dimanche 17 dcembre 2017 09:22:10

Dans un message de condoléances : La ministre de la Culture salue le courage et la "discrétion" d’ Evelyne Safir Lavalette

La ministre de la Culture, Khalida Toumi, a rendu, dans un message de condoléances publié hier, un hommage appuyé à la femme "courageuse, humble et discrète" qu'a été la moudjahida Evelyne Safir Lavalette, décédée vendredi soir à Médéa à l'âge de 87 ans.

PUBLIE LE : 27-04-2014 | 0:00
D.R

La ministre de la Culture, Khalida Toumi, a rendu, dans  un message de condoléances publié hier, un hommage appuyé à la femme "courageuse, humble et discrète" qu'a été la moudjahida Evelyne Safir Lavalette, décédée vendredi soir à Médéa à l'âge de 87 ans.         

La ministre a exprimé sa "profonde tristesse" suite à la disparition de la militante de l'indépendance algérienne, qui a, dit-elle, "pris très tôt conscience de l'injustice et de la barbarie du système colonial" et s'est mise "au service de la Révolution" en accomplissant des "missions difficiles".  Mme Toumi rappelle que la défunte a milité depuis 1955 au sein du Front de Libération Nationale (FLN historique), "au risque de sa vie" et "avec loyauté et efficacité", en hébergeant notamment des moudjahiddine ou en se chargeant du transport et de la remise de documents confidentiels. La ministre rappelle également qu'elle s'est "aussitôt remise au service  de la lutte de Libération" après son arrestation en 1956 par la police française, ce qui lui vaudra d'être emprisonnée et torturée. La ministre a par ailleurs évoqué l'ouvrage autobiographique "pudique, généreux et lumineux", que la défunte a publié en 2013 sous le titre Juste  algérienne... comme une tissure (ed. Barzakh). Ce témoignage est une compilation de textes écrits par la défunte entre 1956 et 2013 où elle évoque son parcours de militante, marqué par trois ans d'emprisonnement et d'internement psychiatrique dans un hôpital algérois durant la guerre de Libération.      Dans ce livre, "à l'image de son auteur", ainsi que qualifié par la ministre, elle revient avec pudeur sur les privations, les tortures, et les  longs interrogatoires qu'elle a subis, en mettant l'accent sur la solidarité entre les détenues politiques. Arrêtée le 13 novembre 1956 à Oran, Evelyne Safir Lavalette a été privée  de ses droits civiques, frappée d'indignité nationale et condamnée à trois ans  d'emprisonnement qu'elle passera à Oran, Orléansville (Chlef actuellement) et à la prison centrale de Maison-Carrée (El Harrach). Née en 1927 à Alger dans une famille catholique conservatrice, Evelyne  Safir Lavalette rejoint le FLN après avoir été enseignante, syndicaliste et cadre des scouts féminins.  Agent de liaison de Benyoucef Benkhedda, elle héberge durant la guerre  des figures du mouvement national comme Larbi Ben M'hidi et Krim Belkacem. Elle avait, en outre, dactylographié en 1956 l'appel à la grève des étudiants et la lettre adressée à ses parents par Ahmed Zabana, premier martyr  guillotiné de la guerre de Libération. Evelyne Safir Lavalette est élue en 1962 à la première Assemblée Constituante de l'Algérie indépendante puis à l'Assemblée nationale en 1964. La défunte devait être enterrée ce samedi, dans l'après-midi, au cimetière  d'El Madania à Alger.

--------------------------------------

Evelyne Safir inhumée à Alger
La combattante de la cause nationale, Evelyne Safir décédée, vendredi soir à l’âge de 87ans, a été inhumée hier à Alger, au cimetière  chrétien de Diar Essâada (El-Madania), en présence notamment d’anciens moudjahidine  et d’historiens.
Evelyne safir, née Lavalette, a rejoint les rangs du Front de Libération Nationale (FLN) en 1955 à l’âge de 28 ans, et a été engagée comme agent de liaison, chargée de l’impression de tracts, du transport de matériel et de  l’acheminement des colis. La défunte a également hébergé, dans sa villa à la rue Daguerre à  Alger Centre, certains grands chefs de la Révolution, dont Ouamrane, Slimane Dehilis, Krim Belkacem, Larbi Ben M’hidi, Mohamed Seddik Benyahia,  Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda.
« Cette Algérienne de cœur et Française d’origine, est une grande militante  de la cause nationale. Elle avait le sens intransigeant de la justice d’un peuple opprimé qui demandait la reconnaissance de sa dignité et de son indépendance »,  témoigne l’ancien chef du gouvernement Réda Malek. Pour lui, la défunte qui a « accepté de se sacrifier librement pour  le peuple algérien », faisait partie de « l’élite agissante pendant la Révolution  algérienne.» En juillet dernier, la défunte a publié un livre Juste algérienne... comme une tissure, une autobiographie retraçant son parcours de militante au sein du Front de libération nationale (FLN) et des institutions officielles du pays après l’indépendance. Retraitée, elle s’installe à Benchicao, à l’est de Médéa, avec son époux, le journaliste Abdelkader Safir, puis déménagea, pour des raisons  sécuritaires, à Médéa ville, à partir de 1993 où elle passa le restant de sa  vie.

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions