dimanche 16 fvrier 2020 21:56:18

L’Algérie félicitée pour son engagement dans l’éradication des mines

La journée internationale de la sensibilisation au problème des mines célébrée au Forum de la Mémoire d’El Moudjahid

PUBLIE LE : 02-04-2014 | 0:00
Photos : Billal

Dans le cadre de la commémoration de la Journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de l’assistance à la lutte anti-mines, le 4 avril de chaque année, le Forum de la mémoire d’El Moudjahid, initié en coordination avec l’association Machaâl Echahid, a organisé, hier, une conférence en hommage aux chouhada et aux victimes des résidus du colonialisme. Une occasion pour annoncer, l’émission d’un timbre postal commémorant la journée et mettant en exergue les efforts de l’ANP dans cette œuvre humanitaire. 

Ont pris part à cette importante rencontre, des ambassadeurs de plusieurs pays arabes, la coordonatrice, représentante du système des Nations unies à Alger et représentante résidente du programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Mme  Cristina Amaral, la présidente du Croissant-Rouge algérien (CRA), Mme Saïda Benhabyles, un représentant du ministère de la Défense nationale, le secrétaire général du conseil consultatif de l’Union du Maghreb arabe (UMA) et le PDG d’Algérie Poste. Étaient également présents, des représentants du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et de l’Association nationale pour la défense des victimes des mines antipersonnel. Après la projection d’un film documentaire intitulé, la Fin des souffrances, un film réalisé par le département audiovisuel de l’ANP, Mme Christina Amaral a été invitée à prendre la parole. D’emblée,   elle qualifiera le film d’émouvant, et félicitera l’Algérie pour «sa volonté et son engagement pour l’éradication des mines antipersonnel». L’intervenante saluera, en particulier, l’ANP pour ses «énormes efforts» dans ce cadre, affirmant que l’ANP «a fait un travail magnifique pour changer la situation». Signalant le fait que les mines antipersonnel font 50 victimes annuellement, Mme Amaral évoquera la Convention d’Otwa et ses objectifs. Il y a lieu de rappeler, dans ce contexte, que la convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, de son nom complet Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction (aussi appelée Convention d’Ottawa ou Traité d’Ottawa), est un traité international de désarmement qui interdit l’acquisition, la production, le stockage et l’utilisation des mines antipersonnel. Cette convention est entrée en vigueur, le 1er mars 1999.
Abordant  les objectifs du traité, elle souligne que «la convention d’Otawa contribue également à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement, notamment les objectifs 7 et 8, qui garantissent à tous les individus, hommes, femmes et enfants, une vie décente et une évolution dans un environnement sain, sécurisé et durable». Elle rappelle que «le PNUD a apporté son appui à l’Algérie  dans le cadre d’un projet». Il s’agit en fait d’un programme d’appui à la formulation et à la mise en œuvre d’un plan national d’action contre les mines antipersonnel. «C’est aussi un programme d’appui aux autorités nationales en matière d’éducation et de sensibilisation, des enfants, en particulier, aux risques des mines».

« Des armes sans soldats »
Pour M. Djouadi, président de l’Association nationale des victimes des mines antipersonnel,  et dans un poignant témoignage, s’est remémoré,  devant une assistance venue nombreuse, des moments douloureux, des moments, malheureusement, gravés à jamais dans la douleur. Et pour cause, il n’avait dépassé les 15 ans, lorsqu’il a été victime de l’explosion d’une mine. Un engin qui fauchera la vie de son ami intime et qui en blessera grièvement deux autres personnes.  Lors de leur explosion, les mines, que M. Djouadi qualifie d’armes sans soldats, ravagent toute vie : êtres humains (femmes et hommes qu’ils soient jeunes ou vieux), mais également les arbres fruitiers ou non, les eaux souterraines, etc. Il faut rappeler que c’est dans les années 1957 à 1959 que les lignes Challe et Morice ont été érigées. Et c’est en 1957 que l’armée coloniale française a entamé la pose de lignes électrifiées le long des frontières algériennes est et ouest. Plus de 10 millions de mines antipersonnel y avaient alors été implantées. Au recouvrement de l’indépendance, les mines enfouies sous nos terres, le long de nos frontières, ont continué à semer la mort et à endeuiller des familles algériennes. L’ANP a été chargée de mener des opérations de déminage, une tâche qui s’est effectuée en deux étapes. Durant la première étape, de 1963 à 1988, 50.000 ha de terres ont été dépollués. La 2e étape a débuté en 2004, et continue à ce jour à nos frontières est et ouest.

Mme Benhabyles plaide pour la création d’un fonds international de solidarité
Intervenant pour sa part, MmeSaïda Benhabyles, présidente du CRA, a  plaidé et a lancé un appel, en tant que militante humanitaire, pour la création d’un fonds au profit des victimes des mines antipersonnel.
«J’interpelle les Nations unies pour la création d’un fonds international de solidarité qui sera particulièrement alimenté par les grandes puissances, anciennes colonisatrices, qui ont suffisamment de moyens ; et ce serait la meilleure expression de solidarité et de justice», dit-elle.
 À la faveur de cette rencontre, le PDG d’Algérie Poste, Mohamed Laïd Mahloul, a annoncé l’émission d’un nouveau timbre, en cette occasion. Sa mise en vente s’effectuera, aujourd’hui, 2 avril, au niveau des chefs-lieux de wilaya.
Soraya Guemmouri

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Lynda Bouali, responsable communication au CICR :
« Les victimes ont besoin d’un avenir meilleur »
«Nous félicitons l’Algérie d’avoir atteint ce niveau de mise en œuvre des traités pour le déminage, et nous l’encourageons à continuer dans cette voie. Et d’ici 2017, on verra le résultat final. Nous voyons cette mise en œuvre, aujourd’hui, qui concerne non seulement la prise en charge des victimes. Et cela, on le voit, également, à travers un programme de sensibilisation très important qui a été mis en place. Il y a aussi, la partie économique : les victimes ont besoin aujourd’hui d’un avenir meilleur, donc d’un travail pour pouvoir assurer leur avenir.»
Propos recueillis par Soraya G.

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907.382 mines neutralisées
Le nouveau bilan général des mines, de provenances diverses, neutralisées, s’élève à 907.382. Les 42 procès-verbaux de nettoyage des terres, totalisant 7.570.422 ha, ont été remis aux autorités locales. Les unités militaire en charge de l’exécution du programme de nettoyage sont, en ce moment, déployés dans les communes de Marsa Ben M’hidi (wilaya de Tlemcen), Tiout (Naâma), Aïn El-Karma (El-Tarf), Morsott (Tébessa) et Taoura (Souk Ahras).        
S. G.

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