samedi 17 novembre 2018 21:17:45

34e anniversaire du Printemps berbère : Le HCA célèbre l’événement

Enseignement de la langue amazigh : 225.210 élèves encadrés par 1.694 enseignants à l’échelle nationale

PUBLIE LE : 21-04-2014 | 0:00
D.R

Dans le cadre de la célébration du 34e anniversaire du printemps berbère, différentes tables rondes et rencontres entre universitaires et éditeurs ont été organisées, hier, à travers plusieurs wilayas, notamment à Tizi Ouzou et Boumerdès.

Au niveau de la capitale, l’événement aura été marqué par une rencontre, hier après-midi, à la Faculté centrale d’Alger, où d’anciens élèves et collaborateurs de l’écrivain et anthropologue algérien Mouloud Mammeri devaient se réunir. «D’anciens élèves et collaborateurs de l’écrivain et anthropologue algérien Mouloud Mammeri vont se réunir à la Faculté centrale d’Alger pour commémorer le 34e anniversaire du Printemps berbère», a récemment déclaré à la presse, le secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité (Hca), Si El-Hachemi Assad.  
Cette cérémonie, une initiative du HCA, se veut un hommage au grand romancier et chercheur algérien, Mouloud Mammeri, dont l’interdiction, en 1980 à Tizi Ouzou, d’une conférence sur la poésie amazigh avait été à l’origine de manifestations populaires, désignées depuis par le «Printemps berbère».
La rencontre à laquelle ont pris part d’anciens élèves inscrits à son  cours de langue amazigh à Alger, dès 1970, est en fait une commémoration symbolique rehaussée par la présence de  Moulay Seddik Slimane, le guide qui avait accompagné, à la même époque, Mouloud Mammeri, lors de ses travaux sur le chant poétique et religieux d’expression amazigh de l’Ahellil du Gourara (Sud-Ouest algérien). Faut-il le rappeler, l’Ahellil du Gourara est un ouvrage compilant les recherches menées par Mouloud Mammeri à partir de 1971. Ce document, paru en 1984, est considéré comme une étude de  référence sur ce chant ancestral des populations Zénètes (une des trois branches amazighs avec les Sanhadjas et les Masmoudas) du Gourara, classé au Patrimoine  mondial de l’humanité en 2003. D’autre part, et en vue de «maquer un lien entre les  générations» et de réaffirmer la nécessité de «promouvoir la langue amazigh à l’université», grand nombre d’universitaires et d’élèves scolarisés dans la région natale de l’auteur de la Colline oubliée, Tizi Ouzou, ont été conviés à prendre part à cette cérémonie. À la faveur de cette rencontre, le Hca a procédé à une présentation détaillée de son programme d’activités jusqu’en décembre prochain, lequel est prévu sous formes de colloques internationaux et de «sorties  sur le terrain» avec des universitaires dans différentes régions d’Algérie (El-Bayadh, Naâma, Ouargla, Tizi Ouzou, etc... ).
Selon le SG du HCA, ces sorties visent à «recueillir des données» sur les différentes manifestations linguistiques et culturelles de l’amazigh en Algérie, et sont le fruit de conventions signées entre le HCA et des universités algériennes, d’Alger et de Tizi Ouzou. Ce même responsable a également signalé la signature prochaine d’autres conventions prévues avec des organismes comme l’Office des publications universitaires (Opu), l’Office national des  droits d’auteur et droits voisins (Onda), ainsi que l’École nationale supérieure  de journalisme et des sciences de l’information (Ensjsi).
Le film Ad Yidir mmi-s umazigh  (Le fils de l’Amazigh vivra), de Si El-Hachemi Assad, dédié au parcours d’Idir Aït Amrane, ex-président du HCA, combattant anticolonialiste et militant de la cause berbère disparu en 2004, sera projeté aujourd’hui à Tizi Ouzou dans le cadre de la célébration du Printemps berbère. Le SG du HCA relève enfin qu’un documentaire-fiction sur la vie et l’œuvre de Mouloud Mammeri, co-écrit avec l’universitaire Youcef Necib, est en cours de préparation.
Soraya Guemmouri

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Enseignement de la langue amazigh
225.210 élèves encadrés par 1.694 enseignants à l’échelle nationale

