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Concert de « Nights in Tunisia » à la salle Ibn Zeydoun : Au carrefour des genres musicaux

Les musiciens qui mélangeaient les sonorités de leurs instruments avec toute la variété qui existe entre les sons des saxophones, du violon, des karkabous, du piano et de la batterie ont exécuté des morceaux de leur répertoire que l’assistance a découvert avec beaucoup de bonheur et de curiosité.

PUBLIE LE : 30-04-2014 | 0:00
D.R

Les musiciens qui mélangeaient les sonorités de leurs instruments avec toute la variété qui existe entre les sons des saxophones, du violon, des karkabous, du piano et de la batterie ont exécuté des morceaux de leur répertoire que l’assistance a découvert avec beaucoup de bonheur et de curiosité.

Cette formation, composée de musiciens maghrébins et européens et dont l’existence remonte à une dizaine d’années, a offert lundi dernier, devant un parterre de spectateurs amateurs de la musique jazz, impatients de découvrir les sonorités d’ailleurs mixées au patrimoine des musiques populaires au timbre africain et oriental, une prestation de haute tenue, attendue depuis quelques semaines déjà par le public algérois. L’initiative revient à l’Agence Algérienne pour le Rayonnement Culturel qui veut
répondre aux attentes des nombreux mélomanes de ce genre de musique en organisant à leur intention des rendez-vous réguliers chaque année. Pour cette fois-ci, elle a invité à l’occasion de l’instauration de la journée internationale du jazz décrétée par l’Unesco en 2011, une journée qu’elle entend célébrer ici, l’ensemble
«  Diagonale » de Jean-Christophe Cholet, venu tout spécialement en Algérie présenter un projet qui lui tient à cœur depuis longtemps afin de faire connaître aux Maghrébins comme aux Occidentaux «  Nights in Tunisia » ( Nuits en Tunisie). Installés avec un peu de retard sur la scène au décor étoilé dans une luminosité bleue, les huit musiciens du groupe ont fait leur apparition sous les applaudissements du public avant d’entamer un voyage extatique aux sources  dans un silence où étaient suspendus les souffles, leur récital qui  combinait dans un brassage de sons hétéroclites la braise ardente des rythmes du jazz  actuel au raffinement de la musique et du chant arabes. Les musiciens qui mélangeaient les sonorités de leurs instruments avec toute la variété qui existe entre les sons des saxophones, du violon, des karkabous, du piano et de la batterie, ont exécuté des morceaux de leur répertoire que l’assistance a découverts avec beaucoup de bonheur et de curiosité. Il faut dire que le mixage inattendu des instruments
classiques propres à la musique jazz avec ceux utilisés par nos musiciens pour accompagner des airs typiquement maghrébins et dont l’origine pour certains remonte à l’art des « maqams », à savoir l’essence modale de la musique arabe, avait de quoi impressionner le public attentif aux moindres variations de rythme. Pour ce nouveau programme de composition, il faut rappeler que l’ensemble «  Diagonale » était partagé entre deux membres de l’orchestre, le tromboniste Goeffroy de Masure et le violoniste Jasser haj Youssef, un musicien se produisant dans les orchestres de musique arabe les plus prestigieux, qui a donné dans certains passages une certaine aura orientale avec son violon. On retrouve également dans cette formation, le saxophoniste Vincent Mascart, le trompettiste Geoffroy Tamisier, Mehidi Akseur, chanteur du groupe Orchestre national de Barbès, qui a apporté avec sa voix de guellal la touche maghrébine en égrenant des incantations religieuses que l’on retrouve dans la musique gnaoui, le batteur Stéphane Galland, Jean-Luc Leher, bassite, et Meta, un spécialiste en rythme de tous genres. Les thèmes de musiques proposés à l’écoute dans une sorte d’effervescence et d’exubérance musicale qui alliait plusieurs sons différents dans un même morceau étaient pour les amateurs de jazz contemporain l’occasion inespérée d’apprécier les riches progressions harmoniques associées aux musiques du terroir, à cette différence près que le groupe donnait à voir un concert qui était une sorte de melting-pot de musiques du Sud et du Nord où chaque musicien avait la liberté de donner le ton, tout en accordant les sonorités à l’ensemble avec une recherche sur les similitudes entre l’improvisation dans le jazz et les musiques traditionnelles arabes, ce qui produisait un savant et merveilleux mélange entre la musique maghrébine dont certains modes sont issus d’Orient et d’Andalousie avec les tonalités du jazz mondial. Moment exquis pour les inconditionnels du jazz, ce rendez-vous musical était une opportunité pour tous d’aller à la rencontre de la mixité des genres, heureux mariage de tonalités qui n’avaient pour but essentiel que d’aller avec ces artistes à la découverte d’un esprit nouveau de partage et de générosité dans un écrin de raffinement et d’élégance.
    Lynda Graba



 

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