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M. Boudiaf : « La révision de la loi devrait dépénaliser les actes des sages-femmes »

Journée parlementaire sur le rôle de la femme dans le système national de santé :

PUBLIE LE : 06-05-2014 | 0:00
Ph : T. Rouabah

« On a mis des avocats du ministère de la Santé à la disposition des sages-femmes qui font l’objet de poursuites judiciaires. On a déjà contacté le ministère de la Justice afin de prendre en considération ce dossier, en attendant la révision de la loi n° 85-05 du 16 février 1985 relative à la protection et à la promotion de la santé. »

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, l’a déclaré lors d’un point de presse organisé en marge de la journée parlementaire sur le rôle de la femme dans le système national de santé.
S’adressant à l’ensemble des sages-femmes présentes, M. Boudiaf a expliqué que « cette révision devrait dépénaliser les actes des sages-femmes.» Et d’ajouter : « Les préoccupations des sages-femmes sont prises en considération dans le cadre des grandes réformes du système de la santé. Il faut que les sages-femmes sachent que le gouvernement est très attentif aux problèmes inhérents à cette corporation.»
En ce qui concerne la formation, le ministre a indiqué : « Les sages-femmes aussi sont concernées par la formation continue.»  
De son côté, la présidente de l’Union nationale des sages-femmes algériennes,  Mme Akila Guerrouche, a indiqué : « Les sages-femmes accompagnent les femmes enceintes, les nouveau-nés, les mères et les familles au cours d’une phase très sensible de leur vie », et d’ajouter : « On est à 80% de poursuites judiciaires des sages-femmes, c’est un véritable problème psychologique pour elles.
La majorité d’entres elles regrettent et changent de formation, elles repassent leur baccalauréat et optent pour une autre spécialisation.» Selon elle, accuser une sage-femme à tort, sans preuve, c’est avoir une sage-femme de moins dans une structure de santé. « C’est ce qui nous pousse à défendre et appuyer en urgence la dépénalisation des sages-femmes. Une dépénalisation qui devrait aussi permettre de renforcer les effectifs, former davantage et recycler les sages-femmes. Le ministre nous a tranquillisés à ce sujet, et on lui fait confiance », a conclu Mme Guerrouche.

Des millions de décès pourraient être évités
Il faut dire que le rôle des sages-femmes est non seulement très important, mais il peut aussi être essentiel dans certains pays, puisque chaque année, 358.000 femmes et 3,6 millions de nouveau-nés meurent en raison de complications en grande partie évitables au cours de la grossesse, de l’accouchement et de la période post-natale. De plus, chaque année, on enregistre près de 3 millions d’enfants morts-nés. La plupart de ces décès surviennent dans les pays à faible revenu parce que les femmes — souvent pauvres et marginalisées — n’ont pas accès à des services de santé efficaces ni à des professionnels de santé qualifiés, notamment des sages-femmes ou autres personnels dotés de compétences obstétricales. Le premier rapport sur l’état de la profession de sage-femme dans le monde (State of World’s Midwifery) confirme le rôle décisif que jouent les sages-femmes pour améliorer la santé de la mère et du nouveau-né et leur survie. Il met en lumière la pénurie des sages-femmes qualifiées dans les pays à faible revenu, soulignant la nécessité de former et de déployer davantage de sages-femmes dans toutes les parties d’un pays – en particulier les zones rurales et isolées.
Le rapport, commandé et coordonné par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) va être présenté lors du congrès triennal de la Confédération internationale des sages-femmes à Durban, en Afrique du Sud, aujourd’hui.
Wassila Benhamed
 

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