattants de la liberté.
Mourad A.

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Le premier martyr est un jeune scout
Les massacres du 8 Mai 1945 ont été revisités hier, au Centre culturel islamique (CCI) d’Alger à l’occasion d’une conférence animée par l’enseignant universitaire Abderrahmane Tounsi, maître-assistant à l’université de Khemis Miliana (Ain-Defla).                                                            
D’emblée, l’orateur refuse de qualifier ces douloureuses et sanglantes journées par le terme « événements » et soutient qu’il s’agit de massacres en cette fatidique journée de « souk », le marché hebdomadaire de Sétif à cette époque. « Lorsque vous voyez des civils parmi lesquels se trouvent des enfants tués à coups de feu. Lorsque vous apprenez que des innocents sont jetés des avions, je pense que le terme massacre est le plus indiqué », a-t-il expliqué en révélant que la première victime à avoir tombée en martyr se nomme Saâl Bouzid, un jeune adolescent qui faisait partie des scouts musulmans. « Il a refusé de jeter le drapeau algérien comme l’a exigé un officier français, et il l’a payé de sa vie », a-t-il raconté. Abderrahmane Tounsi rappelle que des facteurs et des événements ont contribué à l’éclatement des massacres du 8 Mai. Ces derniers ont été, à cet effet, précédés par d’autres manifestations qui ont préparé en quelque sorte le terrain à la grande manifestation. « Il y a eu surtout la célébration de la fête du travail, le 1er mai, soit une semaine avant les massacres. Le parti du peuple a profité de cette occasion et a affiché des slogans appelant à l’indépendance, à la libération de Messali Hadj et autres slogans nationalistes qui ont surpris les forces colonialistes lesquels, selon lui, « n’ont pas hésité à armer les milices et à solliciter d’autres armées et légions pour punir les citoyens algériens et lui faire subir tant d’humiliations. « C’était horrible ! », a-t-il résumé.                                                                                          
L’enseignant universitaire a affirmé que « le peuple algérien a compris après ces sanglantes journées que la France ne comprend qu’un seul langage, en l’occurrence celui des armes et qu’il ne sert à rien de négocier avec elle ou tenter de trouver un compromis pour recouvrir son indépendance ».
« L’autre leçon est que la reconnaissance et la gratitude sont le dernier des soucis des Français, car il faut se souvenir que des milliers d’Algériens se sont sacrifiés dans la lutte contre les nazis et ont rejoint les troupes françaises pour les aider dans ce combat », a indiqué Abderrahmane Tounsi qui tient à rappeler qu’avant le 8 mai 1945, d’autres massacres ont été perpétrés par les forces coloniales. A l’exemple de celui commis par le Général Rovigo en 1832 contre une tribu à El Harrach (Alger) ou de Ouled Ryah, du coté de la Dahra, en 1845 où des citoyens innocents sont morts étouffés dans une grotte après que les Français eurent mis le feu.
SAM

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Guelma                   
Les « camions de la mort » du 8 mai 1945
Bien que 69 ans nous séparent aujourd’hui des massacres du 8 Mai 1945, des personnes âgées de Guelma ne parviennent pas à oublier les  «camions de la mort» qui transportaient des «indigènes» que l’on abattait et jetait, sans autre forme de procès, dans des charniers.
Quelques témoins encore en vie se souviennent de la campagne enragée menée par les gendarmes et les miliciens européens, les jours qui ont suivi les manifestations réprimées, le mardi 8 mai 1945, pour fusiller des militants nationalistes dans des lieux isolés, macabre terminus des «camions de la mort». Des hommes de tous âges, des femmes aussi, furent ainsi conduits dans l’un de ces endroits, au lieu-dit Kef El Boumba, et aux fours à chaux de la ferme de Marcel Lavie où de nombreux corps furent incinérés. Mohamed-Tahar Brahim, dit Salah, avait pu s’enfuir après avoir sauté d’un camion qui transportait des dizaines d’Algériens. Il rapporte que des camions militaires ne cessaient d’aller et venir pour conduire les victimes en dehors de la ville pour les assassiner en groupes.
Le transport s’effectuait le soir, chaque camion transportait au moins vingt personnes. Les  miliciens et les gendarmes appelaient ces courses sinistres des «randonnées sur la route du sud».

