lundi 06 avril 2020 07:46:14

Recrudescence d’actes de violence à Ghardaïa : 2 morts et des dégâts matériels

Haut Conseil islamique : Appel à la sagesse

PUBLIE LE : 13-04-2014 | 0:00
D.R

700 locaux vandalisés depuis le mois de janvier.

Des actes de violence sans précédent et des échauffourées entre groupes de jeunes ont repris vendredi passé et se sont poursuivis toute la nuit  de vendredi à hier dans des quartiers de la vallée du M’zab (Ghardaïa), et se sont étendus à la localité de Berriane, a-t-on constaté sur place.          
Plusieurs quartiers des communes de Ghardaïa, Bounoura et Daya Ben Dahoua, situées dans la vallée du M’zab et celle de Berriane, ont été le théâtre d’actes  de violence, destruction, vandalisme, pillage suivis d'incendie, à l’issue  de ces échauffourées sporadiques entre groupes de jeunes.          
Plus d’une centaine de blessés ont été enregistrés depuis le renouvellement  des affrontements lundi dernier, a indiqué une source médicale à l’hôpital Tirichine  à Ghardaïa. Une cinquantaine de locaux à caractère commercial et d’habitation, quatre  parcs de matériels roulants, le siège de la station de l’Institut national de  protection des végétaux (INPV), une vingtaine de véhicules et une trentaine de palmeraies ont été pillés, saccagés avant d’être incendiés par des jeunes en furie à travers les quartiers de Ghardaïa, Bounoura et Daya Ben Dahoua.
Les scènes de commerces pillés, véhicules caillassés et incendiés  et habitations noircies par les flammes, effrayent et scandalisent les visiteurs et la population locale dans toutes ses composantes.        
Les actes de destruction des biens publics et privés semblent devenir un "défouloir" pour les jeunes, soutient un universitaire écœuré, avant d’ajouter  que "ces actes irresponsables ne doivent en aucun cas être tolérés".
Devant un important dispositif sécuritaire déployé, des centaines de jeunes cagoulés s’affrontent à l’aide de pierres, objets hétéroclites ou  cocktails Molotov dans plusieurs quartiers, fracassent des vitrines de magasins, commettent de nombreux actes de vandalisme et incendient des voitures, poussant les brigades anti émeute à faire usage de bombes lacrymogènes et de canon à eau pour disperser les émeutiers. La région de Ghardaïa a été depuis la fin de l’année écoulée le théâtre d’affrontements récurrents entre groupes de jeunes avec jets de cocktails Molotov et divers projectiles.
Ces violences, marquées par des périodes de répit, connaissent  une forte intensité. Plus de 700 locaux à caractère d’habitation et commercial ont été vandalisés,  pillés avant d’être incendiés, lors des échauffourées récurrentes qu’a connues  Ghardaïa depuis janvier dernier, selon la wilaya. Ces évènements ont fait depuis huit morts et plus d’une centaine de blessés et l’incendie de plus d’une cinquantaine de véhicules particuliers.
Plusieurs actions visant à rétablir définitivement le calme dans la  région par le dialogue et le rapprochement entre les belligérants ont été entreprises par de nombreuses personnalités politiques, religieuses (association de oulémas)  et sportives.

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L'auteur d'un meurtre à Berriane identifié et arrêté quelques heures après son forfait
Les éléments de la Sûreté nationale ont arrêté l'auteur d'un homicide perpétré vendredi à Berriane contre un jeune de 25 ans qui a succombé à ses blessures suite à un tir à arme  à feu, a indiqué hier un communiqué de la Direction générale de la Sûreté  nationale.          
"Les services de la sûreté de la wilaya de Ghardaïa se sont déplacés  à l'hôpital pour prendre les dépositions concernant les faits.  Les premiers éléments de l'enquête ont révélé que le défunt a été victime  d'un tir d'un fusil de chasse" a précisé le communiqué.           
«  Quelques heures après les faits, l'auteur du crime a été identifié  et arrêté. Les preuves pénales ont été mises sous scellés et l'arme du crime  saisie.          
Les mesures pénales ont été finalisées conformément au dossier  de procédure judiciaire en vertu duquel le mis en cause sera présenté devant  les juridictions compétentes" conclut le communiqué.

Une autre victime succombe
Un jeune homme, blessé dans des échauffourées sporadiques entre groupes de jeunes que connaît Ghardaïa, a succombé, hier matin, à l’hôpital Tirichine (Ghardaïa), a-t-on appris de source hospitalière. La victime, âgée de 32 ans et père de trois enfants, a  été lardée de coups à l’aide d’objets contondants, dans le quartier "Mermed'', avant de succomber à ses blessures, précise la même source. Plus d’une trentaine de blessés, dont quatre dans un état critique, ont été admis dans la matinée d’hier aux urgences de l’hôpital Tirichine, selon la même source.

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Le FFS appelle la population à faire preuve de « discernement et de vigilance »
Le Front des forces socialistes (FFS) a appelé, hier, les citoyens de la wilaya de Ghardaïa à faire preuve de "discernement et de vigilance" après la reprise des incidents dans cette région.
"Le FFS appelle la population de cette wilaya à faire preuve de discernement  et de vigilance devant les affrontements larvés qui continuent et dont on n'arrive  pas à comprendre les tenants et les aboutissements. Cette radicalisation ne profite qu'aux partisans du chaos", a indiqué le FFS dans un communiqué.
Des actes de violence et des échauffourées entre groupes de jeunes ont  repris vendredi et se sont poursuivis toute la nuit de vendredi à hier dans des quartiers de Ghardaïa, et se sont étendus à la localité de Berriane. "Deux compatriotes décédés, une dizaine de blessés et des palmiers incendiés (...) Le FFS présente ses condoléances et partage la peine de toutes les familles endeuillées", ajoute le communiqué. Plusieurs quartiers des communes de Ghardaïa, Bounoura et Daya Ben Dahoua, situées dans la vallée du M'zab et celle de Berriane, ont été le théâtre d'actes de violence, destruction, vandalisme et pillage suivi d'incendie, à l'issue de ces échauffourées entre groupes de jeunes.
Des centaines de jeunes encagoulés s'affrontent à l'aide de pierres, d'objets  hétéroclites ou de cocktails Molotov dans plusieurs quartiers.
La région de Ghardaïa a été depuis la fin de l'année écoulée le théâtre  d’affrontements récurrents entre groupes de jeunes.
Ces violences, marquées par des périodes de répit, connaissent, en ce moment, une forte intensité.
Le FFS a appelé "les autorités à déployer tous les moyens nécessaires  pour rétablir et normaliser la situation".

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Haut Conseil islamique
Appel  à la sagesse
Plusieurs démarches prônant  le bon sens et la raison ont été entreprises par de nombreuses personnalités politiques, religieuses et sportives en vue de rétablir le calme et la tranquillité dans la région.
Outre M. Abdelmalek Sellal, plusieurs membres du gouvernement, se sont rendus sur les lieux pour tenter une médiation entre les belligérants et éteindre les feux de la « fitna. »
En effet, sur instruction du Chef de l'Etat, Abdelaziz Bouteflika, Abdelmalek Sellal s’est rendu à Ghardaïa, à l’occasion de la célébration du Mawlid Ennabaoui, pour entreprendre des démarches afin de trouver les solutions appropriées auxquelles aspirent les citoyens pour restaurer la quiétude et la sérénité dans la région. Dans ce contexte, le Premier ministre a reçu le mois de janvier dernier, une délégation de citoyens représentant les communautés ibadite et malékite de Ghardaïa, au cours de laquelle plusieurs décisions ont été prises afin de permettre le retour à la normale à Ghardaïa.
Dans le sillage de l’Association des savants musulmans algériens qui a dépêché une délégation à Ghardaïa, conduite par cheikh Mekerkeb, pour essayer de trouver une issue au conflit intercommunautaire, le Haut conseil islamique, dirigé par le Dr cheikh Bouamrane, a lancé un appel à l’ensemble des personnalités algériennes en vue de contribuer à l’effort national de sensibilisation des communautés mozabite et chaâmbie sur la nécessité de retourner aux vraies valeurs de notre civilisation,  bâtie sur les vertus de la choura et le règlement des conflits par le bon sens et la sagesse. A l'occasion de la tenue à Alger de sa 57e session, jeudi dernier, le Haut conseil islamique (HCI) a rendu public un communiqué dans lequel il réitère son appel à la population  de la wilaya de Ghardaïa en vue de faire prévaloir la raison et conjuguer les efforts pour le rétablissement de la sécurité et la stabilité.
Mourad A.

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A qui profite l'agitation ?
Un mort et plusieurs autres blessés dans de nouveaux heurts à Ghardaïa, ou, plus exactement, de nouvelles victimes dans cette tragédie qui ne veut pas dire son nom pour susciter la stupéfaction et la désolation, car ne reflétant nullement les traditions de solidarité et d'union et les valeurs ancestrales d'une population fortement attachée à son authenticité.
La cité de Moufdi Zakaria s'entredéchire en dépit des appels incessants au calme et à la sagesse, bafouant de facto les marques et les repères qui ont toujours guidé les différentes composantes de la société.
Et la question qui mérite d'être soulevée pour interpeller la conscience collective : à qui profite cette agitation souvent entretenue pour des desseins inavoués de division d'une nation pourtant une et indivisible ? Un jeu dangereux sans aucune règle de conduite  pratiqué par les uns et les autres dans la perspective de créer la fitna et souiller l'image de marque d'une région réputée pour sa foi, sa tolérance et son hospitalité... Les théologiens et notables de cet espace de rayonnement et d'histoire s'inscrivent en porte-à-faux avec de tels incidents regrettables et douloureux qui se sont installés dans la durée laissant des fractures et blessures difficiles à panser.
L'enjeu pour l'élite est de  raffermir les liens pour pouvoir faire face aux exigences du développement et de promotion de la région et de parachever la reconstruction et la réhabilitation du tissu urbain après les dernières crues de l'oued M'zab qui irrigue au quotidien ces parcelles de terres cultivables et ces palmiers donnant à cette région son caractère si attachant. Du coin le plus reculé du pays, de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud, chaque Algérien est à l'écoute des pulsations de cette région ressentant la douleur des scènes de violence, compatissant avec les familles des victimes et espérant la réconciliation de cette population avec elle-même.
 A. Bellaha
 

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