mardi 25 septembre 2018 17:03:16
D.R

Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a affirmé, hier, que l'Algérie est convaincue que la Ligue arabe demeure un instrument qui permet de renforcer la solidarité arabe, notamment en ce qui concerne la question palestinienne.    

Dans une déclaration à l'APS et à la Télévision nationale en marge des  travaux de la 25e session du sommet arabe qui se tient à Koweït, M. Lamamra a précisé que la rencontre de Koweït était importante vu les questions  inscrites à l'ordre du jour, soulignant que l'Algérie "est convaincue que la Ligue arabe est un instrument qui permet de renforcer la solidarité arabe, notamment en ce qui concerne la Palestine".            
Cette solidarité concerne, également, le peuple syrien, a-t-il ajouté  précisant qu'au delà de sa valeur humanitaire, elle impose une nouvelle approche de la part des Arabes pour trouver une solution à la crise syrienne.             
Selon M. Lamamra, cette nouvelle approche "impose aux pays arabes de prendre en charge ce problème en proposant des solutions pouvant concourir à la relance du processus de négociations sous la conduite de Lakhdar Brahimi". Le diplomate algérien considère qu'étant donné que tous les pays  membres de la Ligue arabe sont convaincus que l'option militaire ne peut être envisagée dans le règlement de cette crise, ces derniers sont tenus, a-t-il  soutenu, de réfléchir à une solution politique et de trouver un terrain d'entente permettant d'aller à la table des négociations co-parrainées par l'organisation  arabe et les Nations unies. S'agissant de la lutte contre le terrorisme, M. Lamamra a réaffirmé  que l'Algérie était pionnière en la matière, rappelant qu'elle a proposé et adopté le mécanisme arabe de lutte contre ce phénomène outre ses démarches au plan africain à travers l'adoption d'accords similaires et la création du centre africain de lutte contre le terrorisme.Le diplomate algérien a déploré à ce propos que les pays arabes  n'aient pas mis en place les moyens d'activer le mécanisme arabe de lutte antiterroriste, soulignant que les "développements en cours ainsi que certaines décisions prises au niveau arabe imposent de parvenir à un mécanisme supervisé par les ministères  arabes de l'Intérieur aux fins d'impulser l'action arabe commune dans la lutte contre le terrorisme".              
A une question sur l'importance du rôle de l'Algérie en matière de lutte antiterroriste, M. Lamamra a précisé qu'il s'agissait "d'un rôle de  référence pour nos frères arabes au plan de la consultation ou d'actions diplomatiques".              
Il a rappelé, à ce propos, l'expérience algérienne dans ce domaine  confortée par la clairvoyance des dirigeants algériens qui ont adopté "la  voie de la démocratie pluraliste ayant permis de passer de la spirale de violence à la réconciliation nationale et au pluralisme politique".               
Il a ajouté que cette expérience est devenue une référence pour les pays arabes outre celle du pluralisme politique, affirmant que les acquis  de l'Algérie en matière de démocratie "sont à même de contribuer à la  promotion d'une culture démocratique dans le Monde arabe".

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M. Bensalah reçoit Lakhdar Brahimi
 Le président du Conseil de la nation, Abdelkader  Bensalah, qui représente le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika,  à la 25e session ordinaire du sommet arabe a reçu, mardi passé à Koweït, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi.  La rencontre a eu lieu en marge de la séance de cloture du sommet  en présence du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra.            
Les deux parties ont évoqué la situation prévalant dans le Monde arabe, notamment la crise syrienne et les décisions issues du présent sommet.

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Crise syrienne :   Le sommet donne toutes ses chances au processus de négociation
Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a souligné, hier à Koweït, que la résolution adoptée par le 25e sommet arabe sur la participation future de l'opposition syrienne aux travaux de la Ligue arabe donnait "toutes ses chances" au processus de négociations  sous l'égide de l'ONU et la Ligue.  "La Ligue arabe vient de dépasser la question du siège de la Syrie et confirmer son soutien à la solution politique de la crise syrienne donnant ainsi  toutes ses chances au processus de négociations sous l'égide des Nations unies  et de la Ligue arabe", a déclaré M. Lamamra à l'APS après l'adoption consensuelle  par le sommet arabe de Koweït d'une résolution réglant de manière équilibrée la question de la participation future de l'opposition syrienne aux travaux  de la Ligue des Etats arabes à compter du mois de septembre prochain.
Le ministre a tenu, à l'issue des travaux du sommet du Koweït, à saluer, aussi, l'esprit de responsabilité des dirigeants arabes qui ont, a-t-il dit "œuvré à rapprocher les positions en prudence. M. Lamamra a ajouté que la décision prise par consensus constitue un "redressement approprié" de celle adoptée l'an dernier à Doha tant au point de vue politique que juridique. "Il ne s'agit plus en effet d'accorder le siège d'un Etat souverain à une coalition de groupes d'opposition, mais de permettre à cette dernière de participer aux travaux" de la Ligue, a-t-il tenu  à préciser.
"Il ne s'agit pas non plus, a encore indiqué le ministre d'une décision d'application immédiate, mais d'une perspective envisagée pour le mois de septembre  prochain, c'est à dire que les six prochains mois doivent être avantageusement mis à profit par les parties syriennes et tous les acteurs regionaux et internationaux  pour déveloper une approche nouvelle de nature à mettre fin à la tragédie syrienne".
Le chef de la diplomatie algérienne a ajouté que la décision "respecte la position de chaque pays arabe" sur la question de la reconnaissance des Etats.
 "Tout en maintenant ses réserves sur la décision de mars 2013, l’Algérie s'est associée au consensus sur la décision d'aujourd'hui qui donne une chance  réelle à la paix", a affirmé M. Lamamra précisant que cette décisison "peut  et doit aider la Ligue arabe a devenir véritablement l'une des locomotives du processus de paix et de reconciliation nationale en Syrie".

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Les participants unanimes :
Le terrorisme, une menace pour la sécurité et la stabilité de la région
Les participants au sommet arabe de Koweït ont mis l'accent, mardi passé, lors de la première journée des travaux, sur l'importance  de faire face au terrorisme qui constitue une menace pour la sécurité et la stabilité de la région. Dans une allocution lors de la session ordinaire du Conseil de la Ligue  arabe, le vice-président irakien, Khoudir Al Khizai, a estimé que la "lutte contre  le terrorisme est une nécessité qui requiert la coopération de tous les pays  arabes". Il a mis l'accent sur l'importance de la "réconciliation interarabe pour éradiquer ce phénomène transfrontalier". Pour sa part, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, a indiqué que son pays a adopté ces cinq dernières années une stratégie nationale de lutte  contre le terrorisme basée sur le dialogue, le renforcement des libertés individuelles et la lutte contre la pauvreté. Cette stratégie, a-t-il affirmé, a contribué à l'instauration de la sécurité dans tout le pays. Le président mauritanien a appelé à l'adoption d'un politique arabe qui repose sur la coordination et la coopération comme moyens pour faire aux groupes terroristes. Il a, également, souligné l'importance de renforcer le partenariat arabo-africain dans différents domaines. Appel à la relance du partenariat interarabe pour relever les défis. La relance de l'action arabe commune figure parmi les principaux points  débattus lors de ce sommet arabe ordinaire. Le président tunisien, Mohamed Moncef Marzouki, a souligné l'importance d'activer l'action arabe commune pour défendre les causes arabes, notamment la cause palestinienne et la crise syrienne. Le contexte actuel, a-t-il soutenu, impose le renforcement de la coopération et de la solidarité entre les pays  arabes pour relever les défis qui se posent dans la région arabe. M. Marzouki a proposé la création d'une union arabe en vue de renforcer  l'action commune dans tous les domaines, appelant également au développement  de la Ligue arabe afin qu'elle puisse avoir un rôle influent dans la résolution des questions arabes. Les travaux à huis clos de la première journée du sommet arabe ont été  achevés tard dans la soirée de mardi passé. Ils devaient reprendre hier par la tenue de deux séances de travail consacrées à l'adoption des projets de décisions  du sommet et la Déclaration de Koweït.       

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Poutine appelle à renforcer les relations de partenariat avec la Ligue arabe  
Le président russe Vladimir Poutine a affirmé, hier, le souci de son pays de renforcer les relations de partenariat  avec la Ligue arabe pour contribuer à la réalisation de la paix et de la sécurité  au Proche-Orient. Dans une lettre adressée aux participants à la 25e session du sommet  arabe ordinaire dont les travaux ont pris fin le même jour à Koweït, Poutine souligne  que "le Monde arabe passe par une étape importante marquée par des mutations  politiques, économiques et sociales complexes, une étape, dit-il, qui commande  à la Ligue arabe de renforcer son rôle constructif du fait qu'elle représente  un mécanisme de dialogue multipartite important et un instrument permettant de trouver des solutions communes aux questions de l'heure.   Le président russe a exprimé "le grand intérêt de son pays" à parvenir  à des solutions politiques et diplomatiques aux conflits "par respect pour la  la souveraineté et l'indépendance de tous les Etats". Il a appelé le gouvernement syrien à poursuivre les négociations  avec l'opposition, affirmant qu'une solution globale et rapide, notamment au  conflit arabo-israelien contribuera grandement à la normalisation de la situation au Proche-Orient et en Afrique du Nord. 

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Déclaration finale
Appel à la consolidation de la solidarité arabe et rejet de la reconnaissance de la judaïté d'Israël
La 25e session du sommet arabe tenue à Koweït  a appelé à la consolidation de la solidarité interarabe pour réaliser un essor arabe et souligné le refus des dirigeants arabes de reconnaître la judaïté de l'Etat d'Israël. Lue au terme des travaux par Khaled Al-Jar Allah, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères koweitien, la déclaration finale du sommet a mis en avant "le respect des Etats arabes de la charte de la Ligue arabe, des traités et des conventions adoptées par les Etats membres visant à raffermir  les relations interarabes". Les dirigeants arabes ont en outre réitéré leur engagement à trouver les solutions nécessaires aux situations délicates que connaît le Monde arabe avec clairvoyance et discernement. S'agissant de la question palestinienne considérée par les Arabes comme la question centrale, le document a souligné le refus "catégorique" de reconnaître la judaïté d'Israël, un principe exigé par ce dernier et qui menace de mettre en échec les efforts américains visant à trouver une solution au conflit palestino-israélien. Les dirigeants arabes ont appelé le Conseil de sécurité à "assumer ses  responsabilités quant au règlement" du conflit israélo-palestinien sur la base  d'une solution de deux Etats aux frontières de 1967, imputant à Israël "l'entière responsabilité" du blocage du processus de paix et la persistance des tensions  au Moyen-Orient. Les dirigeants arabes ont mis en exergue le caractère illégal des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, exhortant la communauté internationale à poursuivre ses efforts pour mettre un terme à l'activité de colonisation et la mise en œuvre des résolutions internationales pertinentes. Par ailleurs les dirigeants arabes ont "condamné avec vigueur " les  violations commises par les forces d'occupation israéliennes contre la mosquée d'Al-Aqsa appelant la communauté internationale et les institutions internationales concernées à assumer leurs responsabilités dans la protection de la mosquée  d'Al-Aqsa conformément aux résolutions internationales pertinentes. Pour ce qui est de la crise syrienne, les dirigeants arabes ont insisté sur la nécessité de trouver une solution politique à la crise conformément à la déclaration de la conférence de Genève I (2012) garantissant au peuple syrien  une transition pacifique pour la reconstruction du pays et la consécration de la réconciliation nationale de manière à préserver l'indépendance, la souveraineté  et l'intégrité territoriale de la Syrie tout en appelant le régime syrien à "cesser immédiatement" toutes les actions militaires contre les citoyens syriens  et mettre ainsi un terme à l'effusion de sang. La Déclaration de Koweït a en outre annoncé le soutien à la coalition  nationale syrienne d'opposition en tant que "représentant légitime du peuple syrien". La déclaration finale a réaffirmé "l'accueil favorable" à la décision d'octroi à la coalition syrienne d'opposition du siège de Damas à la Ligue  arabe en tant que "représentant légitime" du peuple syrien sans citer le terme  "unique" en attendant la finalisation des procédures légales exigées de la coalition. Le siège de la Syrie est resté vacant cette année après la participation  de l'opposition syrienne au sommet arabe de Doha. Les dirigeants arabes ont appelé la communauté internationale à une contribution efficace à la recherche d'une solution politique à la crise syrienne. S'agissant de la question du terrorisme, les dirigeants arabes ont appelé  à une lutte efficace contre ce phénomène et à œuvrer à son éradication à travers le tarissement de ses sources de financement. Ils ont, également, appelé à l'arrêt de toute forme de propagation médiatique des idées terroristes ou d'incitation à la division, au sectarisme et au dénigrement des religions et exprimé leur rejet de toute forme de chantage terroriste (menace, assassinat des otages et demande de rançon) tout en réitérant leur ferme condamnation  de toutes formes de terrorisme quelle que soit son origine ou ses motivations. Par ailleurs, la déclaration finale souligne le souci de tous les pays arabes de renforcer la sécurité nationale arabe à même de garantir la sécurité des pays arabes et leur intégrité territoriale à travers le renforcement de leurs capacités à faire face aux situations internes difficiles et aux défis externes menaçant leur sécurité afin de réaliser le développement global. Les dirigeants arabes ont en outre réaffirmé leur engagement à apporter  aide et soutien aux pays qui ont connu des transitions politiques et des mutations sociales pour la reconstruction des Etats, de leurs institutions et de leurs  systèmes législatifs et exécutifs. La déclaration réaffirme la solidarité avec le Liban et la poursuite des efforts pour l'établissement d'un Etat palestinien. A l'issue de la présentation de la déclaration de la 25e session,  le président égyptien provisoire, Adli Mansour, a annoncé que la 26e session  du sommet arabe se tiendra au Caire.

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