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Réunion du Comité monétaire et financier international du FMI (CMFI) : Laksaci appelle à soutenir davantage les pays arabes en transition

Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohammed Laksaci, a appelé à un soutien financier adéquat du FMI aux pays arabes en transition, et ce avec une plus grande «flexibilité» afin de tenir compte des contraintes liées à la transition.

PUBLIE LE : 14-04-2014 | 0:00
D.R

Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohammed Laksaci, a appelé à un soutien financier adéquat du FMI aux pays arabes en transition, et ce avec une plus grande «flexibilité» afin de tenir compte des contraintes liées à la transition.

M. Laksaci s’exprimait au nom du groupe des pays qu’il représente (Algérie, Afghanistan, Ghana, Iran, Maroc, Pakistan et Tunisie) à la réunion du Comité  monétaire et financier international du FMI (CMFI), dans le cadre de la réunion de printemps du FMI et de la Banque mondiale tenue du 11 au 13 avril dans la capitale fédérale américaine.
Tout d’abord, il a expliqué que la région MENA continuait à faire face  à des défis importants, «pour ancrer une croissance forte et inclusive, offrir des possibilités d’emploi pour une main-d’œuvre croissante, diversifier leurs  économies et renforcer leur résilience face aux chocs exogènes». Mais concernant les pays arabes en transition, M. Laksaci a rappelé que ces derniers faisaient face aux défis supplémentaires de rétablissement de la stabilité macro-économique, de soutien de la croissance et de création d’emplois, et de prise en charge des besoins sociaux urgents.
«Nous appelons le FMI à fournir un soutien financier adéquat à ces pays, avec une plus grande flexibilité, afin de tenir compte des contraintes liées à la transition», a-t-il alors préconisé devant les membres de l’organe exécutif  du Fonds. Il a également considéré que le FMI devrait jouer un plus grand rôle de catalyseur dans la mobilisation de ressources financières pour répondre aux besoins importants en matière d’investissements publics favorisant la croissance et de dépenses sociales. Quant aux autres pays de la région MENA, il a relevé la nécessité d’accélérer les efforts de diversification de la base de production, de réduire les déséquilibres macro-économiques et de mettre en œuvre des réformes structurelles ambitieuses afin de renforcer l’efficience et d’accroître la croissance.

Précarité de la situation économique mondiale       
Abordant la conjoncture économique et financière mondiale, M. Laksaci a avisé que malgré certaines améliorations, la situation globale demeurait encore «précaire» et restait «sujette à d’importants risques à la baisse et de fragilités qui nécessitent des actions».
Décrivant la situation actuelle dans les pays avancés et dans les pays en  développement, l’argentier algérien a avancé que l’agenda à venir comportait des défis et devrait continuer à donner la priorité, notamment au soutien de la croissance et à la création d’emplois, à davantage de réduction des vulnérabilités du secteur financier, à la mise en œuvre des plans de consolidation budgétaire afin de rendre soutenable la dette publique, mais tout en accordant une attention suffisante aux retombées négatives des politiques nationales sur d’autres pays.
Dans son intervention, M. Laksaci a, évidemment, abordé la question cruciale  de la réforme des quotas et de la gouvernance du FMI. À ce propos, et au nom du groupe qu’il représente au CMFI, il a exprimé sa «déception» que la date butoir pour l’entrée en vigueur de la réforme de 2010 des quotes-parts et de la gouvernance n’eut pas été respectée. Ces réformes, rappelle-t-on, devraient permettre de renforcer la capacité  du FMI à répondre aux besoins de ses pays membres, et de contribuer à rendre  sa gouvernance plus représentative du dynamisme de ces pays, dont les pays émergents et les pays en développement. C’est ainsi que M. Laksaci a exhorté les pays membres du FMI, qui n’ont pas encore ratifié l’amendement des statuts de ce dernier, à agir avec diligence  pour une ratification dans les meilleurs délais permettant l’entrée en vigueur de la réforme.
À rappeler que le CMFI, composé de 24 membres dont chacun représente généralement une région, a pour rôle d’examiner des questions relatives à l’économie mondiale et offre au FMI des conseils sur l’orientation de ses travaux, comme il examine aussi des propositions du conseil d’administration du FMI visant à modifier les statuts, et réagit à des événements qui risqueraient de perturber le système monétaire et financier international.

