lundi 23 octobre 2017 18:14:14

Le ministre des Ressources en Eau, au Forum d’El Moudjahid : « La révision de la tarification de l’eau n’est pas à l’ordre du jour »

Necib : « L’envasement des barrages n’est pas une fatalité »

PUBLIE LE : 27-04-2014 | 0:00
Photos : Nacéra

Si la bataille de mobilisation des ressources hydriques a été gagnée par l’Algérie, le plus grand défi reste la gestion et la préservation de l’or bleu. Les propos de M. Hocine Necib, en charge du secteur de l’eau,  invité, hier, du Forum d’El Moudjahid, coulent de source, parce qu’aujourd’hui, le spectre de la pénurie, écartée grâce une politique d’investissements massifs, ne doit pas faire oublier que cette denrée doit être gérée avec prudence et par des compétences. 

A la tête du secteur des ressources en eau depuis septembre 2012, Hocine Necib, a expliqué, hier, que la stratégie qu’il a adoptée s’inscrit en parfaite continuité par ce qui a été réalisé depuis 2000. Des réalisations qui ont nécessité de grands investissements, mais ont permis à l’Algérie à renoncer à la perspective « d’importer de l’eau » pour pallier au stress hydrique enregistré dans les années 1990.    
Pour cet ingénieur d’Etat en travaux publics, diplômé de l’Ecole des ponts et chaussées de Paris, il est très aisé de parler de toutes les priorités tracées par le gouvernement. Si le secteur de l’eau a toujours été au centre des préoccupations des pouvoirs publics, que des sommes colossales ont été déboursées, aujourd’hui, l’heure est à l’obligation des résultats. La bataille de la quantité remportée, il est temps d’exiger la qualité. En effet,  M. Hocine Necib a annoncé que des contrats de performance seront signés prochainement avec les directeurs des ressources en eau des wilayas pour disposer d’outils de mesure de la qualité de gestion. S’ensuivra une évaluation par wilaya.   
En l’espace de deux heures, il s’est prêté au traditionnel jeu des questions-réponses, sans consulter aucun document. Révision de la tarification de l’eau, exploitation du gaz de schiste et ses incidences sur les réserves hydriques, le nouvel arrêté ministériel pour l’aménagement des barrages en espace de baignade, disponibilité de l’eau durant la saison estivale, taux de remplissage des barrages, déperditions d’eau... autant de questions soulevées au Forum d’El Moudjahid.  Si la révision du prix de l’eau fait couler beaucoup d’encre, et suscite l’appréhension des citoyens, le ministre est formel : « Ça n’a jamais été à l’ordre du jour ».
L’eau, comme les produits de première nécessité, est subventionné par l’Etat. Le prix actuel, 6,50 dinars, est loin de refléter les coûts des investissements consentis dans l’acheminement de l’eau dans les foyers.  L’invité du Forum, rappellera, dans ce sillage, que dans la loi sur l’eau, figure un article qui confère à l’accès à l’eau potable et l’assainissement un caractère sacré.  Quant au taux de remplissage   des barrages, le ministre a assuré qu’il tourne autour des 80%. Hocine Necib, dont un des leitmotivs, est le concept d’hydro solidarité, a rappelé dans ce sens, la réalisation de deux barrages dans la wilaya de Sétif où la pluviométrie ne dépasse pas 400 mm, qui seront alimentés à partir de Bejaia et Jijel. Ce projet permettra l’alimentation de la wilaya avec 300 millions de mètres cubes. A la question de notre confère de l’AFP, se rapportant à l’oxydation du réseau du transfert d’eau d’In Salah à Tamanrasset, le ministre a répondu, qu’aucune information de ce genre ne lui est parvenu, ajoutant que le réseau dispose d’une protection la préservant de toute oxydation ou phénomène du genre.
A propos des déperditions d’eau, le ministre a rappelé que le taux est de 20%, ce qui engendre une perte sèche pour les pouvoirs publics. Des   mesures,  à savoir  le lancement de travaux de  réhabilitation,  ont été entrepris pour remédier à cette problématique. Pour le ministre, les communes n’ont pas assez de moyens pour l'entretien  des réseaux d'AEP affirmant que 40 villes à travers le pays sont identifiées  pour subir une réhabilitation, alors que les travaux d’aménagement sont lancés  dans 17 villes.
En tout, le secteur réalise des projets de réhabilitation du réseau à raison de 3.000 km par an, alors que 30.000 km de réseau d'AEP ont besoin d’être réhabilités, soit 6.000 km par an avec plus de moyens financiers.
"C’est notre priorité jusqu’en 2019. On travaillera pour mobiliser les ressources nécessaires", a-t-il confié car "on veut mettre à niveau le réseau de distribution à travers le territoire national". Interrogé sur la perspective d’exploitation du gaz de schiste, dont le procédé est sujet à polémique, le ministre a répondu qu’en Algérie son «  exploitation n’est pas pour demain ». Cependant, il ajoutera que des experts ont été sollicités, avec les avancées de la technologie, ont permis de réduire  la consommation de l’eau.  
 A propos de l’aménagement des barrages en espaces de baignade, le ministre dira que l’arrêté ministériel vient d’être signé et  comme départ une opération pilote sera lancée  avec trois barrages.  
La concession se fera au niveau local, cette opération sera accompagnée par le renforcement, via un texte de loi, des prérogatives de la police d’eau, pour préserver ces espaces  de toutes sources de pollution.
Nora Chergui

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Necib : « L’envasement des barrages n’est pas une fatalité »
« L’envasement des barrages n’est pas une fatalité », c’est en ces termes que s’est exprimé, hier, le ministre des Ressources en eau, M. Hocine Necib, au forum d’El Moudjahid, à propos de phénomène subi et de plein fouet, il faut le dire, par de nombreux barrages du pays. Aujourd’hui, rassure le ministre, ce problème est pris en charge. Donnant de plus amples informations sur cette question, le ministre fera savoir, que l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT) se dotera, prochainement, de tous les moyens nécessaires lui permettant de lutter avec efficacité contre l’envasement, et, pour en finir avec  ce phénomène, le reste sera pris en charge par des entreprises, à l’issue d’appels d’offres internationaux.
En fait, l’ensemble des barrages touchés par ce phénomène ont été recensés, a indiqué l’invité du forum, avant d’ajouter : « Nous avons arrêtés les priorités. Et parmi les priorités figurent le barrage de Ksob ». Poursuivant ses propos, le ministre notera : « Je me suis fixé personnellement un double défi. Le premier concerne la première drague qui a été acquise par le secteur que j’ai décidé de mettre au niveau du barrage de Ksob. En visite dans la wilaya de M’sila, j’ai donné instruction que cette machine ne puisse sortir du barrage de Ksob, qu’après avoir gagné jusqu’à 10 millions de mètres cubes. L’autre défi au niveau de ce barrage concerne la revitalisation du grand périmètre de Ksob ». Le ministre qui insiste sur le fait que le barrage de Ksob fait partie des axes prioritaires, mettra également en relief, que d’autres barrages vont subir le même traitement.
En Algérie, une quinzaine de barrages connaissent un sérieux problème d’envasement. En plus de la machine qui est en marche en niveau du barrage de Ksob, à M’sila, un avis d’appel d’offres a été lancé pour l’achat de 3 autres machines, plus petites. Ceci dit, une réflexion est en cours, pour l’achat d’une autre grande machine, au cours de cette année.

Des instruments d’alerte pour prévenir les risques d’inondations
Interrogé sur les risques d’inondations dans notre pays, le ministre concèdera que beaucoup de régions, sont sujettes aux inondations. Mettant ensuite en relief les voies et moyens à même de prévenir et de lutter contre l’impact de ce phénomène naturel, le ministre a relevé que deux actions d’envergure viennent d’être lancées, dans ce cadre.
La première, une opération en partenariat avec l’Union européenne, consiste à disposer, à terme, d’une cartographie des inondations aux fins de savoir quelles sont, et avec précision, les régions sujettes à ce phénomène. Il est également question de savoir, note le ministre, quels sont les périmètres inondables, par commune, que ce soit à l’intérieur du tissu urbain ou bien à l’extérieur. Une étude est en cours pour développer cette cartographie, indiquera, à ce propos, l’invité du forum d’El Moudjahid.
En parallèle, une autre opération a été lancée de telle sorte à équiper plusieurs wilayas, notamment les plus menacées par ce phénomène, d’instruments de prévision et d’alerte. « Une fois ces instruments mis en place, nous allons pouvoir disposer de cet avantage de pouvoir suivre le phénomène et avoir des informations en temps réel. Aussi, nous serons en mesure de déclencher l’alerte, 3 à 4 heures avant la survenue des inondations. Je tenais personnellement à mettre en place ce dispositif. Nous avons dégagé les financements. Le contrat a été signé et l’opération se déroule dans de bonnes conditions », souligne le ministre. Faut-il le rappeler, grand nombre de projets sont en cours pour protéger les villes et les agglomérations de ces risques d’inondations. Un programme de 30 milliards de dinars pour les inondations a été engagé dans le cadre du quinquennat 2010-2014. Mais « pour venir à terme de ce phénomène et assurer une protection optimale, les besoins sont encore plus importants. On a fait une évaluation au niveau national, dans le cadre d’une commission interministérielle, sous l’égide du ministère de l’intérieur et des collectivités locales. Le programme évalué dans le secteur coûte 300 milliards de dinars pour pouvoir protéger l’ensemble des villes. Cependant, compte tenu de la lourdeur de cette enveloppe, les réalisations se font par tranche annuelle, jusqu’à l’achèvement de ce programme ».

Stations d’épuration : bond qualitatif
Par ailleurs, et pour ce qui est des stations d’épuration, communément appelées STEP, le ministre  qualifiera  de  bond qualitatif ce qui a été  réalisé  dans ce domaine  d’ « extraordinaire ». Donnant de plus amples informations à ce sujet, il notera que « jusqu’au début des années 2000, nous avions une trentaine de STEP. Et celles-ci étaient toutes à l’arrêt. En d’autres termes, toutes les eaux usées jusqu’à l’an 2000 étaient rejetées dans la nature, avec ce qui en découle comme menace sur l’environnement, mais également sur la ressource hydrique avec l’impact négatif sur la santé publique (maladies à transmission hydrique MTH). Les décisions qui ont été prises dans ce cadre au début des années 2000 sont salutaires pour le pays. Aujourd’hui, nous avons pas moins de 151 stations d’épuration en exploitation. De plus, ces stations sont exploitées par des cadres algériens.  C’est l’Office national de l’assainissement qui exploite ces stations d’épurations dont la plupart sont certifiées ISO.
Les STEP, au-delà de cette préoccupation liée à l’environnement et à la santé publique, constituent d’autre part un dispositif pour l’économie de l’eau. Et dans notre pays, on est résolument engagés dans la réutilisation des eaux épurées. « Aujourd’hui, nous sommes entrain d’encourager les agriculteurs. On est entrain de développer des périmètres en aval de ces stations d’épuration pour l’irrigation, pour les besoins de l’arboriculture et de la céréaliculture. Mieux encore, deux opérations pilotes viennent d’être initiées. Nous sommes entrain de lancer des opérations à Alger et Oran pour le traitement tertiaire. Il s’agit d’un traitement avec des  ultra-violet permettant d’épurer davantage cette eau, ce qui la rend plus propre. Ce qui permettra,  dans le domaine de  l’irrigation, de ne pas se limiter uniquement à  l’arboriculture et la céréaliculture mais également de passer à l’irrigation des cultures maraichères avec cette eau épurée. Une avancée pour le pays. L’on apprendra également que Oued El Harrach, une fois aménagé, bénéficiera à coup sûr de cette eau épurée et propre. « Pour qu’il (Oued El Harrach) reste navigable et propre, on  fera  du tertiaire au niveau de la STEP de Baraki où nous allons déverser quotidiennement 90.000 mètres cubes d’eau propre. Ainsi, nous allons assurer le débit sanitaire », met en avant le ministre. A retenir, pas moins de 30 stations d’épuration sont en travaux, actuellement, et seront prochainement prêtes pour le lancement. Au terme de ce programme, l’Algérie aura plus de 180 STEP, ce qui nous permettra de produire 1,2 milliard de mètres cubes d’eau épurée par an. Un acquis extraordinaire.
Soraya Guemmouri

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