samedi 21 octobre 2017 20:20:21

«Al Dhakhira Al Arabiya» est un projet ouvert sur l’avenir

Le président de l’Académie algérienne de la langue arabe, le Pr Hadj Salah, invité d’El Moudjahid, sur le thème de l’internet en langue arabe

PUBLIE LE : 23-11-2010 | 21:10
D.R

Le professeur Hadj Salah président de l’Académie algérienne de la langue arabe et également président du Haut comité du projet «Al Dhakhira al Arabiya» (traduit par Trésor ou base de données culturelles et scientifiques), a été hier l’invité d’ El Moudjahid, dans le cadre d’une conférence-débat. Celle-ci portait sur la nature du projet qui concerne l’implantation de la langue arabe dans l’internet.

Une initiative de la Ligue arabe

Le projet est une initiative de la Ligue arabe. C’est  en septembre 2004, note le professeur Hadj  Salah que le projet a été adopté à l’unanimité par le Conseil ministériel de la Ligue arabe. Un projet d’organigramme et de règlement intérieur a été alors soumis à la Ligue, fondé sur le principe de la participation des institutions scientifiques et culturelles dans chaque pays sur la base d’une aide matérielle de l’Etat.

Haut comité et Comités nationaux

La gestion dans chaque pays revenait à une commission nationale du projet selon le président de l’Académie algérienne de la langue arabe dirigée par le responsable local du projet proposé par son pays et nommé par le secrétaire général de la Ligue arabe. Un haut comité du projet composé des représentants des Etats, eux-mêmes responsables du projet et dans leurs pays respectifs, assure la coordination, la planification  du projet. Trois commissions d’experts seront adjoints au haut comité. Un budget annuel est alloué par chaque pays à la commission nationale chargée du projet et un autre budget est alloué au haut comité chargé du projet dans le cadre de la Ligue arabe.

18 pays candidats

Dix-huit pays arabes ont proposé leur candidature. Les candidats retenus par la Ligue arabe ont tenu leur première réunion à Alger les 14 et 15 juin 2006. Une première étape considérée comme constitutive s’étendra sur cinq années et a démarré en 2007.
Pour le Pr Hadj Salah, le projet restera ouvert sur l’avenir. Il fera l’objet d’un enrichissement constant. Les institutions participantes auront à effectuer la saisie de leur quota concernant le patrimoine arabe et une partie de leur propre production et pour l’édition critique des manuscrits anciens et leur numérisation la réalisation de vocabulaires fondamentaux sur la base d’enquêtes, enfin la saisie d’ouvrages scientifiques ou encyclopédiques. Selon le Pr Hadj Salah, d’autres tâche pourraient être proposées. Les commissions nationales se réunissent une fois tous les six mois pour faire le point,  évaluer les travaux accomplis et proposer des solutions aux problèmes rencontrés. Le haut comité se réunit pour sa part une fois par an pour rendre compte des travaux accomplis et des problèmes et dysfonctionnements  d’ordre général rencontrés.
Dans l’esprit du président de l’Académie algérienne de la langue arabe, il appartient à chaque institution et à chaque commission nationale de trouver des solutions aux difficultés rencontrées et d’en faire part au moment opportun au niveau supérieur. Il en est de même de l’organisation des travaux effectués à l’intérieur de chaque institutions et entre ces mêmes institutions dans chaque pays.

Une base de données automatisée

Le projet devrait constituer une base de données automatisée et interactive de données textuelles anciennes et modernes en langue arabe couvrant le patrimoine culturel arabe, la production scientifique et culturelle de haut niveau, actuelle et à venir provenant d’auteurs arabes et autres (traduits en arabe, accompagné de l’original), une base de données pédagogiques et culturelles couvrant tous les niveaux ainsi qu’un vaste échantillon de textes en langue arabe concernant la vie quotidienne (provenant des médias notamment).