Les argentiers du monde prônent une économie mondiale plus génératrice d’emplois
Par ailleurs, le Comité monétaire et financier international du FMI (CMFI) a appelé à œuvrer à la création d’une économie mondiale plus  dynamique, soutenable, équilibrée et génératrice de nombreux emplois, ainsi qu’à la mise en œuvre rapide des réformes de gouvernance au sein du FMI. Ce sont parmi les principales recommandations faites par le CMFI.  Pour l’organe exécutif du FMI, il convient de lutter contre le chômage élevé, en particulier parmi les jeunes, et contre l’accentuation des inégalités  par la suppression des éléments structurels qui empêchent la croissance économique de profiter à tous. «Le maintien des dettes publiques à des niveaux soutenables, l’amélioration qualitative des dépenses publiques, le renforcement du potentiel de croissance et la protection contre les risques financiers dans le contexte d’une période  prolongée de politiques monétaires accommodantes sont autant de priorités pour tous les pays», a-t-il soutenu.
Il a, par ailleurs, exhorté à mettre en œuvre des plans concrets de rééquilibrage à moyen terme des finances publiques dans beaucoup de pays avancés. «Les pays émergents, dont la dette publique ou les besoins de financement sont élevés, devraient renforcer leurs finances publiques», a-t-il préconisé.  
Quant aux pays à faible revenu, ils devraient tirer parti de leur résilience actuelle pour reconstituer leur marge de manœuvre et préserver leur stabilité macroéconomique, tout en poursuivant la diversification de leur économie et  leur transformation structurelle afin de maintenir leur dynamique de croissance. Reconnaissant les problèmes auxquels les pays arabes en transition sont confrontés, le CMFI a encouragé ces pays à accélérer l’exécution de réformes  qui leur permettront de réaliser une croissance durable et riche en emplois.
Aussi, il a appelé le FMI à continuer de fournir des analyses et de  servir d’espace de dialogue, de concertation et de coopération, afin d’améliorer les perspectives de croissance mondiale et de réduire les risques. Sur un autre plan, le CMFI s’est dit «profondément déçu» du retard persistant dans les réformes des quotes-parts et de la gouvernance du FMI arrêtées en 2010. Soulignant que la mise en œuvre des réformes de 2010 reste une priorité absolue, il a alors engagé les États-Unis à ratifier ces réformes dès que possible. À ce sujet, il est à rappeler que le Congrès américain avait refusé, en mars dernier, d’adopter la mesure nécessaire qui devait permettre aux États-Unis, principal actionnaire du FMI, de ratifier les réformes relatives aux quotes-parts et à la gouvernance du Fonds.

Le CMFI veut plus d’engagements en Afrique
Le Comité de développement de la BM et du FMI a appelé ces deux institutions de Bretton Woods à continuer à renforcer leurs engagements en Afrique subsaharienne, notamment le Sahel et la région des Grands Lacs.
Ce Comité a demandé à faire en sorte que le soutien apporté par ces deux institutions financières mondiales, sous la forme d’aide  financière, de travaux d’analyse ou de renforcement des capacités, «serve à promouvoir des transformations structurelles voulues par les pays, à réduire l’extrême pauvreté, à stimuler la création d’emplois et à assurer une croissance économique plus solidaire et plus durable».
Dans ce sens, il a salué l’intensification de l’engagement de la BM en s’attaquant aux facteurs régionaux de fragilité et de conflit dans le cadre d’initiatives telles que celles lancées récemment au Sahel et dans la région des Grands Lacs. Il a également félicité la BM d’avoir contribué à combler le déficit d’infrastructures en Afrique subsaharienne, mobilisé de nouveaux investissements et financé des  projets de production et de distribution d’énergie durable.      Dans ce sillage, il l’a appelé à aider les pays africains à développer davantage la production agricole axée sur la nutrition, en apportant notamment une aide aux petits exploitants et aux coopératives, et à élargir le soutien à l’agriculture durable.
 

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