Les complications du diabète sucre : Le médecin généraliste en première ligne

Pompes à insuline : Appel à la généralisation pour les nourrissons et les enfants diabétiques
PUBLIE LE : 30-03-2014 | 0:00

Le diabète sucré est une maladie mondiale qui peut entraîner plusieurs complications dont la dyslipidémie et la douleur neuro-pathique périphérique.
Malheureusement, une grande proportion de ces complications demeure non diagnostiquée et non traitée chez les patients diabétiques. Afin  de diagnostiquer ces complications, d’éminents professeurs ont insisté, hier à Alger, lors du 6e sommet sur le diabète, sur le rôle des médecins généralistes dans la prise en charge des malades.   
Dans ce cadre, le professeur agrégé en endocrinologie-diabétologie du CHU d’Oran, Mohamed El Amine Amani, a déclaré que « la prévalence varie entre 6.5% et 16.1% pour le diabète sucré, 18% à 75% pour les formes méconnues, 8.1% à 37.5% pour la rétinopathie diabétique et 13.1% à 25.2% pour la néphropathie diabétique. Dans la région MENA, les décès attribuables au diabète sucré représentent plus de 10% des décès toutes causes confondues. Les dépenses de santé pour le diabète sucré sont de l’ordre de 13.64 milliards de dollars US. »
Dans ce sens, il a estimé que les mesures de prévention, l’éducation thérapeutique et la formation continue du personnel soignant semblent plus que nécessaires.
 De son côté, le professeur Michel Krempf, chef du service d’endocrinologie, maladies métaboliques et nutrition au CHU de Nantes a indiqué que « les patients diabétiques sont à haut risque cardiovasculaire. Ils sont considérés comme ayant un équivalent de risque de patients coronariens non diabétiques. Certes, cette donnée peut être nuancée, mais dans les faits une stratégie très active doit être mise en place afin de prévenir les événements cardiovasculaires des patients diabétiques de type 2 ou de type 1. »     
Le professeur Paul Valensi qui dirige le service d’endocrinologie-diabétologie-nutrition de l’hôpital Jean Verdier à Bondy a, quant à lui, expliqué que « la neuropathie est la complication la plus fréquente du diabète,sa prévention repose sur l’amélioration du contrôle glycémique et des facteurs de risque associés. »
Cette importante rencontre qui a réuni près de 250 médecins, diabétologues, endocrinologues et généralistes vise à mieux communiquer sur les faces cachées du diabète.
Il s’agit de mieux sensibiliser les professionnels de  santé sur le fait de traiter,au-delà du diabète, les maladies liées à cette pathologie comme la dyslipidémie, ou encore les douleurs neuropathiques et l’hypertension artérielle qui peuvent elles aussi avoir un impact grave sur la santé du diabétique et sa qualité de vie.
Aujourd’hui, plus de 382 millions de patients dans le monde souffrent de diabète, dont 35 millions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : 1 adulte sur 10 est diabétique et les personnes diabétiques présentent un risque accru de développer de graves complications de santé.Entre ,60 à 70 % des personnes souffrant de diabète présentent une lésion nerveuse d’origine diabétique. Tous ces patients doivent faire l’objet d’un dépistage de la douleur neuropathique diabétique  dans le cadre du diagnostic d’un diabète de type 2. Les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès prématuré chez les personnes souffrant de diabète. Selon les données connues, chaque patient diabétique de plus de 40 ans présentant 1 ou plusieurs facteurs de risque de maladies cardiovasculaires doit suivre un traitement par statines. Les personnes souffrant de diabète doivent donc faire l’objet de contrôles réguliers afin que toute complication soit détectée.   
Wassila Benhamed

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Pompes à insuline
Appel à la généralisation pour les nourrissons et les enfants diabétiques
Des diabétologues ont appelé, hier à Alger, à la généralisation et au remboursement des pompes à insuline pour les nourrissons et certains enfants diabétiques, pour un meilleur équilibre glycémique. « La pompe à insuline a l’avantage, contrairement aux injections d’insuline, de diffuser en continu de l’insuline et d’équilibrer la glycémie chez les nourrissons et les enfants.
Ces pompes à insuline devraient être généralisées et remboursées par la sécurité sociale», a plaidé le Pr Farida Lacete, chef d’unité de diabétologie-pédiatrie, au CHU Nafissa Hamoud, lors d’une journée de formation pour les malades et leurs parents. Cette pompe à insuline est destinée aux nourrissons et à certains enfants diabétiques (diabète de type I) et femmes enceintes présentant des glycémies instables, après un avis médical. Le diabète de type I est une maladie auto-immune due à la destruction d’une certaine catégorie de cellules pancréatiques, chargées de la synthèse de l’insuline. Ce type de diabète représente 10 à 15 % des diabètes et affecte le plus souvent le sujet non obèse avant l’âge de 30 ans.
Les personnes atteintes du diabète de type I ne synthétisent pas l’insuline et présentent de dérèglements glycémiques. Le Pr Lacete, qui est aussi présidente de la ligue algérienne des jeunes diabétiques, a expliqué que les nourrissons et les enfants porteurs d’une pompe à insuline ne sont plus obligés de faire des injections d’insuline, quatre à cinq fois par jours, pour équilibrer leur glycémie.
La pompe à insuline est un dispositif médical composé d’une pompe, d’un patch et de canaux qui diffusent en continu de l’insuline, réglable à l’aide d’une télécommande, en fonction de la nature et de la quantité des aliments consommés. Au sujet de l’équilibre alimentaire, le diététicien Karim Messous a indiqué que des séances de formation sur la diététique et la nutrition sont organisées régulièrement, pour inculquer aux enfants une bonne hygiène alimentaire. «Avec la pompe à insuline les enfants diabétiques ont plus de liberté en matière d’alimentation et peuvent consommer tout types d’aliments, à condition de régler la pompe à insuline au préalable», a précisé le diététicien. Les enfants peuvent également faire de l’exercice physique et des activités sportives, sans pour autant faire une injection d’insuline avant et après la séance de sport. Pour le Dr Tewfik Belaidi, formateur à la pompe à insuline au sein des laboratoires Roche, l’avantage de la pompe réside dans la prévention de gros déséquilibres et variabilités glycémiques chez les diabétiques.
Les diabétiques porteurs des pompes à insuline ont moins de contraintes que les enfants sous injection à insuline en matière d’organisation des repas, a souligné le Dr Belaidi, précisant que les enfants munis de ces pompes ne sont plus obligés de prendre leurs repas à des heures fixes. La pompe à insuline ramène une qualité de vie meilleure et un confort aux malades avec beaucoup moins de contraintes médicales, a ajouté le spécialiste.C’est un exercice de la médecine par le biais des télécommunications et des technologies qui permettent la prestation de soins de santé à distance et l’échange de l’information médicale s’y rapportant. Elle rassemble différentes disciplines à savoir, la télé-expertise (échange d’expériences), la téléconsultation (consultation à distance), la télésurveillance (suivi des malades à distance), la téléassistance (actes médicaux à distance) et la réponse médicale.
 


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