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Election présidentielle du 17 avril : Portraits des 6 candidats

L’heure est venue pour les électeurs d’accomplir leur devoir de vote, et choisir parmi les six candidats celui qu’ils estiment le plus apte à exercer la lourde charge de Président de la République.

PUBLIE LE : 17-04-2014 | 0:00
D.R

L’heure est venue pour les électeurs d’accomplir leur devoir de vote, et choisir parmi les six candidats celui qu’ils estiment le plus apte à exercer la lourde charge de Président de la République. La campagne électorale, très intense ces derniers jours et durant laquelle les six candidats, ou leurs représentants, ont sillonné le territoire national pour animer des rassemblements et meetings, aura permis aux électeurs de mieux connaître la personnalité des candidats, leur parcours professionnel, leur itinéraire depuis leur entrée dans la vie politique et leur rôle comme leader de parti, de même que le programme qu’ils comptent mettre en œuvre s’ils réussissent à gagner les suffrages des citoyens.
Ces derniers ont suivi avec intérêt la compétition serrée que se sont livrés les six candidats à la faveur de la couverture médiatique par les chaînes de télévision publiques et privées, la radio, la presse écrite ainsi que les moyens qu’offrent les nouvelles technologies de l’information (Internet). Au moment où tout un chacun est appelé à accomplir son devoir, le cœur palpitant et plein d’espoir pour l’avenir de la nation, il n’est pas inutile de revenir à grands traits sur la personnalité des six candidats qui ont promis de se mettre au service du pays et des citoyens.

Bouteflika, l’homme de la réconciliation
Militant de la cause nationale, Abdelaziz Bouteflika, qui brigue un quatrième mandat à la magistrature suprême du pays, est un homme rompu à la gestion des affaires de l’Etat, qui se présente à la présidentielle d’aujourd’hui avec l’objectif de préserver la stabilité du pays et de passer le flambeau à la jeune génération.
Né le 2 mars 1937, Abdelaziz Bouteflika milite très tôt pour la cause nationale. Il achève ses études secondaires quand il rejoint l’Armée de libération nationale (ALN) en 1956. Il est chargé d’une double mission de contrôleur général  de la Wilaya V en 1957 et 1958.  En 1960, le commandant Abdelaziz Bouteflika est affecté aux frontières sud du pays pour commander le « front du Mali » dont la création entrait dans  le cadre des mesures visant à faire échec à l’entreprise de division du pays par la puissance coloniale, ce qui lui vaudra le nom de guerre de   « Si Abdelkader El Mali ». En 1962, il est député à l’Assemblée constituante et à 25 ans, il devient ministre de la Jeunesse, des Sports et du Tourisme, du premier gouvernement  de l’Algérie indépendante. Il est également membre de l’Assemblée législative  en 1963, avant d’être nommé, la même année, ministre des Affaires étrangères.
En 1964, Bouteflika est élu par le congrès du Front de libération nationale en qualité de membre de Comité central et membre du bureau politique. Reconduit dans les fonctions de ministre des Affaires étrangères, il anime jusqu’en 1979, une action diplomatique qui vaudra à l’Algérie un prestige, un rayonnement et une influence sur la scène internationale et un interlocuteur recherché des grandes puissances.
Diplomate chevronné et reconnu, Bouteflika impulsera, pendant plus d’une décennie, la politique étrangère qui mène aux grands succès de la diplomatie  algérienne.
Elu à l’unanimité président de la 29e session de l’Assemblée générale des Nations unies en 1974, Bouteflika obtient la mise au ban, par la communauté internationale, du régime sud-africain pour sa politique de l’apartheid et fait  admettre, malgré les oppositions, le leader de l’Organisation de libération de la Palestine, le défunt Yasser Arafat, qui prononcera un discours devant l’Assemblée  générale.
A la mort du président Houari Boumediène, en 1978, il est contraint à un exil. De retour en Algérie en janvier 1987, il sera signataire de la « motion des 18» consécutive aux événements d’octobre 1988.  Pressenti pour occuper les fonctions de ministre-conseiller du Haut Comité d’Etat (HCE), instance présidentielle transitoire mise en place entre 1992 et 1994, puis de représentant permanent auprès de l’ONU, Bouteflika décline ces propositions, comme il ne donnera pas suite, en 1994, aux sollicitations dont il est l’objet en vue de son accession aux fonctions de Chef de l’Etat  dans le cadre des modalités et des mécanismes de la transition.
En décembre l998, il fait part de sa décision de se présenter, en tant que candidat indépendant à l’élection présidentielle anticipée d’avril 1999. Il est élu Président de la République le 15 avril 1999. Dès sa prise de fonctions, Bouteflika réaffirme sa détermination à rétablir la paix et la stabilité dans le pays. Il engage le processus de concorde civile, consacré, le 16 septembre 1999, par un référendum qui recueille plus de 98%  de suffrages favorables. Le rétablissement progressif de la sécurité lui permet d’entamer un  vaste programme de refondation de l’Etat, à travers une série de réformes qui ont touché plusieurs secteurs et domaines.
Le 8 avril 2004, il est réélu avec près de 85% des voix et dès l’entame de son second mandat, il initie un programme de consolidation et de soutien au développement, doté d’une enveloppe de 60 milliards de dollars, ainsi que deux programmes dédiés au Sud et aux Hauts Plateaux.
En septembre 2005, et conformément à sa promesse électorale, Bouteflika organise un référendum sur la réconciliation nationale, plébiscitée par 80% des Algériens.
Fin 2008, il procède à une révision partielle et limitée de la Constitution et le 12 février 2009, il annonce sa décision de se présenter à l’élection présidentielle comme candidat indépendant. Il est réélu pour un troisième mandat consécutif avec un taux de 90,24% des suffrages exprimés. Ce troisième mandat a été marqué notamment par le lancement d’une série de réformes politiques qui ont permis l’entrée au gouvernement de partis de l’opposition, l’agrément de nombreuses formations politiques, ainsi que l’ouverture de l’audiovisuel.
En avril 2013, Abdelaziz Bouteflika a été victime d’un accident ischémique transitoire. Après les soins qui lui ont été prodigués avec succès, il a entamé une période de convalescence sur l’avis de ses médecins avant de reprendre ses activités à l’automne 2013.          
En sollicitant un 4e mandat, Bouteflika veut aller jusqu’au bout de ses réformes à travers la révision de la Constitution, en vue de bâtir une « nouvelle République » qui consolidera « de manière définitive » la démocratie et garantira  les droits et les libertés de tous les Algériens.

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Touati, un enfant de chahid qui plaide pour l’instauration d’un Etat de droit
Enfant de chahid se réclamant de la famille révolutionnaire, Moussa Touati, qui préside le Front national algérien (FNA), se porte candidat à la présidence de la République pour la 2e fois consécutive, avec l’ambition d’instaurer un Etat de droit. A 61 ans, Touati ambitionne d’accéder à la magistrature suprême du pays pour, a-t-il dit, instaurer un Etat de droit où la démocratie et la justice sociale seront garanties.
Cet enfant de Beni Slimane (wilaya de Médéa), ayant perdu son père tombé en martyr en 1958, se réfère dans ses idées et son programme à la Déclaration du 1er Novembre 1954 qu’il considère comme un «repère pour toutes entreprises et actions» en Algérie, pays des chouhada, pour reprendre son expression.
Père de trois enfants, Moussa Touati qui est le quatrième des sept enfants que compte la famille, ne cesse jamais d’appeler dans ses discours et interventions au respect du serment des chouhada. Touati, qui a connu une enfance très difficile après avoir perdu son père, est connu pour sa ténacité et sa persévérance dans l’effort, ce qui lui  a permis de se consacrer à ses études qu’il considère comme « meilleur  bagage ». Après les études secondaires, il avait rejoint l’Armée nationale populaire (ANP) et a fait partie des promotions envoyées par le président Houari Boumediène en Syrie et en Libye pour recevoir une formation spécialisée.
