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Vernissage de l’exposition El Moudjahidate, nos Héroïnes au MAMA : Dualité entre l’histoire et la création

L’annonce de cette manifestation culturelle mettant à l’honneur les images passées et présentes des Algériennes au combat, a été faite jeudi dernier, au Centre de presse d’El Moudjahid en présence de M. Djehiche qui était accompagné pendant la conférence de Nadia Makhlouf et de Benyoucef Chérif, les deux photographes et auteurs grâce auxquels sera organisée cette exposition qui rentre dans le cadre du programme du cinquantenaire de l’Indépendance concocté par le musée et le ministère de la Culture.

PUBLIE LE : 22-03-2014 | 0:00
Ph: Louiza

L’annonce de cette manifestation culturelle mettant à l’honneur les images passées et présentes des Algériennes au combat, a été faite jeudi dernier, au Centre de presse d’El Moudjahid en présence de M. Djehiche qui était accompagné pendant la conférence de Nadia Makhlouf et de Benyoucef Chérif, les deux photographes et auteurs grâce auxquels sera organisée cette exposition qui rentre dans le cadre du programme du cinquantenaire de l’Indépendance concocté par le musée et le ministère de la Culture.         

Le Musée d’Art Moderne d’Alger inaugurera à partir d’aujourd’hui et ce jusqu’au 5 juillet 2014, dans son vaste espace une double exposition très importante pour chaque Algérien et Algérienne, toutes générations confondues puisqu’elle touche directement la conscience de chacun en posant à travers 120 portraits de combattantes à travers l’approche humaine et le regard différent de deux artistes photographes célèbres par-delà la Méditerranée pour leurs travaux, qui ont formulé avec l’accord du directeur du musée M. Mohamed Djehiche le projet d’exposer une soixantaine de photographies qui posent un regard critique sur l’histoire méconnue de la femme algérienne dans la Révolution.
L’annonce de cette manifestation culturelle qui met à l’honneur les images passées et présentes des Algériennes au combat, a été faite jeudi dernier, au centre de presse d’El-Moudjahid en présence de M Djehiche qui était accompagné pendant la conférence de Nadia Makhlouf et de Benyoucef Chérif, les deux photographes et auteurs grâce auxquels sera organisée cette exposition qui entre dans le cadre du programme du cinquantenaire de l’Indépendance concocté par le musée et le ministère de la Culture. Véritable document d’histoire vivante, cette galerie de portraits-miroirs des moudjahidate qui sera soumise à l’appréciation du public, est né au cours d’une réunion sur la programmation du 50e anniversaire de l’indépendance en 2011 à la demande de Mme Khalida Toumi qui avait proposé au directeur de monter une exposition sur la participation des combattantes algériennes à la guerre de Libération. Ce dernier qui était déjà en discussion avec le reporter photographe Benyoucef Chérif apprend qu’en France une photographe avait auparavant commencé ce travail à titre personnel et ce, dans le cadre d’un projet sur les femmes qui comportait trois volets et dont elle avait monté une exposition d’une partie de son projet dans plusieurs institutions françaises.  Pour en revenir à celle qui se déroulera, M Djehiche dira «Cette exposition qui est organisée un peu tardivement par rapport au programme du cinquantenaire en raison de notre souhait de voir ces deux photographes monter ici une seule  exposition sous le même thème.
Cette exposition tombe à point nommé après les polémiques qui ont eu lieu sur les moudjahidate ces derniers temps et il me tient à cœur d’exprimer tout notre amour et notre respect à toutes ces femmes restées dans l’ombre, à toutes sans distinction aucune, car je tiens à leur a affirmer notre reconnaissance ». Qu’elle soit tisseuse de drapeau, infirmière, soldate, manifestante, agent de liaison, poseuses de bombe, cuisinière ou dactylo et fidaïa, tous ces portraits présentent chacune de ces femmes à travers une ancienne photo d’archive personnelle au moment de la guerre et une autre qui lui est apposée devant la première et qui représente un portrait plus récent travaillé sous l’œil de l’objectif cinquante après : «ce n’est pas une exposition historique même si elle a un caractère historique car elle n’a pas été organisée et montée dans un cadre purement documentaire.
C’est une expo qui comporte aussi un aspect esthétique. Beaucoup de moudjahidate ici et en France se sont prêtées avec joie à cet exercice, certaines l’ont refusé et d’autres n’ont pu êtres touchées en raison de la distance. Ce sont des photographies de militantes qui ont accepté de poser et de fournir au photographe une ancienne photo d’elle, elles étaient des milliers et nous avons choisi une trentaine pour chacune, le choix s’est aussi porté au fil des rencontres et des contacts pour celles qui voulaient figurer dans le catalogue, certaines sont connues et ont même été des égéries de la presse, d’autres sont méconnues» confie M. Djehiche avant d’ajouter «Entre chacune des photos d’hier et d’aujourd’hui, il y a toute la distance d’un parcours et c’est la dualité entre l’histoire et la création que nous avons voulu maintenir. Vous verrez que toutes ces photos sont frappantes d’humilité, de modestie mais aussi de présence de chaque moudjahida dont le regard devient intemporel et qui sort de tout repère spatial».  
Pour Nadia Makhlouf née en région parisienne  en 1981 et qui a une formation de documentaliste et de réalisatrice et qui est surtout pratiquement une spécialiste de tout ce qui touche à l’image avec sa touche artistique qui consiste à travailler sur des clichés en noir et blanc, sa signature d’artiste photographe depuis le début de sa carrière comme elle l’affirme, le projet qu’elle va présenter au cours de cette exposition, est une recherche sur les images des femmes combattantes : «C’est un grand plaisir pour moi de pouvoir présenter ici en Algérie, ce travail que j’ai entamé il y a de cela deux ans. C’est un travail historique et de fourmi puisqu’il a fallu retrouver chacune de ces femmes qui m’étaient pour la plupart méconnues. C’était le côté un peu difficile du projet mais c’était quelque chose que je désirais vraiment faire car j’ai pris beaucoup de plaisir et j’ai eu la chance de rencontrer ces femmes parmi lesquelles certaines nous ont quittées dernièrement», a-t-elle tenu à dire et de poursuivre : «J’avais envie de faire ce travail parce que, en règle générale, on ne parle pas beaucoup des femmes qui étaient dans la résistance probablement parce que la guerre est une histoire d’hommes et moi en tant que femme, j’avais envie de parler de chacune d’entre elles, toutes celles qui avaient participé de près ou de loin à la guerre de Libération. Je suis très émue de pouvoir présenter ce travail au MAMA parce qu’il permet enfin de donner une visibilité à chacune d’elles et ce quelque soient les actions qu’elles ont pu mener car je les ai placées toutes sur le même pied d’égalité. Parmi les militantes rencontrées en France j’ai pu photographier celles qui sont de nationalité et de religion différente. C’est en ce sens que ce projet est devenu le symbole de l’universalité d’un combat». A noter  qu’à l’issue de la conférence, un diaporama sonore d’une durée de trente minutes été projeté. Il reprenait avec plus de détails et des textes, les témoignages des moudjahidate, un documentaire réalisé par Benyoucef Chérif.
Lynda Graba

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