L’enseignement de la langue amazigh et sa promotion au niveau national constituent l’une des priorités du ministère de l’Éducation nationale. Considérée comme deuxième langue nationale, cette matière regroupe quelque  225.210 élèves, encadrés par 1.694 enseignants. Elle est enseignée dans une dizaine de wilayas.
Son introduction officiellement dans le système éducatif algérien a eu lieu, lors de la rentrée scolaire 1995/1996. Au plan universitaire, on compte 3.646 nouveaux diplômés sortants et 25 docteurs d’État en amazigh, en Algérie, et l’ouverture d’une nouvelle filière d’amazigh à l’université de Batna.
Selon la loi d’orientation, l’amazighité, en tant que langue, culture et patrimoine, est une composante intégrante de la personnalité nationale historique. À ce titre, elle doit bénéficier de toute l’attention et faire l’objet de promotion et d’enrichissement dans le cadre de la valorisation de la culture nationale. Elle appelle l’école à «faire prendre conscience à l’élève, quelle que soit sa langue maternelle et quel que soit son lieu de résidence, des liens qui l’attachent à cette langue, notamment par l’enseignement de l’histoire ancienne de l’Algérie (et du Maghreb), de sa géographie et de sa toponymie». Il s’agit, toujours selon cette loi, «d’affermir et de promouvoir la dimension amazigh  dans tous ses éléments constitutifs (langue, culture, profondeur historique et anthropologique) dans le cursus éducatif, de la mettre en place progressivement, en dotant l’enseignement de la langue nationale amazigh  de moyens didactiques et pédagogiques appropriés, ainsi que de moyens pour la recherche».
«L’Algérien devra pouvoir apprendre cette langue nationale. L’État devra mettre en œuvre, tous les moyens humains, matériels et organisationnels afin d’être en mesure de répondre progressivement à la demande partout où elle s’exprime sur le territoire national», stipule la loi d’orientation.
Mais, depuis son introduction à l’école, l’amazigh perd du «terrain», un peu plus chaque année. Le «territoire» de son enseignement se rétrécit comme peau de chagrin. Les statistiques fournies par le Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA) indiquent un net recul du nombre d’élèves recevant des cours d’amazigh de 36,06%. Sur 352.256 inscrits en 1995/1996, on note une déperdition de 127.046 apprenants qui ont abandonné cette matière.
Dans plusieurs wilayas, l’enseignement de l’amazigh a carrément cessé, s’inquiètent les représentants du Haut-Commissariat à l’amazighité. C’est d’ailleurs le cas de la wilaya de  Tipasa, où l’amazigh a disparu du programme en 1999, ou encore d’Illizi et d’Oran qui ont abandonné cette langue, respectivement en 2000 et en 2002. De son côté, la wilaya de Ghardaïa compte une timide relance des cours enregistrée en 2003, après une rupture de l’enseignement en 2000, mais cette reprise s’est éteinte en 2009. À Biskra, plus aucune trace de l’amazigh depuis 2010.

Une offre à tracer selon la demande
Au niveau de la capitale, 349 élèves suivaient des cours d’amazigh en 1995 ; ils ne sont plus que 40 aujourd’hui. Sur les 16 wilayas ayant connu le lancement de la première promotion d’apprenants de cette langue, elles ne sont plus que 11 à poursuivre la formation, aujourd’hui. Le chiffre est appelé à la baisse, vu les indicateurs au rouge dans certaines wilayas, même s’il y a lieu de noter que la wilaya de Bordj Bou-Arréridj a vu le lancement de l’enseignement de cette matière en 2010, avec 9 classes. Selon le HCA, le caractère facultatif de cette matière pèse lourdement sur ce résultat. Le maintien de cette spécificité est en train d’affaiblir les résultats positifs qu’enregistre l’enseignement de cette langue. Pour le ministère de l’Éducation nationale, l’ouverture de classes pour dispenser des cours d’amazigh se fait «selon la demande».
D’ailleurs, sur la question de généralisation de l’amazigh et de l’obligation de son enseignement, le premier responsable du secteur estime que «cela dépend du choix de huit millions d’élèves, ainsi que des moyens humains et matériels dont disposerait le secteur».
Dans son plan de travail, le Haut-Commissariat à l’amazighité a tracé une feuille de route pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement et la formation des ressources humaines. Il s’agit d’adosser une démarche pragmatique, avec l’obligation de résultats, afin de permettre de traduire sur le terrain, la dimension nationale de l’amazigh, en portant son enseignement dans plusieurs régions du pays comme Tlemcen, El- Bayadh, Ouargla, Tébessa, Naâma…
La qualité du livre scolaire et l’élargissement de l’introduction de l’amazigh dans les programmes des radios régionales sont les autres satisfactions enregistrées dans ce domaine, avec  la nécessité de faire, aujourd’hui, un état des lieux de l’enseignement de l’amazigh en Algérie, qui permet de consolider les acquis, tout en essayant de trouver des solutions aux problèmes en suspens.
Tout en déplorant la régression, ces dernières années, de l’enseignement de la langue amazigh dans les écoles, le HCA appelle à une révision de la stratégie adoptée dans ce domaine pour une meilleure prise en charge de cette question d’intérêt national.
Sarah SOFI