En 1978, il a intégré le corps des Douanes algériennes, avant de se lancer dans la politique en 1988, quand il a participé activement à la  création de l’Organisation nationale des enfants de chouhada (ONEC). M. Touati a assuré la présidence de cette association durant trois ans avant de créer la Coordination nationale des enfants de chouhada (CNEC). En juin 1998, il lance le Front national algérien (FNA) lors d’un congrès consécutif et obtient l’agrément du parti en septembre 1999 pour en assurer la présidence jusqu’à aujourd’hui. Le parti s’est vite fait connaître en participant aux élections législatives et locales de 2002 réalisant, en un temps record, des résultats importants,  avec l’obtention de huit sièges au Parlement et plus de 600 élus au niveau des APC et APW.
Lors de la précédente élection présidentielle (2009), le FNA s’est positionné à la 3e place, ce qui a permis à son président Moussa Touati d’en sortir grandi.
Aujourd’hui, à la veille de l’élection présidentielle et du fait de l’enjeu qu’elle présente, Touati a lancé un appel à tous les Algériens et à la classe politique pour mettre l’Algérie au-dessus des intérêts personnels et partisans pour rester fidèles au serment des chouhada.

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Abdelaziz Belaïd, l’homme qui incarne le changement
Abdelaziz Belaïd, le plus jeune des candidats à l’élection présidentielle du 17 avril, est un homme qui considère que le moment est venu  pour la génération de l’indépendance de prendre le flambeau afin d’amorcer le changement en Algérie. Docteur en médecine et titulaire d’une licence en droit, le président du Front El Moustakbal, un parti politique qu’il a fondé en 2012, aspire, à 51 ans, à prendre les rênes du pays en se portant candidat, pour la première  fois, à la magistrature suprême du pays. Très sûr de lui, cet homme, qui est entré en politique très jeune, ne rate aucune occasion pour affirmer que les jeunes sont tout à fait prêts pour  prendre le pouvoir afin d’entamer le processus de changement tant souhaité par l’ensemble des Algériens. Ce père de 5 enfants, né à Batna et fils d’une grande famille de moudjahidine, se dit animé d’une grande foi, d’un profond amour et d’un grand dévouement envers le pays qu’il compte booster pour relever le défi morale, politique et économique auxquels il est confronté. « Comme tout père algérien, je suis très soucieux de l’épanouissement de mes enfants et de leurs avenirs », ne cesse de répéter M. Belaïd, cet ancien louveteau, puis éclaireur des Scouts musulmans algériens, où il dit avoir beaucoup  appris auprès de ses chefs scouts à servir son prochain et son pays. Pour cet homme qui n’a d’ailleurs jamais cessé d’activer dans  des associations caritatives, culturelles ou éducatives, affirme que l’Algérie n’a jamais autant besoin de faire sa mue et cela ne peut se concrétiser, estime-t-il, qu’en procédant à un changement radical dans tous les domaines. Souriant en toute circonstance, Abdelaziz Belaïd, rêve d’une Algérie « forte et prospère où règne la justice sociale et le respect des principes  d’équité et d’égalité », comme il aime à le répéter à chaque occasion.
M. Belaïd, qui vient de sillonner le pays en voiture dans le cadre de la campagne électorale, n’a manqué aucune occasion pour aller à la rencontre des citoyens écouter leurs doléances et préoccupations. Il a ainsi voulu «investir» son parcours de militant et scientifique, ses expériences dans les différents domaines de la vie ainsi que sa prise de  conscience des souffrances et des préoccupations des différentes franges de la société dans le but de «défendre l’Algérie». Membre d’associations d’étudiants et de jeunes, le plus jeune des candidats en lice pour la présidentielle a eu à présider les destinées de l’Union nationale de la jeunesse algérienne, entre 1999 et 2004, après en avoir été un secrétaire national.
Il a milité également au sein du plus vieux parti d’Algérie, le Front  de libération nationale, dès l’âge de 23 ans. Il a été élu à 2 reprises député  à l’Assemblée populaire nationale (APN) et eu à ce titre à gérer, à divers niveaux, différentes situations politiques du pays.

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Ali Benflis
Consacrer le projet
Le candidat indépendant Ali Benflis, qui tente pour la seconde fois de présider aux destinées de l'Algérie, préconise de consacrer une société des libertés à travers un ensemble de mesures et de dispositions pour lesquelles il a plaidé tout au long de la campagne électorale, sous le slogan "Ensemble pour une société des libertés". M. Ali Benflis, né le 8 septembre 1944 à Batna, marié et père de quatre enfants, a entamé sa carrière dans le secteur de la magistrature où il a eu à assumer plusieurs fonctions comme procureur de la République de Batna et procureur général près la cour de Constantine, en sus des responsabilités exercées au sein du ministère de la Justice. A partir de 1974, Ali Benflis quitte le corps de la magistrature pour rejoindre celui des avocats et neuf années plus tard, il sera élu bâtonnier de la région Est, et en 1987 bâtonnier de la région de Batna. Durant ce parcours, maître Benflis se distingue par son combat pour les libertés et la défense des droits de l’homme, en apportant sa contribution à plusieurs militants et en créant, en compagnie d’autres militants, la Ligue algérienne des droits de l’homme. L’année 1988 constitue un tournant dans sa carrière puisqu’elle est le début d’une ascension dans le circuit institutionnel notamment dans des hautes fonctions de l’Etat. Ainsi, il a été désigné en qualité de ministre de la Justice dans le gouvernement du défunt Kasdi Merbah, mission qu’il a assumée successivement dans les deux gouvernements suivants. Cependant, Ali Benflis rend le tablier en juillet 1991, et quitte le gouvernement. Avant d’être appelé à l’occasion de l’élection présidentielle de 1999, pour diriger la campagne électorale d’Abdelaziz Bouteflika, Ali Benflis a siégé à l'hémicycle Zirout Youcef, représentant le parti du Front de libération nationale (FLN), à la faveur des élections législatives pluralistes de 1997, ce qui lui permettra également d’être désigné par ses pairs, membre de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée populaire nationale. A l’issue du scrutin présidentiel de 1999, il fut successivement nommé secrétaire général puis directeur de cabinet à la présidence de la République. En août 2000, il devient chef du gouvernement et, enfin, secrétaire général du parti FLN en septembre. Cet amoureux des envolées lyriques de la diva de la chanson arabe Oum Keltoum, de la poésie universel et passionné d’histoire, a choisi de s’éclipser de la scène politique en 2004 et publique pour se consacrer à l’écriture. Deux ouvrages verront le jour sous sa signature, le premier consacré à son père et son frère enlevés puis torturés à mort en 1957 par l’armée coloniale et à neuf chouhada (martyrs) membres de sa famille, alors que son second ouvrage a été dédié à certains de ses enseignants "en signe de reconnaissance et de gratitude", comme il l'a répété lors de plusieurs de ses meetings de campagne électorale. Se revendiquant de l’école d’Ibn Badis, prônant une société des droits et ambitionnant de bénéficier de la faveur des électeurs, Ali Benflis dit s'abreuver du parcours militant des aînés pour "faire revivre la Déclaration de Novembre à travers son projet de renouveau national".

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Louisa Hanoune
La dame qui veut bâtir la deuxième République en Algérie
L’unique candidate femme à l’élection présidentielle d’aujourd’hui, Louisa Hanoune, qualifiée par ses sympathisants de « dame de  fer », a su séduire la population durant la campagne avec ses discours enflammés, mêlant un vocabulaire anti-impérialiste et des mises en garde à l’encontre des « revanchards » et des « aventuriers » voulant la déstabilisation du pays. La pasionaria a mené une campagne électorale « réussie », qui aurait pu se terminer en apothéose, n’était cette maudite journée du dimanche où son dernier meeting a été perturbé et chahuté à Ouargla par un groupe de jeunes, qui a fait irruption dans la salle, scandant des slogans hostiles à cette postulante  à la magistrature suprême.
Mais point déstabilisée, elle répliqua, droite dans ses bottes, que ce groupuscule de jeunes ne représentait « nullement la population de la région,  connue pour son hospitalité et son sens de l’accueil légendaire », qualifiant  leur geste de « provocation ». Pour elle, l’agissement de ce groupe de jeunes la confortait dans ses  propos selon lesquels l’Algérie « pourrait sombrer dans l’anarchie et le désordre »,  fruit « d’un complot machiavélique et savamment » préparé par des organisations voulant la déstabilisation du pays.
Mme Hanoune avait relevé, en outre, que cette campagne avait permis, encore une fois, de démontrer que la femme algérienne n’était pas « inférieure »,  et qu’au contraire, elle était dotée d’une capacité « d’endurance extraordinaire », pouvant relever tous les défis se présentant à la société.
Mme Hanoune, qui a fêté en ce mois d’avril récemment ses 60 ans, a commencé sa carrière professionnelle dans l’enseignement, puis dans le transport  aérien pour financer ses études universitaires. Elle a été élue trois fois députée  depuis l’instauration du pluralisme politique en 1989 en Algérie.
Issue d’une famille de paysans de la wilaya de Jijel, Mme Hanoune postule  pour la troisième fois consécutive à la haute fonction de l’Etat (2004, 2009,  2014) avec pour cheval de bataille l’instauration de la deuxième République  pour « redonner la parole au peuple ».
Mme Hanoune a en effet annoncé la couleur, en affichant clairement ses positions et son programme dès l’entame de la campagne de la présidentielle.
Sous le slogan « Audace pour l’instauration d’une deuxième République »,  elle prône une véritable « rupture » avec les « vestiges » du parti unique et du  « carcan » de ses institutions. Elle ambitionne également de « redonner la parole au peuple » à travers un « large et profond » débat sur tous les sujets, en vue d’impulser une « nouvelle dynamique » au développement du pays.
Femme aguerrie aux joutes politiques, aussi à l’aise en arabe qu’en français, Mme Hanoune a sillonné les quatre coins du pays avec une présence remarquable des citoyens et de ses supporteurs à ses meetings, en alternant entre  un discours « porteur d’espoir et d’espérance » au cas où elle serait élue présidente de la République et les mises en garde contre les « tenants de l’instabilité et du désordre » dans le pays.
La leader du PT avait ainsi appelé à une « véritable rupture avec le  système du parti unique » à travers l’instauration d’une « deuxième République », permettant la poursuite de la concrétisation des objectifs et des acquis du 1er Novembre 1954, soulignant que les institutions actuelles héritées du système  du parti unique (FLN) étaient « incapables » de répondre aux attentes et aux aspirations du peuple algérien.
« Nous sommes face à un choix historique (le jour du scrutin) à partir  duquel nous devons sortir grandement victorieux », a affirmé Mme Hanoune.
« Louisa, Louisa présidente », n’avaient cessé de réclamer ses supporteurs  tout au long de ses sorties sur le terrain durant la campagne des présidentielles,  à qui elle répondit qu’elle serait, au pire des cas, présente au deuxième tour.
« Il n’est pas encore né celui qui pourrait me faire taire. Je suis la voix des travailleurs, des femmes, des jeunes et des défavorisés », avait-elle clamé, répondant ainsi à ses détracteurs, qui veulent selon ses propos, la discréditer  auprès de l’opinion publique et la déstabiliser.
Jouant sur la fibre nationaliste, elle avait promis, de réconcilier les Algériens avec leur histoire, en tenant compte de ses aspects positifs et négatifs, à travers l’institutionnalisation des dates du 8 mai 1945, 5 octobre 1988 et la fête de Yennayer (qui correspond au 12 janvier) et en faire une journée chômée et payée. Cette réconciliation concerne également la mise en place d’un secrétariat  d’Etat chargé de la généralisation de la langue amazigh et sa promotion en une 2e langue officielle, pour qu’elle soit utilisée dans la recherche scientifique et les correspondances administratives, ajoutant qu’il s’agissait de réparer « une injustice historique ».
