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La Prévention et la Sécurité Routières en débat au Forum d’El Moudjahid : « L’arsenal juridique sera renforcé par de nouveaux textes »

961 morts en un trimestre, 60% des accidents sont provoqués par des conducteurs disposant d’un permis de conduire de moins de 5 ans, dans les zones urbaines, la moitié des victimes des accidents sont des piétons, 40% des accidents mortels sont dus à des collisions, 42% des accidents concernent les motocycles...

PUBLIE LE : 07-05-2014 | 23:00
D.R

961 morts en un trimestre, 60% des accidents sont provoqués par des conducteurs disposant d’un permis de conduire de moins de 5 ans, dans les zones urbaines, la moitié des victimes des accidents sont des piétons, 40% des accidents mortels sont dus à des collisions, 42% des accidents concernent les motocycles... Ces informations émanent du Centre national de la prévention et de la sécurité routières, des services de la Direction générale de la Sûreté nationale et de la Protection civile, dont les représentants étaient, hier, les invités du Forum d’El Moudjahid.

Le Forum d’El Moudjahid a abordé, hier, une thématique sensible, en l’occurrence la prévention et la sécurité routières. Si beaucoup d’efforts ont été fournis par les pouvoirs publics pour lutter conte cette hécatombe nationale à travers la promulgation de loi plus sévères et l’organisation de campagnes de sensibilisation, il n’en demeure pas moins que les chiffres restent toujours alarmants, et le nombre de décès est toujours important. El-Hachemi Boutalbi, directeur du Centre national de prévention et de sécurité routières, a annoncé, hier, que pour le premier trimestre de l’année 2014, il a été enregistré une augmentation du nombre d’accidents de l’ordre de 3,60%, et 16,06% des décès, soit 961.
«Quant au nombre de blessés, il est de l’ordre de 13.845, soit une hausse de 0,66%.» Ceci au moment où le parc automobile en Algérie s’est accru de 15% entre 2012 et 2014. Selon M. Boutalbi, plusieurs procédures sont en préparation en vue de réduire les chiffes de ce qu’est devenu le terrorisme routier. Il s’agit, entre autres, d’un texte législatif relatif à l’équipement des véhicules de transport en commun et de transport de marchandises excédant 3,5 tonnes d’un appareil, le chronotachygraphe. Le texte de loi est en préparation et sera soumis prochainement au gouvernement. M. Boutalbi a expliqué que cet appareil permettra de calculer la distance parcourue par le véhicule, sa vitesse et ses temps d’arrêt. Ces données permettront aux forces de sécurité de contrôler certains paramètres comme les limitations de vitesse et le respect du temps d’arrêt. La décision d’équiper les bus et les poids lourds est intervenue, en raison du grand nombre d’accidents de bus et de camions. M. Boutalbi a appelé, à ce que les véhicules vendus en Algérie répondent aux normes internationales.
À ce propos, il a souligné qu’une réflexion est engagée pour imposer le respect des normes de sécurité par les concessionnaires automobiles. Pour revenir aux causes des accidents, le facteur humain reste la principale cause ; en revanche, l’état des infrastructures et la signalisation constituent 1,5% des causes.
Interrogé sur les pertes économiques engendrées par les accidents de la route, M. Boutalbi dit qu’une étude réalisée en collaboration avec l’université de Batna a révélé le chiffre de 100 milliards de dinars de pertes par an.
De son côté, le commissaire principal Naït El- Hocine Ahmed, sous-directeur de la prévention à la DGSN, dans le milieu urbain, la moitié des victimes des accidents de la route sont les piétons, et que la wilaya d’Alger vient en tête de liste des wilayas où sont enregistrés le plus grand nombre d’accidents. Pour 2013, il a indiqué 792 décès. Et sur les 134 accidents causés par des femmes, il a été relevé la mort de 4 conductrices.
C’est dire, qu’au volant, les femmes sont beaucoup plus prudentes. En tout cas, tout le monde s’accorde à dire qu’en matière de lutte contre les accidents de la route, la sensibilisation doit être accompagnée de textes loi répressive pour venir à bout de ce fléau à l’origine de 4.500 décès par an.
Nora Chergui

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ILS ONT DIT…

Le commissaire principal Naït  El-Hocine, sous-directeur de la prévention routière et de la circulation :
« La  DGSN : aller vers un système de permis à points »
«Au cours de l’année 2013, on a enregistré 62.919 délits routiers. Cela va de l’excès de vitesse, à la conduite en état d’ivresse, au refus d’obtempérer... Nous avons également comptabilisé 17.000 infractions de coordination qui sont liées, principalement, à l’activité de transport de marchandises et de personnes. Il y a eu aussi 61.358 immobilisations de véhicules pour diverses raisons (émission de fumée, état du véhicule, non-possession des documents exigés pour la conduite... ). Tout cela s’inscrit dans le cadre des immobilisations de véhicules.
Par ailleurs, pas moins de 170.419 permis de conduire ont été retirés pour diverses infractions au code de la route. Il faut dire, dans ce contexte, que les titulaires d’un permis de moins de 5 ans sont fortement représentés dans la catégorie des conducteurs impliqués dans les accidents de la circulation routière.
La proposition de la DGSN concernant le permis de conduire est d’aller vers un système de permis à points. Un système de sanctions basé sur le principe de retrait de points. Cette vision permettra d’apporter, tout à la fois, un effet dissuasif, répressif, mais également éducatif, d’où tout l’intérêt qu’accorde la DGSN à ce système.»

Le Lieutenant-colonel Achour, sous-directeur de l’Information à la Protection Civile :
« Il faut bien choisir le véhicule »
«Je voudrais, à la faveur de cette rencontre, lancer un message : chaque citoyen a un rôle à jouer dans la préservation de la vie, d’une façon générale. Et là, je ne parle pas uniquement des accidents de la route, mais de tout type d’accidents.
Pour revenir aux accidents de la route, je dois dire que l’important, c’est la bonne conduite. Il faut avoir des convictions et se dire chaque matin en prenant sa voiture qu’il faut que je ne sois pas victime d’un accident de la route. Et il ne faut pas non plus que je sois la cause d’un accident de la route. Ces deux choses sont très importantes. En somme, il s’agit d’une culture à inculquer aux citoyens algériens.
Il faut aussi que chacun de nous respecte ce code de la route. Il ne faut pas prendre le code de la route comme une contrainte. Bien au contraire, c’est la garantie qu’on puisse tous circuler sur nos routes en toute sécurité et préserver, ainsi, nos vies. Il faut savoir que pour l’année écoulée, on a enregistré plus de 64.000 blessés avec le risque de devenir des personnes à mobilité réduite.
Aussi, je lance un appel aux citoyens pour qu’ils choisissent bien leur véhicule. Le véhicule nouvellement acheté doit être conforme aux normes. Il doit impérativement pouvoir garantir la sécurité pour le conducteur et pour sa famille. Il s’agit là d’un point très important.
Par la suite, il faudrait essayer de conduire en toute conscience, en évitant, bien sûr, tous les comportements dangereux. Je parle en particulier de l’excès de vitesse, parce lorsqu’on dépasse la vitesse qui est limitée universellement à 120 km/heure, on n’est plus maître de son véhicule. Mieux ou pire, on perd tout contrôle du véhicule.»

Mme flora Bouberghout, présidente de l’association El-Baraka :
« 3.500 handicapés chaque année »
«Qui n’est pas aujourd’hui touché de loin ou de près par la violence routière. Qui n’a pas, dans sa famille, parmi ses amis ou voisins, une victime à la violence routière. Les chiffres relatifs aux accidents de la circulation routière sont effarants. Aujourd’hui, tout le monde est interpellé et tout le monde doit s’impliquer. Les accidents de la route font des morts et des blessés. Parmi ces blessés, on comptabilise des milliers de personnes qui sont en situation de handicap. Ces personnes là sont à plus de 3.500, chaque année. Et comme tout un chacun le sait, la prise en charge de ces personnes est très lourde.
C’est triste de le dire, mais avec ces nombreux accidents de la route, on est devenu une fabrique de personnes en situation de handicap. La loi existe, la société civile commence à s’impliquer, mais qu’est-ce qui ne va pas alors ?
On a dit, lors de cette conférence-débat, que beaucoup d’efforts ont été déployés. Mais on a également souligné le fait qu’il reste encore des insuffisances. Il est vrai qu’il reste beaucoup de choses à faire. Et cela, c’est une question de bonne volonté de l’homme.
Prenons comme exemple nos trottoirs qui sont squattés par les véhicules. Cela est connu pourtant : le trottoir, c’est pour le piéton, et la chaussée, c’est pour les véhicules. Il y a urgence, aujourd’hui, parce que ce sont les enfants de l’Algérie qui meurent au quotidien, victimes des accidents de la route. On a besoin des 4.500 personnes qui décèdent, annuellement, suite à des accidents de la route. L’Algérie a besoin de ses enfants.
Par ailleurs, je voudrais aussi souligner le manque de civisme constaté, notamment, lorsqu’il y a des cortèges. Bientôt, il va y avoir de grandes manifestations sportives. Il va y avoir, en Algérie, des cortèges de fête. C’est très bien. Cela étant, pourquoi les gens se lâchent-ils de cette manière pour exprimer leur joie ? Pourquoi les parents laissent-ils leurs enfants s’exposer à des risques inutiles en les laissant monter même sur les toits des véhicules ?
On a vu beaucoup de cortèges de fête se transformer en cortège de deuil ? La vie, c’est tellement important et précieux. Et c’est vraiment dommage de la perdre, parce qu’on n’a pas respecté le code de la route.»
Propos recueillis
par Soraya Guemmouri

 

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