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Tizi Ouzou
Une marche non autorisée du MCB empêchée
Les forces antiémeutes de la police ont empêché le déroulement, hier matin, d’une marche «non autorisée» à laquelle a appelé le Mouvement culturel berbère (MCB) pour la célébration du 34e anniversaire  du Printemps berbère, correspondant au 20 avril, a constaté un journaliste de l’APS.          
Les manifestants, dont le nombre était situé entre 200 et 300, parmi  lesquels de nombreux militants du mouvement autoproclamé «Mouvement pour l’autonomie de la Kabyle» (MAK-non agréé), se sont ébranlés à partir du campus universitaire de Hasnaoua, avant d’être stoppés dans leur procession par les forces antiémeutes à une centaine de mètres du lieu de départ. Les premiers carrés des marcheurs, formés essentiellement de militants du MAK, reconnaissables aux slogans scandés et à leurs banderoles, ont  tenté en vain de forcer le passage.          
Des échanges de jets de pierres ont eu lieu entre les deux antagonistes, avant que les manifestants ne se réfugient dans l’enceinte universitaire et de procéder à des harcèlements des forces antiémeutes, a-t-on encore constaté.
 De nombreux anciens militants du MCB, dont Saïd Khelil, Saïd Boukhari, Mouloud Lounaouci et Arezki Abbout, avaient pris part au départ de la marche, avant de quitter les lieux dès le déclenchement des échauffourées.         
Les slogans du MAK, appelant notamment à la création d’un «État kabyle», avaient supplantés ceux du MCB qui appelait à la célébration du 34e anniversaire du 20 avril, sous le signe de revendications de «libertés démocratiques» et  de «l’officialisation de l’amazigh». Selon une source sécuritaire, «aucune demande n’a été formulée pour l’autorisation de la marche», qui a été, de ce fait, «empêchée par les forces de sécurité par crainte de débordements».

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BÉJAÏA
La marche pacifique perturbée
La célébration  du 34e anniversaire du printemps berbère, tafesuth Imazighene, a été marquée, hier, par une marche initiée par  le Mouvement culturel berbère et plusieurs étudiants qui a pris le départ à 11h30 du campus de Targua Ouzemour de l’université Abderrahmane-Mira jusqu’au siège de la wilaya.
Plusieurs centaines de personnes ont pris part à cette marche qui s’est déroulée dans le calme. Mais, vers 14h30, arrivée devant le siège de la wilaya, un groupuscule de jeunes qui participait à cette marche a commencé à jeter des pierres sur les éléments de la police antiémeutes stationnés dans l’enceinte de la wilaya qui ne voulaient pas riposter à ces provocations. En quelques minutes, la rue de la Liberté s’est transformée en scène de violence, et des échauffourées ont éclaté entre les manifestants et les  policiers antiémeutes qui ont dû utiliser des bombes lacrymogènes pour disperser la foule des alentours du siège de la wilaya. La panique a gagné les fonctionnaires de la wilaya,  particulièrement la gent féminine  qui ne pouvait plus quitter les bureaux à 16h. À signaler que lors de cette marche, les manifestants ont longuement évoqué leurs revendications consistant à officialiser la langue amazigh.
M. Laouer

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Bouira
Des centaines de personnes célèrent l’événement
Une marche pacifique de centaines de personnes, dont des étudiants de l’université Akli-Mohand- Oulhadj, a été organisée, hier, dans  la ville de Bouira, en signe de célébration du 34e anniversaire du "Printemps berbère".          
La marche, qui s'est déroulée en présence d’un important dispositif  sécuritaire, s’est ébranlée du siège de l’université vers l’esplanade de la  maison de la Culture Ali-Zaâmoum, où les marcheurs ont improvisé une prise de parole dans laquelle ils ont tenu, notamment, à exprimer leur "non-appartenance à tout mouvement politique" et à insister sur le "caractère pacifique" de leur marche. "Notre marche se veut une action pacifique visant à interpeller les pouvoirs publics sur la valorisation et l'officialisation de la langue amazigh", a notamment souligné un orateur.         
Une minute de silence a été par ailleurs observée à la mémoire des militants de la cause amazigh et des martyrs de la Révolution du 1er Novembre 1954,  avant que les marcheurs ne se dispersent dans le calme, quelques minutes plus tard. Plusieurs dizaines de militants et sympathisants du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK-non agréé), ont organisé également une marche pacifique sur le même itinéraire, qui s'est terminée dans le calme par un sit-in devant le siège de la wilaya.

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Reprise des échauffourées
Les échauffourées, survenues hier matin à  Tizi Ouzou, entre jeunes et forces de l’ordre, suite à l’empêchement par la  police d’une marche pour la célébration du 34e anniversaire du Printemps  berbère, ont repris vers 17 heures, après une brève accalmie, a constaté l’APS.
Les affrontements auparavant, essentiellement localisés au niveau de l’espace mitoyen au campus universitaire Hasnaoaua I et la placette du stade du 1er-Novembre, se sont étendus à la place des Tours et à la rue Krim-Belkacem de la Nouvelle-Ville, où les forces de l’ordre usaient de bombes lacrymogènes pour disperser les jeunes manifestants qui les harcelaient. Les échauffourées ont éclaté dans la matinée suite à l’empêchement, par les forces de l’ordre, d’une marche non autorisée du Mouvement culturel  berbère (MCB) pour la célébration du 34e anniversaire du Printemps berbère,  à laquelle se sont associés des militants du mouvement autoproclamé «Mouvement  pour l’autonomie de la Kabyle» (MAK-non agréé).

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