lundi 24 septembre 2018 13:30:25

Hommage à Moufdi Zakaria au Forum de la Mémoire d’El Moudjahid : Le poète de la Révolution de Novembre

« Nous jurons, par les tempêtes dévastatrices abattues sur nous, Par notre sang noble et pur généreusement versé, Par les éclatants étendards flottant au vent, Sur les cimes altières de nos fières montagnes, Que nous nous sommes dressés pour la vie ou pour la mort ! Car, nous avons décidé que l'Algérie vivra.

PUBLIE LE : 23-04-2014 | 0:00
Photos : Louiza

« Nous jurons, par les tempêtes dévastatrices abattues sur nous, Par notre sang noble et pur généreusement versé, Par les éclatants étendards flottant au vent, Sur les cimes altières de nos fières montagnes, Que nous nous sommes dressés pour la vie ou pour la mort !  Car, nous avons décidé que l'Algérie vivra.
 Soyez-en témoins, Soyez-en témoins » commandé par Abane Ramdane, l’hymne national, que nous portons tous dans nos cœur,  est un hymne à la gloire de la Révolution de Novembre. Son auteur, Moufdi Zakaria, mu d’une verve torrentielle et d’une muse diserte à l’infini, a su, en une nuit, avec cinq couplets, immortaliser l’héroïsme de l’Algérie et les sacrifices de son peuple.

Le Forum de la Mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’association Maachal Echahid, a revisité, hier, le parcours de Moufdi Zakaria, le  poète de la Révolution, et établi   une rétrospective de la genèse de Kassaman.
Les conférenciers, le chercheur en histoire, Mohamed Lahcène Zghidi et Mohamed Nacer Bouhadjam, professeur à l’Université de Batna, ont retracé l’historique de Kassaman, l’hymne de la Révolution de Novembre, décrété au lendemain de l’indépendance hymne national de l’Algérie libre et souveraine.  
 Moufdi Zakaria, l’enfant de Benizguen,  poète-né,  a , avec des mots, sonnant comme des salves,  a exalté, et continuera à  exalter chez des millions d’Algériens le sentiment d’appartenir à la Nation algérienne. Pur fils de la vallée du Mzab,  dira le  Dr Zghidi, est né en 1913, une année avant la première guerre mondiale. Très jeune, son étoile à brillé à Zeitouna. Et   depuis sa première qacida, où il chantait la Tunisie, sa muse ne l’a jamais quitté. Il s’oppose farouchement au colonialisme. En 1937, il écrit l’hymne du PPA, et en 1945, les drapeaux qui défileront à Alger sont cousus dans son local commercial à Alger. il sera à plusieurs reprises incarcéré dans les geôles du colonialisme. Après le déclenchement de la Révolution, Abane Ramdane, en 1955, après concertation, avec d’autres dirigeants, a demandé à ce que la Révolution soit doté d’un «nachid» révolutionnaire, en mesure de  mobiliser l’ensemble du peuple algérien et surtout capable de galvaniser psychologiquement les troupes des moudjahidine militairement engagés dans le combat armé.   
L’architecte du congrès de la Soummam, voulait, à travers, un hymne dédié au combat noble que menait le peuple algérien pour se libérer du joug colonial, parvenir à sensibiliser l’opinion et la communauté internationales.  
L’hymne devait également avoir un impact politique en accompagnant la stratégie diplomatique en direction de l’étranger. Dans cette perspective, Rebbah Lakhdar, un ancien militant du PPA/MTLD, fut ainsi chargé par Benyoucef Benkheda pour la prospection du milieu littéraire et artistique en vue de la composition d’un poème à l’effet de la structuration d’un hymne national qui mettra en valeur la lutte armée du peuple Algérie.
Selon, M. Zghidi,  ce dernier croise par hasard, Moufdi Zakaria.  Il lui explique le souhait des dirigeants de la Révolution. mais, cette demande intervenait dans un moment particulier, explique l’historien. Elle intervenait, au moment où la France coloniale faisait circuler une rumeur, selon laquelle, le FLN aurait  exigeé aux Algérois de boycotter les commerces gérés par la communauté mozabite. Et donc, de ce fait, il avait refusé la demande, en réfutant les accusations collés à sa communauté. Mais la réaction des dirigeants de la Révolution, n’a pas tardé, en apportant un démenti formel à la manœuvre de  l’Administration coloniale, dont l’objectif était de diviser le peuple algérien , et semer le doute quant à la justesse de la lutte armée menée par le FLN.    C’est donc le 24 avril 1955, que Moufdi Zakaria, en l’espace, d’une nuit, a versifié un poème  qui sonne comme un serment d’éternité dédié à la gloire de l’Algérie en lutte pour son indépendance.
 Militant de la première heure depuis l’Etoile nord-africaine, il  portait en son âme et dans son  cœur la force du verbe et la charge émotionnelle des mots.  et de là est née cette fresque tramée en son être profond par le long parcours de sa vie militante. En une seule et unique nuit, l’hymne national Kassaman, a ainsi vu le jour. Un hymne, qui résonne encore dans nos cœurs, qui suscite en nous des frissons, quand il retentit dans les foras internationaux. Le lendemain matin, le poème de Kassaman transcrit est  remis par Moufdi Zakaria à Rebbah Lakhdar, qui l’a fait parvenir à Abane Ramdane et Benkheda. A la première lecture de ce qui allait devenir l’hymne national algérien, l’adhésion est totale.
Lahcène Zghidi, dira que Abane Ramdane, avait dit «c’est ce que nous voulions. Une ode à la hauteur de notre Révolution» le conférencier, soulignera, que Abane Ramdane trouvait la triptyque de la Révolution. Soit la vie au peuple, le salut au FLN et la gloire à l’ALN.    
Parmi, les admirateurs, de Qassaman , le président egyptien , Djamel Abdenacer ,  qui dit –on  était resté ébahi devant les paroles.   Pour la partition musicale retenue, c’est celle de Mohamed Fawzi  qui sera retenue et c'est cette partition qui est montée au maquis, porteuse des espoirs et des sacrifices ultimes d'une génération d'Algériens pour que vive enfin leur patrie libre et indépendante.
Moufdi Zakaria, avait choisi de terminer son poème avec un message, Le cri de la patrie monte des champs de bataille. Ecoutez-le et répondez à l'appel. Ecrivez-le dans le sang des martyrs. Et dictez-le aux générations futures. Nous t'avons donné la main, ô gloire. Et nous avons juré de mourir pour que vive l'Algérie !
Nora Chergui

