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Ain-Defla, 113e anniversaire de l’insurrection des tribus de Righa : Aïn-Torki, ex-Marguerite, se souvient toujours

Hier à Tizi-Ouchir, à l’endroit même, tout près du mausolée de Sidi Bouzar, où 113 années auparavant des Algériens ont décidé de se révolter contre l’ordre colonial, l’emblème national a été hissé au son de qassaman et la lecture de la Fatiha a été récité en leur mémoire.

PUBLIE LE : 27-04-2014 | 0:00

Hier à Tizi-Ouchir, à l’endroit même, tout près du mausolée de Sidi Bouzar, où 113 années auparavant des Algériens ont décidé de se révolter contre l’ordre colonial, l’emblème national a été hissé au son de qassaman et la lecture de la Fatiha a été récité en leur mémoire. Accompagnant le wali d’Ain-Defla, élus, moudjahidine, représentants de la société civile, habitants de la région venus en grand nombre se sont tous réunis près de la stèle commémorant ce souvenir. Le  « Menfi », le banni et tous les autres ne sont pas revenus, morts loin de leur Algérie, mais leurs petits-enfants sont là, ils sont venus, d’autres enfants de cette Algérie indépendante sont venus, ils sont tous revenus comme à chaque commémoration pour leur rendre hommage et prier pour eux…
Un douloureux souvenir qui représente une des étapes de la prise de conscience, une des étapes qui a dévoilé le véritable visage du colonialisme et qui inéluctablement aura pavé la voie à la glorieuse Révolution de Novembre, le souvenir de ces montagnards réduits à la mendicité après avoir été spoliés de leurs terres, soumis à l’impôt pour chaque caprin ou ovin et même pour chaque escapade de l’une de leurs bêtes sur un champ voisin…
A lui seul un colon a bénéficié de 1.600 ha de terres. Une concession à vie de terres hautement fertiles accordée non seulement aux colons français venus notamment d’Alsace-Lorraine mais également à tout européen pour asseoir cette domination coloniale et  répondre à une stratégie d’occupation de l’espace et la  création d’un équilibre entre les colonies de peuplement et les indigènes. Dans son ouvrage sur la guerre et l’état colonial, l’historien français Olivier le Cour Grand Maison relève ce fait des populations arabes dépossédées de leurs biens et réduits en loques humaines, écrasés par taxes et impôts.
« Le déclin démographique de « l’élément arabe » était considéré comme bénéfique sur le plan social et politique, car il réduisait avantageusement le déséquilibre numérique entre les indigènes et les colons ». C’est dans ce contexte qu’éclata l’insurrection des 27 tribus de Righa. Le 22 avril 1902, c’est la rencontre entre les chefs des différentes tribus au lieudit Tizi Ouchir au niveau d’un mausolée. Mohamed Yâacoub, M’Hamed Bourbiza, Talbi Miloud, Othmane M’Hamed et Abdellah El-Hirti entres autres relèvent les historiens se décident à passer à l’action. Le 26 avril, un vendredi, jour de la grande prière, l’insurrection éclate, des colons et un cantonnement militaire sont ciblés. Passé le moment de surprise, la répression s’avère féroce.
Le principe de responsabilité collective de punir tout un village, toute une région, pour l’infraction d’un de ses membres prouve alors toute l’étendue de sa sauvagerie et de son iniquité. Appelée en renfort, la garnison militaire basée à Miliana met la région à feu et à sang. 187 insurgés sont arrêtés. En deux mois un simulacre de procès, qui s’est déroulé au niveau de la cour d’assises de Montpellier, en France, conforte pour ainsi dire l’ordre colonial établi, évacuant de fait le fond. 85 déportations sont prononcées. Cheikh Yâacoub et les siens finiront leur vie loin des leurs, assignés à vie dans les  bagnes de Cayenne en Guyane française et  de Nouvelle Calédonie. L’insurrection des Righa, une de ces nombreuses pages de la résistance du peuple algérien.
Une résistance et une lutte qui n’ont jamais cessé, le peuple algérien n’ayant jamais abdiqué. Une résistance qui, logiquement, inéluctablement, devait déboucher sur une Révolution, un 1er novembre de l’année 1954, une grandiose Révolution allait fasciné le monde entier en chassant le colonialisme pour rendre au peuple algérien sa liberté et sa dignité. « Dites à ma mère de ne pas pleurer, Ya El-Menfi, son fils ne reviendra pas » cette complainte du « Menfi », du banni, a traversé les années comme un fil d’Ariane qui ne s’est jamais coupé, une mèche allumée dès les premiers pas de la soldatesque coloniale sur cette terre d’Algérie, une mèche qui allumera le détonateur de Novembre.
A. M. A.

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