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KHERRATA
La répression coloniale dans toute son horreur
Le 8  mai 45, soixante-neuf ans se sont écoulés depuis les événements sanglants et atroces  qu’a connus la ville de Kherrata, les localités de Melbou et  Souk El Tenine dans la wilaya de Bejaia. Une journée sanglante où les hordes sauvages coloniales ont réprimé sauvagement la population  opprimée qui avait demandé de vivre dignement et sans aucune domination coloniale. Mais ce colonialisme sans foi ni loi avait répondu autrement, avec une répression indescriptible. C’était un véritable massacre qu’ont connu les rues, particulièrement de la ville de Kherrata à travers ces gorges  et ses ravins profonds. La population de Kherrata fut massacrée sans sommation et sans aucune pitié, c’était une véritable barbarie. Les témoignages des quelques survivants qui gardent les stigmates de cette oppression retracent cette journée avec toutes les séquelles du massacre colonial et de génocide dirigé par l’ex-administrateur français de cette région le colonel Rousseau. C’était une véritable chasse à l’homme à travers les ruelles de Kherrata, les gens sont massacrés à coup de matraques et  crosses ensuite entassés dans des camions, et dirigés vers les gorges pour subir les affres tortures. Sans auditions, ni interrogatoires ils sont tués à bout portant, ces innocentes personnes sont tour à tour balancés mortes ou vivantes dans les ravins profonds des gorges. La répression coloniale ne faisait aucune distinction entre la population. Les  femmes, les  jeunes, les vieillards et les  malades n’ont pas été épargnés de ces actes de génocide et tous sans distinction se faisaient massacrés et liquidés impitoyablement. Parmi tous ces innocents figurait Hanouz Arab, médecin auxiliaire à Kherrata, qui a refusé sous les ordres du colon de signer une déclaration d’allégeance. Il a été victime d’une torture impitoyable et atroce, son corps vivant fut traîné dans les rues de Kherrata, sous l’œil de la population rassemblée, pour être jeté dans le ravin de Chaabet Lakhera et ses trois jeunes enfants subirent le même sort sur le pont de ce lieu qui porte aujourd’hui son nom. Ils sont très nombreux à subir les mêmes massacres que ce médecin. Un massacre qui a duré une semaine où les ordres de tuer ont été donné qui ont bravé la peur et refusé les ordres des soldats français. Puis pour marquer son passage sanglant dans cette région, la légion d’honneur grave et marque son génocide sur le roc du profond ravin qui a été transformé en cimetière à ciel ouvert. Cette inscription gravée sur l’un des rocher et qui apparaît dès que les usagers empruntent les gorges, immortalise le génocide sanglant, incommensurable et la haine féroce des colons envers cette population qui a rejeté l’exploitation, la domination et s’est soulevée pour déjouer ces actes de barbarie. Ces génocides se sont poursuivis dans les jours qui suivent. Des tortures, des emprisonnements et des agressions physiques n’ont épargnés personne. Près de 1.500 morts sont tombés sous les balles assassines des colons qui tiraient sans sommation et plus d’un millier de prisonniers entassés dans les geôles.
M. Laouer

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Sétif
Dans le recueillement
C’est par un imposant programme d’activités à caractère sportif et culturel qu’a débuté hier à Sétif la commémoration du 69e anniversaire des Massacres perpétrés le 8 Mai 1945 par le colonialisme français contre une population innocente, sortie revendiquer pacifiquement le doit à la liberté et le respect d’une promesse qui n’a jamais été tenue.
Dans une ville qui s’est mise aux couleurs nationale pour fêter l’évenement marqué déjà déjà depuis quelques jours par des manifestations culturelles et sportives dont le couronnement coïncidera avec la journée du 8 Mai, les manifestations officielles ont débuté hier, dans la commune de Guedjel ou les autorités de la wilaya, moudjahidines et représentants du mouvement associatif qui se sont regroupés auparavant au siège de la wilaya se sont rendus, à l’effet de procéder à la baptisation de l’hôpital de rééducation fonctionnelle de Rass el Ma, au nom du chahid Guessoum Laid surnommé durant la révolution Laid Edhahoui.
Le wali Mohamed Bouderbali, le président de l’APW ainsi que le secrétaire de wilaya de l’organisation nationale des moudjahidines et les membres de la délégation se rendront ensuite à la maison de la culture Houari Boumediène,  pour assister à une conférence historique organisée par l’université Sétif 2 et la sûreté de wilaya.
Une conférence à l’issue de laquelle le professeur Daho Fagrour, doyen de la faculté des sciences humaines et civilisation islamique de l’université d’Oran traitera de «  la philosophie de la résistance : lecture sur les massacres du 8 Mai 1945 » après avoir traité la veille au siège de l’université de Sétif 2 du thème non moins important inhérent à « la révolution et l’intellectuel. »
Auparavant les responsables de la wilaya procéderont sur ces grands espaces de la maison de la culture à la visite d’un imposant documents-photos sur les massacres du 8 Mai 1945.
L’inauguration  du Salon national du livre qui s’étalera  dans la grande salle du parc d’attractions jusqu’au 15 de ce mois constitue sans nul doute depuis hier, un des point fort de ce programme, au vu de l’affluence qu’il a drainé dès son ouverture au public, du nombre d’éditeurs exposants et de la qualité des ouvrages.
Organisé  par la wilaya en collaboration avec l’ENAG, ce Salon se veut sans doute être le plus important qu’ait eu à accueillir la cité de Ain fouara, sachant que pas moins de 120 maisons d’édition sont présentes avec plus de 2.000 titres traitant de tous les aspects de la révolution, de l’histoire, des Sciences et du monde des enfants.
Un Salon national qui sera également marqué par plusieurs communications et conférences traitant, notamment de l’histoire et l’œuvre de Nordine Aba par Mounir Zellagui,le penseur Mohamed Abdelkrim dont l’œuvre a été également developpée, hier après-midi, par Abdelhakim Boubakeur avant que le professeur Amara Alaoua de l’université de Constantine ne se penche aujourd’hui sur « l’identité Algérienne à travers l’histoire et samedi une journée qui sera consacrée à la formation de bibliothécaires, encadrée par le Dr Kamel Batouche.
En fin d’après-midi, le wali et l’ensemble des membres de la délégation se rendront au siège de l’APW où seront honorés certaines figures de la glorieuse équipe du FLN, avant une retraite aux flambeaux avant un dîner qui sera donné en l’honneur de la famille révolutionnaire et une opérette à la maison de la culture Houari Boumediène.
F. Zoghbi  
 

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