samedi 21 octobre 2017 22:14:52

Élections législatives en Irak : Une situation sécuritaire chaotique

Sur fond d’une situation sécuritaire chaotique, les Irakiens se préparent à élire, mercredi, leurs représentants au Parlement pour pourvoir 328 sièges de députés, lors du premier scrutin depuis le départ des troupes américaines du pays secoué par une vague de violences sans précédent depuis 2008.

PUBLIE LE : 28-04-2014 | 0:00
D.R

Sur fond d’une situation sécuritaire chaotique, les Irakiens se préparent à élire, mercredi, leurs représentants au Parlement
pour pourvoir 328 sièges de députés, lors du premier scrutin depuis le départ des troupes américaines du pays secoué par une vague de violences sans précédent depuis 2008.
Plus de 20 millions d’électeurs sont attendus aux urnes pour choisir leurs représentants parmi pas moins de 9.039 candidats qui se disputeront les 328 sièges de députés. Ils se présentent sous les couleurs de 277 groupes politiques, dont les programmes sont majoritairement liés à leurs allégeances tribales ou religieuses.
 La nouvelle Constitution adoptée par référendum en 2005 instaure une République fédérale. Le Parlement (325 membres actuellement - 328 pour les élections de mercredi), élu au suffrage universel direct, désigne le président. La Haute Commission électorale indépendante avait indiqué que le nombre des centres de vote à atteint plus de 8.000 à travers tout le territoire irakien, avec 50.000 bureaux de vote.
Les Irakiens résidant à l’étranger élisent dès dimanche leurs représentants au Parlement pour les législatives, selon cette instance. Les militaires et les éléments des forces de sécurité interne allaient voter lundi, et l'élection générale des représentants du parlement et des assemblées provinciales du Kurdistan autonome (nord de l'Irak) aura lieu mercredi 30 avril. La campagne électorale, qui s'achève lundi soir, a été marquée par plusieurs attaques sanglantes visant des bureaux de vote ou des meetings, et la majorité des magasins de la capitale Baghdad ont déjà baissé leurs rideaux par peur d'attentats.
Craignant des attaques, les autorités ont décrété 5 jours fériés -de dimanche à jeudi- pour tenter de sécuriser l'élection, la première depuis le départ des troupes américaines d'Irak en 2011, et qui intervient dans un contexte de violences quasi-quotidiennes.

Principaux blocs favoris
 Selon des observateurs, aucun parti ne semble en passe d'obtenir la majorité et le scrutin pourrait, comme les précédents, être suivi de longues négociations pour la formation du gouvernement. Parmi les blocs favoris figure l'Alliance pour l'Etat de droit (chiite), du Premier ministre Nouri al-Maliki, 64 ans, qui est candidat à un troisième mandat, et en l'absence d'une véritable figure d'opposition, son parti est donné en tête des favoris par des observateurs. Mais son bilan depuis son arrivée au pouvoir en 2006 est mitigé. Son camp est accusé de corruption et son gouvernement peine à reconstruire l'économie et à mettre un terme aux violences. Autre figure politique irakienne, Oussama al-Noujaifi, président du Parlement, a longtemps été membre du bloc laïc Iraqiya, coalition soutenue par les sunnites, avant de former son propre parti.
Il y a aussi le bloc de l'ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak.
Le chef ne fait pas directement de politique, mais, adoré par des millions de fidèles, il est extrêmement influent. Figure aussi le bloc du leader du mouvement Sadriste, Moqtada al-Sadr, groupe politique majeur en Irak. Malgré que M. al-Sadr avait annoncé son retrait de la vie politique en février, il reste une figure essentielle en Irak. Il a présenté le Premier ministre Nouri al-Maliki comme un "dictateur" après avoir été son allié. Enfin, le président du Kurdistan autonome, Massoud Barzani, à la tête du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) depuis 1979, est devenu un virulent critique du Premier ministre après l'avoir soutenu. Les élections législatives, premier scrutin national organisé depuis le départ des troupes américaines fin 2011, interviennent sur fond d'une escalade des violences qui ont atteint des niveaux jamais vus depuis 2008, lorsque le pays sortait tout juste d'un conflit confessionnel particulièrement meurtrier, qui a fait des dizaines de milliers de morts. Samedi, au moins 15 personnes ont péri dans des violences à travers plusieurs régions du pays. Dimanche 36 personnes ont également été tuées à Baghdad dans un attentat contre meeting électoral d'une formation chiite, revendiqué par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, groupe armé classé notamment par les occidentaux comme terroriste). En tout, près de 3.000 personnes ont été tuées dans des attentats depuis le début de l'année. La campagne électorale a elle-même été minée par des attentats: plusieurs bureaux de vote ont été visés, ainsi que des meetings électoraux. Dans ce contexte, il est fort à craindre que de nouvelles attaques aient lieu le jour du scrutin. Les violences sont alimentées par les divisions interconfessionnelles, profondes en Irak, et sur lesquelles de nombreux candidats ont joué durant la campagne. Les sunnites, au pouvoir pendant des décennies avant la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, s'estiment depuis marginalisés par les autorités, dominées par les chiites.

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