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Conflit syrien : Des juristes demandent à l'ONU d'imposer le passage de convois humanitaires

12 morts et 50 blessés dans des tirs d'obus sur un institut technique à Damas

PUBLIE LE : 30-04-2014 | 0:00
D.R

Une trentaine d'éminents juristes internationaux ont adressé mardi une lettre ouverte à l'ONU lui demandant d'imposer le passage vers la Syrie de convois humanitaires venant de pays frontaliers pour secourir plus rapidement les civils syriens. Le Conseil de sécurité a adopté en février la résolution 2139 qui demande au gouvernement syrien d'autoriser ces opérations de secours transfrontalières. Les signataires considèrent que l'ONU a le droit d'imposer ce passage  transfrontalier au nom du droit humanitaire. Ils déplorent que l'ONU "ne procède  pas à ces opérations vitales de crainte que certains Etats membres ne les jugent  illégales" et ils critiquent "une interprétation trop prudente du droit international  humanitaire".  Le Conseil doit examiner mercredi un rapport du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon soulignant que la résolution 2139 n'est pas appliquée, ni par l'opposition ni par le gouvernement syrien, et qui demande au Conseil d'agir. "L'ONU et d'autres agences humanitaires affirment depuis longtemps qu'il n'est possible d'accéder à des centaines de milliers de civils qu'à partir de pays voisins tels que la Turquie et la Jordanie", souligne la lettre ouverte. "Nous jugeons qu'il n'existe aucun obstacle juridique empêchant l'ONU de procéder directement à des opérations humanitaires transfrontalières et d'apporter son soutien aux ONG afin qu'elles en effectuent également", ont ajouté les signataires. Ils font valoir en particulier "que les parties ne peuvent refuser leur consentement que pour des motifs légaux valables", comme des opérations militaires  sur le trajet proposé pour l'acheminement de l'aide. "Elles ne peuvent dès lors légitimement refuser leur consentement pour affaiblir la résistance de l'ennemi, réduire les civils à la famine ou empêcher la délivrance de soins médicaux", ont-ils expliqué. La lettre est adressée à Ban Ki-moon, aux Etats membres de l'ONU et aux principales agences humanitaires (Unicef, PAM, OMS, HCR, UNRWA).  Parmi les signataires figurent Richard Goldstone (Afrique du sud), ancien procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, l'ancien ministre de la justice canadien Irwin Cotler, et l'Américaine Leila Nadya Sadat, conseillère spéciale auprès de la procureure de la Cour pénale internationale.  

12 morts et 50 blessés dans des tirs d'obus sur un institut technique à Damas  
Douze personnes ont été tuées et une cinquantaine d'autres blessées mardi dans des tirs d'obus de mortier par des rebelles sur un institut technique dans le centre de la capitale syrienne Damas, a indiqué l'agence officielle Sana. "Douze personnes ont été tuées et 50 autres blessés par des terroristes qui ont tiré quatre obus de mortier contre le quartier de Chaghour à Damas",  dans la vieille ville, a précisé l'agence, précisant que les projectiles avaient  atteint l'institut technique Badr al-Din al-Hussein.          L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a fait état de son  côté de 17 morts et de dizaines de blessés, dont 14 dans un état critique. Les rebelles, implantés dans la banlieue de Damas, tirent régulièrement des obus sur Damas.  

HRW appelle l'ONU à bloquer l'afflux d'armes    
L'ONG internationale Human Rights Watch a appelé mardi le Conseil de sécurité de l'ONU à bloquer l'afflux d'armes vers la Syrie. "Le Conseil de sécurité doit imposer un embargo sur les armes au gouvernement syrien, ainsi qu'à tout groupe impliqué dans des violations systématiques ou à grande échelle des droits de l'Homme", a indiqué l'ONG. "Certaines armes artisanales", aux mains des rebelles, notamment à Alep,  pouvent toucher des civils "lors d'attaques sur des zones résidentielles", a-t-elle  souligné. Le groupe a également souligné que les attaques qui ne font pas la différence entre insurgés et civils étaient "illégales", alors que des combats sont livrés notamment entre différents groupes armés. Une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée le 22 février, avait appelé à l'arrêt des attaques sur les zones civiles en Syrie où troupes  loyalistes et groupe armés se livrent à des combats. Selon l'ONG, il y a des "preuves concernant au moins 85 frappes sur les quartiers
(rebelles) de la ville d'Alep (...) y compris deux attaques aux barils d'explosifs menées par les troupes gouvernementales sur des hôpitaux qui étaient clairement des établissements publics".  Les frappes, menées pour la plupart à l'aide de "barils comprenant des  matières très explosives et qui sont non téléguidés", ont touché des civils  et des objectifs civils "sans discernement", selon HRW. Jeudi, au moins 50 personnes ont péri dans des raids aériens menés par  l'armée syrienne sur Alep contre des objectifs rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le conflit en Syrie a fait plus de 150.000 morts depuis son début en  mars 2001, selon l'OSDH. Et d'après l'ONU, 6,5 millions de personnes ont été  déplacées à l'intérieur de la Syrie et quelque 2,6 millions ont fui
le pays, s'installant principalement dans les Etats voisins.

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