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M. Ali Bey Nassri, president de l’association des exportateurs algériens : « Une révision de la réglementation des changes s’impose »

« La situation doit changer », a affirmé hier M. Ali Bey Nassri, président de l’association des exportateurs algériens, en soulignant la nécessité de mettre en application l’ensemble des mesures retenues lors de la dernière tripartite ; des mesures qui doivent être accompagnés, souligne-t-il, « d’une vision claire et d’une politique affichée ».

PUBLIE LE : 15-04-2014 | 23:00
D.R

« La situation doit changer », a affirmé hier M. Ali Bey Nassri, président de l’association des exportateurs algériens, en soulignant la nécessité de mettre en application l’ensemble des mesures retenues lors de la dernière tripartite ; des mesures qui doivent être accompagnés, souligne-t-il,  « d’une vision claire et d’une politique affichée ».
Le président de l’Anexal qui s’exprimait, hier sur les ondes de la Chaîne 3 de la radio nationale, soutient que « même s’il existe une volonté pour booster les exportations hors hydrocarbures, il y a, cependant, un décalage entre les ambitions et les chiffres.» En fait, de l’avis de l’invité de la rédaction : « Nous n’avons pas beaucoup bougé dans le domaine de la promotion de l’exportation hors hydrocarbures et nous constatons que depuis une dizaine d’années, nous restons toujours sur le même chiffre. » A signaler dans ce contexte, les exportations sont chiffrés à 2 milliards dollars. Et du point de vue de M. Nassri, « les prévisions pour 2014 ne permettent pas d’être optimistes, malgré certaines mesures qui ont été prises.» Selon lui, cette situation doit changer, évoluer, avec notamment, la mise en application de notre stratégie à l’exportation. Il considère, d’autre part, qu’il y a « un statu quo » par rapport à 2013, en matière de promotion des exportations. « Nous attendons l’application des mesures retenues, notamment, l’installation du conseil national de la promotion des exportations », souligne-t-il.
Le président de l’Anexal insistera, par ailleurs, sur toute l’importance d’une vision d’intégration. Se voulant plus explicite, il met en avant l’impératif de définir quels sont, en fait, nos métiers mondiaux ; en d’autres termes, sur quels secteurs l’Algérie peut s’appuyer pour exporter?
Mettant l’accent sur la nécessité d’une vision stratégique et d’une  identification précise des différents secteurs d’activité disposant d’une réelle vocation  à l’exportation, M. Ali Bey Nasri s’est longuement attardé sur les immenses potentialités recelées par l’agriculture nationale.           « L’Algérie peut valoriser près de 50 millions d’hectares autour de  spéculations tournées vers l’agriculture (maraîchage, agrumes, oléiculture, dattes...) et atteindre, voire dépasser le niveau des exportations agricoles des pays voisins (entre 1 et 1,5 milliard de dollars)», a-t-il assuré. L’invité de la rédaction et tout en rappelant qu’il y a eu, déjà, des assises industrielles, a estimé « pour l’instant, on n’a pas avancé sur le terrain.»
Pour avancer, M. Nassri plaidera, particulièrement, pour une révision de la réglementation des changes. Il affirme qu’une révision de la réglementation des changes est  « impérieuse » pour aller vers une relance significative du volume des exportations hors hydrocarbures.
« La réglementation des changes en Algérie date du début des années 1990 où l’Algérie  connaissait de graves difficultés financières. Elle doit être réaménagée» a-t-il  déclaré, ajoutant « l’Algérie de 2014, n’est pas celle de 1991.»
Aussi, il soulignera le fait que les entreprises candidates à l’exportation ont besoin d’un environnement de facilitation.  « Nous avons besoin de formation, de volonté et d’un environnement facilitateur au niveau des exportations. Le marché étant dynamique, les entreprises ne vont pas vers l’export. Celles qui vont vers l’export ne trouvent pas un environnement facilitateur. Il y a beaucoup de handicaps et de freins à l’exportation, notamment au niveau de l’encadrement du commerce extérieur », a-t-il estimé. Selon lui, « la réglementation encadrant le régime douanier de l’admission temporaire et l’obligation de solliciter un accord préalable de la Banque d’Algérie constituent  d’autres entraves qui bloquent les démarches des exportateurs.»    
      Rappelant les 60 mesures en faveur de la relance des exportations hors hydrocarbures arrêtées lors de la réunion tripartite de septembre 2011, le président d’Anexal a signalé que « peu de dispositions » ont été effectivement concrétisées sur le terrain. Aussi, il émettra le souhait de voir l’installation, dans les plus brefs délais possibles, du conseil  national consultatif de la promotion de l’exportation. L’installation de cet organe permettrait de lever beaucoup d’écueils et de prendre les mesures de facilitation requises pour impulser le volume des exportations, met-il en relief.
Evoquant ensuite le faible niveau des échanges avec les pays africains, le président d’Anexal a regretté l’absence d’accompagnement des exportateurs par les banques nationales. « La présence des banques nationales sur le continent africain est une nécessité pour booster le volume de nos exportations dans ces régions », a-t-il déclaré.          
Pour ce qui concerne les exportations avec les pays voisins, M. Ali Bey Nasri a regretté que « des exportations  algériennes sont actuellement bloquées à l’entrée du territoire tunisien », a-t-il encore déploré.
Soraya Guemmouri

 

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