---------------------------

M. Abdelmadjid Chikhi, directeur général du centre national des archives :
« Il nous appartient de faire connaître les grandes personnalités de notre pays »

«Nous venons de commémorer le souvenir d’un grand homme. Il s’agit de Moufdi Zakaria, le poète de la Révolution. L’homme qui a écrit l’hymne national est un poète qui a su synthétiser toute l’histoire de l’Algérie dans un poème.
Il faut reconnaître que c’est très rare que la vie d’un poète soit profondément intégrée à la vie de la Nation et également que la musique qui se dégage de ce poème en lui même — avant la composition musicale qui en a été faite pour en faire l’hymne national — se rencontre dans la personne d’un seul homme, comme ce fut le cas pour Moufdi Zakaria. Il s’agit d’un grand poète qui a su redonner assez succinctement mais très profondément toute l’importance de ce pays mais également toute l’importance de son combat à travers des générations.
Aujourd’hui, il nous appartient de façon fondamentale et de façon principale de faire connaître ces personnalités qui sont de la grandeur de nos montagnes, de la grandeur de ce pays, du poids, également, de l’histoire. C’est ce que j’ai essayé de démontrer, lors de mon allocution. J’insiste, d’autre part, sur la nécessité constante nous référer à l’amour de la patrie, tel qu’il l’a chanté, tel qu’il l’a ressenti, puisqu’un poète écrit ce qu’il ressent, pour que l’amour de la patrie se transmette de façon intégrale pour que les générations montantes ne soient pas en porte à faux avec leur histoire».
Propos recueillis par Soraya G.

---------------------------

M. Djabar Baamara, Secrétaire Général de la fondation Moufdi Zakaria :
« Le grand souhait de Moufdi Zakaria était d’être le premier citoyen maghrébin à avoir un passeport maghrébin»
«Je tiens de prime abord à remercier le quotidien national El Moudjahid et la dynamique association Machaâl Echahid pour cet hommage rendu au poète de la Révolution Moufdi Zakaria, à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’écriture de l’hymne national.
Comme tout un chacun le sait, Moufdi Zakaria est la voix de la Révolution algérienne.
Cependant, et ceci est une vérité, beaucoup de gens, les jeunes en particulier, ne connaissent pas Moufdi Zakaria.Et là, une anecdote me vient à l’esprit. Il y a des années de cela, un fait m’a frappé. Une fois, on était présents au salon international du livre, le SILA, et un jeune lycéen m’a posé la question : De quelle nationalité est Moufdi Zakaria ?, Est ce que c’est  un poète égyptien?
Après avoir répondu  à ce jeune lycéen, j’ai senti notre grande responsabilité à travailler davantage pour faire connaître aux jeunes Algériens ce grand homme qui n’a pas eu  l’égard qu’il mérite. Cette personne a tout donné pour l’Algérie. Ce que notre fondation veut c’est de travailler et d’agir pour faire passer le message de Moufdi Zakaria, pour la jeunesse actuelle, pour que le flambeau du poète de la Révolution puisse être réellement transmis à notre jeunesse et pour que les souhaits de Moufdi Zakaria puissent être réalisés et concrétisés sur le terrain. L’on axe notre travail, en particulier, sur ses messages pour la fraternité, pour l’union, surtout celle du Maghreb arabe.
Il convient de rappeler, dans ce contexte, que le grand souhait de Moufdi Zakaria était d’être le premier citoyen maghrébin à avoir un passeport maghrébin».
Propos recueillis par S. G.



 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions