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Abderahmane Benkhalfa, ex-delegue general de l’ABEF : « Le secteur informel dégrade les pratiques commerciales »

« Les réformes bancaires de la deuxième génération reposent essentiellement sur trois choses, notamment la poursuite de l’investissement dans le secteur financier, parce que nous avons le taux de bancarisation le plus faible et la révision du mode de gouvernance des banques publiques, ainsi que la nécessité de rattraper le retard enregistré dans les différents créneaux monétaires, tels que l’intermédiation bancaire »

PUBLIE LE : 27-04-2014 | 23:00
D.R

« Les réformes bancaires de la deuxième génération reposent essentiellement sur trois choses, notamment la poursuite de l’investissement dans le secteur financier, parce que nous avons le taux de bancarisation le plus faible et la révision du mode de gouvernance des banques publiques, ainsi que la nécessité de rattraper le retard enregistré dans les différents créneaux monétaires, tels que l’intermédiation bancaire », a affirmé, hier, sur les ondes de la radio nationale, l’ex-délégué général de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF), Abderahmane Benkhalfa.

Il a rappelé dans ce sens : « Nous avons engagé les réformes de la première génération durant les années 2004/2005. Ces dernières ont atteint un degré très avancé du fait qu’il y a eu une sécurisation du secteur et l’élargissement des transactions. » L’invité de la rédaction a relevé : « Nous avons un secteur bancaire solide, mais commercialement faible, ce qui nécessité de donner à ce secteur la priorité dans les prochains dossiers. » Et d’ajouter : « l’une des priorités  aujourd’hui  est  de réformer le secteur bancaire qui est  inachevé et qui ne permet pas en conséquence à l’économie nationale de fonctionner comme les autres économies. » Mettant l’accent sur la monétique qui a enregistré un grand retard, il a indiqué : « Nous avons fait la première phase qui est la dématérialisation des supports de paiement et nous avons une télécompensation qui fonctionne bien, mais parallèlement celle-ci n’est utilisée qu’à 10 ou 15%, alors nous avons le cash qui continue à être très important. » Ce dernier vient à la fois « de nos transactions, mais aussi du secteur informel. » La monétique s’est arrêté « à la monétique de retrait, alors que celle-ci relève de la monétique de paiement et cette dernière est en retard puisque nous n’avons tout juste 3.000 à 4.000 TPE (terminaux de payement électronique). » Concernant l’utilisation du chèque, il a indiqué que « celui-ci est primordial dans la lutte contre le marché informel. » Il est important a-t-il indiqué qu’« aujourd’hui nous sommes dans la nécessité d’aller à une révision intégrale  des contrôles de change », avant d’ajouter, « cela commence par la révision des textes et la lutte contre le marché parallèle ainsi que la révision d’une location touristique ». « La réglementation de change au niveau international vise à protéger les ressources en devises », a-t-il souligné. Profitant de cette tribune, l’invité de la radio Chaîne III a lancé une plaidoirie pour lutter contre le secteur informel, parce que ce dernier ne s’accommode pas d’une bancarisation élargie et d’une utilisation autre que le cash. Il dira dans ce sens que notre économie n’est pas compétitive du fait que nos importations augmentent de plus en plus. Pour que notre économie soit compétitive il faut qu’il y aurait une offre locale compétitive et de bonne qualité. « L’augmentation des chiffres de l’importation confirme que nous ne pouvons  pas nous passer de l’importation », spécifie Benkhalfa. Pour appuyer ses dires il a souligné, à titre d’exemple, l’importation de certains produits qu’on peut fabriquer localement et de bonne qualité. Il a insisté à cet effet sur la nécessité de mettre en harmonie et en cohérence la valeur du dinar avec une compétitivité réelle et permettre aux opérateurs économiques de travailler avec un seul dinar fort.  Parce que a-t-il ajouté « le secteur informel dégrade la valeur du dinar et les pratiques commerciales, il ne permet pas une concurrence loyale. » L’expert financier préconise de réviser la réglementation de change tout en plaidant pour un « allégement de contrôle de change » qui est, selon lui, administratif et porte atteinte à la crédibilité de dinar. « La valeur officielle du dinar ne reflète pas la compétitive de l’économie  nationale », a ajouté l’expert indépendant qui appelle à une « dévaluation du  dinar » devant aider les entreprises nationales à développer leurs exportations. « Il faut que le dinar retrouve sa confiance », souligne encore M. Benkhalfa préconisant aussi de garder une « stabilité » de la réglementation bancaire, une fois révisée. Il a relevé, par ailleurs, que les niveaux des prix, des salaires, du  taux d’intérêt et de la parité du dinar doivent être révisés de façon à créer une cohésion entre le secteur bancaire et l’économie.
 Makhlouf Ait Ziane



 

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