Une source inépuisable d’informations scientifiques et techniques

Cette banque sera accessible sur le réseau internet. Elle aura pour but essentiel de servir de base comme corpus linguistique à l’élaboration de nombreux dictionnaires et en particulier le «dictionnaire général de la langue arabe» qui sera rédigé par des spécialistes de lexicographie arabe.
Le but est également de constituer une source d’informations scientifiques, technologiques, littéraires, linguistiques, sociales et culturelles en général pour toutes sortes de demandeurs d’informations.

Un outil éducatif

Cette banque automatisée, note le Pr Hadj Salah pourra également servir d’outil éducatif pour l’apprentissage des langues de grande diffusion, de l’arabe entre autres et pour l’acquisition de certaines compétences dans un certain nombre de domaines. Les avantages d’une banque textuelle numérisée sont définis par le président de l’Académie algérienne de langue arabe. Ils sont nombreux au point de vue linguistique et lexicographique en particulier tous les dictionnaires actuels concernant la langue arabe et élaborés dans les pays arabes se basent essentiellement sur les anciens  dictionnaires. La particularité essentielle de cet acquis est qu’il concerne, affirme le Pr Hadj Salah, la langue réellement utilisée depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours.
Toujours selon l’orateur, à l’ère de l’ordinateur on ne peut imaginer qu’on continue de travailler sur un lexique pendant des années sans un dépouillement systématique de la réalité et sans qu’on fasse appel à l’automatisation des données qui atteignent des milliards d’unités. N’importe quel chercheur ou enseignant dans le monde aura à sa disposition toutes les données qui l’intéressent et pourra obtenir les termes adéquats sur le champ  dans une liste exhaustive se rapportant au domaine conceptuel qu’il aura choisi.
Il pourra en outre, disposer de tous les contextes dans lesquels est apparu le vocable qui l’intéresse d’où la possibilité qui lui est donnée de cerner très exactement le sens visé par l’auteur et non pas seulement le sens lexical de base. Il lui est alors possible d’effectuer une analyse de l’usage de l’arabe dans une région particulière à une époque donnée, obtenir une analyse systématique de l’usage ancien ou moderne des termes techniques dans une discipline donnée.
Enfin et surtout réaliser des index ou concordances ce qui rendra possible l’analyse de l’évolution du sens des mots à travers le temps et la datation de leur apparition comme néologiques et leur éventuelle disparition. Au total, l’internet en langue arabe tel que conçu à travers le projet “Al Dhakhira Al Arabiya”, devrait constituer une source d’informations scientifiques et autres devenant incontournables selon le Pr Hadj Salah. Il rend disponible, ajoute-t-il, toutes sortes d’informations eu égard à une multitude de demandeurs d’informations.
Cela peut concerner, note l’orateur, l’écolier ou le collégien (ce qui peut compléter ou corriger un enseignement scolaire déficient et inefficace), l’étudiant et les enseignants de tous niveaux, les chercheurs de haut niveau par la mise à leur disposition d’informations scientifiques les plus récentes en arabe avec l’original anglais ou français s’ils le souhaitent.

Renforcer l’apprentissage des langues

L’internet en langue arabe pourra aussi accélérer et  renforcer l’apprentissage d’un certain nombre de compétences en particulier dans la pratique de l’arabe ou d’autres langues. Pour le Pr Hadj Salah, il  est important que l’information soit disponible. Pour y arriver, il faut entreprendre un grand travail, dit-il, 18 pays ne suffisent pas. Il faut donc un plus grand engagement au niveau de nos nations. Ce qui est important, relève l’orateur pour mener à bien une telle entreprise, c’est la coordination à l’échelle arabe.

La traduction est capitale

La traduction est capitale. Le Pr Hadj Salah insiste à dire que la formation de traducteurs est, dans cet esprit, une nécessité impérieuse dans tous les pays arabes.  Les universités existantes doivent avoir un service de traduction. Depuis plusieurs années, le Pr Hadj Salah affirme qu’il plaide pour la formation de traducteurs qui devraient exister par milliers. C’est un grand problème qui reste à résoudre, note l’orateur. Volonté politique et coordination doivent aller de paire dans la conduite du projet pour le voir aboutir, relève l’orateur.
T. M. A.

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions