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Sortie prochaine du film « Fadhma N’Soumer » de Belkacem Hadjadj : Une héroïne au destin exemplaire

L’avant-première de ce long métrage, premier du genre, qui met en lumière la trajectoire historique d’une héroïne de la résistance populaire à la conquête coloniale française, dont la figure emblématique dans la mémoire algérienne est comparable à celle de Jeanne d’Arc, aura lieu dimanche prochain dans la matinée avec une projection pour la presse en présence du réalisateur et le lendemain pour le public à la salle Ibn Zeydoun de l’office Riadh El-Feth.

PUBLIE LE : 08-05-2014 | 0:00
D.R

L’avant-première de ce long métrage, premier du genre, qui met en lumière la trajectoire historique  d’une héroïne de la résistance populaire à la conquête coloniale française, dont la figure emblématique dans la mémoire algérienne est comparable à celle de Jeanne d’Arc, aura lieu dimanche prochain dans la matinée avec une projection pour la presse en présence du réalisateur et le lendemain pour le public à la salle Ibn Zeydoun de l’office Riadh El-Feth.

Il était temps pour les réalisateurs algériens de consacrer un film qui relate les hauts faits d’armes de cette femme nationaliste avant l’heure, parce que grande insoumise, à la personnalité hors du commun, qui avait entraîné pratiquement tous les villageois de la Kabylie à se défendre contre l’invasion barbare et sauvage des troupes coloniales, une résistance qui, avec celle d’El Mokrani et Cheikh Ahadded  un peu plus tard, avait reculé de plus de deux décennies l’occupation de cette région montagneuse difficile d’accès. Cette fiction ou reconstitution historique dont on ignore si elle se base sur des faits véridiques que l’on pourrait retrouver grâce à une recherche dans les archives avec les rapports des soldats ou simplement sur ce qu’a véhiculé depuis des lustres la mémoire toujours vivace, est une coproduction de l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel, le Centre National des Etudes et Recherches sur l’Histoire du Mouvement National et sur la Révolution du 1er Novembre 1954 et la société de production Machahou avec le soutien du ministère de la Culture et des Moudjahidines. « Fadhma N’Soumer ou le burnous embrasé », c’est l’autre titre donné à ce long métrage historique dont on est curieux de connaître le déroulement, les personnages avec leurs costumes de l’époque, la distribution des rôles et l’écriture du scénario pour découvrir le travail et l’option cinématographique du réalisateur Belkacem Hadjadj, qui s’investit pour la première fois dans le cycle du cinéma historique pour mettre en vedette une figure emblématique de la résistance dont la notoriété revient plus au fait qu’elle fut portée dans une époque où les femmes n’avaient absolument pas voix au chapitre, par un personnage féminin haut en couleurs qui avait, par son geste et son action, totalement bouleversé les structures d’une société archaïque dirigée uniquement par les hommes des tribus kabyles. On s’attend justement à ce que cet aspect de l’histoire soit rendu par l’image et la parole, même si l’interprète qui campe dans le film le rôle de Fadhma est une actrice étrangère. Ceci étant mis à part, le film comme l’annonce le synopsis nous introduit dans la fin des années 1840 alors que pour ainsi dire un bon nombre de villes du nord sont conquises, la Kabylie et le sud restent insoumis et résistent farouchement à l’occupation. La Kabylie surtout apparaît comme le seul creuset d’agitation contre l’occupant et le refuge de rebelles du nouvel ordre colonial. Alors que la France rassemble ses contingents pour livrer un assaut sur cette région stratégique, la résistance s’organise à l’intérieur des villages où circule le nom d’une femme qui exhorte avec un verbe prophétique – on dit à ce sujet que des dons de prémonitions étaient avérés chez cette femme qui avait tout quitté pour se tracer un destin exemplaire dans sa communauté — tous les hommes et même les familles entières à combattre l’ennemi venu spolier leurs terres.
Le film, qui opère une plongée dans la biographie du personnage, installe le spectateur dans le contexte où avait grandi Fadhma au sein d’une famille de notables lettrés liée à une puissante confrérie religieuse. Très tôt, notre personnage révèle dans son milieu familial aux lois rigides et non permissives une personnalité exceptionnelle qui ne peut se satisfaire du statut réservé à la femme dans la société rurale du 19ème siècle. Contre l’avis de ses frères, la jeune fille refuse le mariage traditionnel et fuit la nuit même de ses noces préférant la retraite solitaire où elle se destine exclusivement à sa foi religieuse. C’est alors que lui apparaissent des visions précises sur un probable déferlement sur le village des armées françaises, elle en avertit les gens qui l’entourent et la nouvelle fait le tour de la contrée pour atteindre les villages avoisinants. Fadhma sentant le danger qui guette ses compatriotes prend la décision de les rassembler pour prendre les armes contre l’envahisseur. Elle entre ainsi dans le destin de son pays comme la meneuse des nombreuses troupes qu’elle va guider vers un combat héroïque dont se rappellent à ce jour ses descendants …
 Lynda Graba
 

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