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Vente-dédicace de Mohamed Lakhdar Abdelkader Saihi : Les vers d’un poète tombé dans l’oubli

Auteur de près d’une vingtaine d’ouvrages littéraires en langue arabe, l’écrivain dédicaçait, samedi dernier à la Librairie générale d’El-Biar, son livre intitulé, le Poète Abou Bakr Mustapha Rahmoun, qui vient de paraître aux éditions qu’il dirige depuis peu. Même si la poésie en langue arabe n’a pas grande audience en raison d’un lectorat maîtrisant parfaitement cette langue qui commence à s’amenuiser laissant quelques rares irréductibles l’apprécier à sa juste valeur dans ses nuances les plus subtiles, notre auteur qui a fait ses classes à l’université de Tunis à la fin des années 1940 entend la faire revivre à travers ses plus beaux textes qu’ont écrit des poètes algériens dont très peu de lecteurs connaissent la profondeur et la rhétorique.

PUBLIE LE : 05-05-2014 | 0:00
Photo : Wafa

Auteur de près d’une vingtaine d’ouvrages littéraires en langue arabe, l’écrivain dédicaçait, samedi dernier à la Librairie générale d’El-Biar, son livre intitulé, le Poète Abou Bakr Mustapha Rahmoun, qui vient de paraître aux éditions qu’il dirige depuis peu. Même si la poésie en langue arabe n’a pas grande audience en raison d’un lectorat maîtrisant parfaitement cette langue qui commence à s’amenuiser laissant quelques rares irréductibles l’apprécier à sa juste valeur dans ses nuances les plus subtiles, notre auteur qui a fait ses classes à l’université de Tunis à la fin des années 1940 entend la faire revivre à travers ses plus beaux textes qu’ont écrit des poètes algériens dont très peu de lecteurs connaissent la profondeur et la rhétorique.

Originaire de la ville de Touggourt où il est né en 1933 dans la wilaya d’Ouargla, Mohamed Lakhdar Abdelkader Saihi était, pendant la guerre de Libération nationale, en Tunisie, où après avoir entièrement étudié le Coran dans sa ville, il était mobilisé dans les rangs du FLN en tant que responsable de l’Union des étudiants algériens et animateur d’une émission radiophonique. À l’indépendance, il retourne au pays pour former des jeunes cadres, puis au ministère de la Jeunesse et des Sports, il s’occupe des affaires du patrimoine, avant de regagner le ministre de la Culture jusqu’à sa retraite. Ce nouveau livre qu’il vient d’éditer était une édition revue et corrigée qui s’attache à faire découvrir au lecteur, le parcours d’un grand poète algérien natif de Sidi Okba en 1921. Abou Bakr Ben Rahmaoun avait appris, dans son village Riyana, les rudiments de la langue arabe et la jurisprudence auprès de son maître Mohamed Saghir Masmoudi. Ce poète qui connut une destinée funeste, laissé en marge de la société, avait quitté son douar pour rejoindre la ville de Constantine en 1936 pour étudier chez le cheikh Abdelhamid Ibn Badis pour perfectionner son savoir religieux et littéraire. En 1940, il s’installe à Oran sous les conseils de son oncle maternel pour collaborer avec lui dans le journal El Wifaq, où il rédigeait des conférences politiques et de lettres défendant avec sa plume une Algérie arabe et musulmane pendant une année. Puis il revient à Biskra en 1941 où il a exercé comme maitre d’école dispensant à ses élèves l’apprentissage du Coran et des préceptes religieux et lorsque la guerre est déclenchée en 1954, on le retrouve dans les Aurès où il enseigne dans une école populaire libre. Ce poète qui est retourné à l’indépendance à Biskra, a commencé à s’isoler et à perdre petit à petit la raison alors que ces poésies étaient publiées dans la majorité des revues arabes particulièrement égyptiennes, tunisiennes et en Algérie dans la revue El-Bassaïr. À Biskra, rapporte notre auteur, le poète vit dans des conditions extrêmement psychiques et matérielles difficiles perdant peu à peu le contact avec la réalité au point que sa famille et ses amis l’abandonnent dans la rue. Dans le cadre d’une anthologie sur la poésie algérienne, la SNED a édite cet auteur sans orthographier son nom avec exactitude, voilà une des premières raisons qui ont poussé notre écrivain à consacrer un ouvrage à ce poète mort en 1984 dans un hôpital dans l’oubli total sans aucune reconnaissance et prestige au regard de sa production poétique qui mérite d’être lue. Ce poète pétri de valeurs musulmanes et profondément nationaliste récitait le texte sacré de mémoire, tout en  portant des idées nouvelles sur son temps, souhaitant surtout la naissance d’une école dans le courant des réformistes algériens. Ce poète auquel rend hommage notre écrivain avait un art prononcé pour la versification dans un style et une pensé purement algériens, il aimait par-dessus tout jouer avec les lettres. Notre auteur qui est un grand admirateur de poésies tente de réhabiliter l’image de ce poète au destin tragique au cours des nombreuses conférences qu’il anime un peu partout en Algérie depuis les années 1994, spécialement à Biskra où mourut ce poète dans la  marginalisation, la pauvreté et la solitude ainsi qu’il l’écrit « n’ayant pour tout toit que le ciel et la rue», un barde de la poésie dont les textes se prêteraient aisément à la chanson, textes dont le contenu est repris avec quelques modifications qui viennent corriger les erreurs des premières éditions en apportant des rectificatifs concernant sa version originale.
 L. Graba  
 

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