Femme au caractère parfois irascible, si elle venait à être interrompue dans ses interventions, elle finit tout de même par se ressaisir et montrer un sourire des grands jours pour réparer son impair envers son contradicteur indélicat pour être à la hauteur de sa charge de personnalité qui compte dans le paysage politique algérien.
Sobrement habillée, parée de bijoux, portant des lunettes et cheveux en chignon, Mme Hanoune a battu le record de longévité dans ses interventions durant ses meetings, allant jusqu’à 1h20, sans pour autant perdre le fil conducteur de son argumentation.

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Rebaïne
Le candidat qui appelle à passer le flambeau à l’opposition
Passer le flambeau à l’opposition et lui donner une  opportunité de gérer le pays vers un « avenir meilleur », est le principal objectif pour lequel se bat le candidat à la présidentielle Ali Faouzi Rebaïne, qui fait du « changement radical » son cheval de bataille.
 Pour concrétiser ses objectifs, le président du parti Ahd 54 se lance pour la troisième fois à la course présidentielle après celle de 1999 et 2004, même s’il n’a de cesse de crier à la «fraude» en faveur d’un «candidat du système».
A 59 ans, ce natif de Azazga (Tizi-Ouzou) et opticien de formation ne  compte pas arrêter son parcours de militant s’il venait à échouer au scrutin prévu aujourd’hui. Selon son entourage il ira même jusqu’à se représenter pour la quatrième fois à la magistrature suprême en 2019.
Cet enfant de chahid, qui se bat « tout au long de l’année » pour attirer plus d’attention à son projet de société pour une nouvelle Algérie, a de tout  temps appelé à une «alternative» au pouvoir pour mettre fin au système du parti unique.
Rebaïne aspire à une Algérie où la justice règne à condition que les représentants de la loi soient indépendants et où la démocratie soit l’un des  piliers principal pour ce changement «radical» qui permet à ces magistrats  de juger même le président de la République s’il venait à commettre des erreurs.
Cependant, la vie n’a pas été tendre avec ce militant connu par ses  pairs, pour son «entêtement» et son «attachement» à défendre par tous les moyens ses idées, puisque son combat lui aura valu de fréquenter à deux reprises la prison.
Il a été arrêté et emprisonné à Berrouaghia (Médéa) durant plus d’un  mois en 1984, pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » dans « l’affaire des Aurès »,  ensuite condamné le 5 juillet 1985 à 13 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat et constitution d’association illégale », avant d’être libéré le 26  avril 1987 (grâce présidentielle)». Cette situation n’a pas arrêté cette personnalité «engagée» qui tente de s’affirmer sur le plan politique et d’essayer de convaincre l’opinion publique de l’opportunité de son projet politique.
Rebaïne a hérité son militantisme de sa famille révolutionnaire et militante  des droits de l’homme, qui a été forgé pendant 4 ans à l’école des Cadets de la Révolution dans les années 1970.
Ce postulant à la magistrature suprême a longuement joué à l’époque le rôle de sauveur de la dignité des enfants et des veuves de chouhada. D’ailleurs, il a été membre fondateur de l’Association des fils et filles de chahid de la wilaya d’Alger en 1985, puis son président jusqu’à 1990.
Rebaïne a également été membre fondateur de la première ligue des droits de l’homme en juin 1985, puis membre fondateur du comité national contre la torture en octobre 1988.
Après un parcours dans les mouvements associatifs, le candidat à la  présidentielle a été en 1991, membre fondateur du parti AHD 54, dont il devient  le secrétaire général et est reconduit en tant que président du parti, en 1998. Il est réélu président de ce parti en avril 2002, poste qu’il occupe jusqu’à aujourd’hui.
de société des libertés

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