mercredi 13 dcembre 2017 06:37:38

Concert de Marc Campo Trio Cordes Sensibles a la salle Ibn Zeydoun : Un fabuleux jeu de guitares

Le public algérois était convié dans la soirée de lundi dernier, à l’initiative de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel, à savourer la magnifique prestation d’un trio de guitaristes originaires de Marseille qui jouent avec une incroyable dextérité et un sens inné du rythme des standards de la musique jazz dans la pure tradition manouche.

PUBLIE LE : 19-03-2014 | 0:00
Ph: Nesrine

Le public algérois était convié dans la soirée de lundi dernier, à l’initiative de l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel, à savourer la magnifique prestation d’un trio de guitaristes originaires de Marseille qui jouent avec une incroyable dextérité et un sens inné du rythme des standards de la musique jazz dans la pure tradition manouche.

Ce genre fut créé en France dans les années trente par Django Reinhardt et Stéphane Grappelli qui lui ont donné ce timbre particulier mêlant des apports stylistiques des musiques gitanes et d’Europe centrale importés des Etats-Unis aux instruments à cordes sous des airs de valse, de bossa nova, de boléro et de tango. Illuminant la scène de leur présence – malgré la chaleur ambiante de ce mois de mars —dans un décor fait de sobriété et de silence, le trio composé du guitariste et chanteur Marc Campo — au centre de la photo — qui avait débuté la musique en jouant du blues et auquel on doit après la création de sa formation l’album « Precious thing » sorti en 2011, a littéralement ravi et subjugué l’assistance qui a eu droit à de remarquables et célèbres morceaux on citera au passage C’est si beau choisis réarrangés par le groupe.
A la droite de Marc, le contrebassiste Philippe Guiraud qui égrenait des notes basses  et à sa gauche le soliste, Mathieu Arnal, qui accompagne à la guitare Marc dans le style manouche classique dans cet exercice que les musiciens appellent la « pompe » qui donne cette sorte d’exquise sensation de fluidité dans ce rythme binaire avec une pulsation qui revient en leitmotiv pendant toute la durée du concert, installant dans la salle archicomble  une atmosphère musicale souple et décontractée entre le genre swing et groove qui a beaucoup séduit le public. Le fabuleux et excellent jeu de guitares qui en a ravi plus d’un, on aurait dit que ces instruments se « parlaient » dans un mystérieux dialogue de notes accentuées par la cadence des onomatopées et parfois des fredonnements du guitariste Marc, un dialogue et une haute maîtrise du genre manouche dont les sons traversaient les corps tant ils créaient sous l’impulsion et le raffinement de l’interprétation un langage qui à lui tout seul provoquait les réactions instantanées du public, toute ouïe, sensible aux moindres changement des accords. Cette interprétation qui dénote la virtuosité du jeu de ce groupe aura énormément séduit le public qui, en amateur inconditionnel de ce genre, aura chaleureusement ovationné les musiciens, il faut dire que le jeu n’était entaché d’aucune fausse note, bien au contraire les musiciens manouche sont restés fidèles à ce genre qu’ils voulaient faire découvrir aux algériens, nombreux fans de la musique jazz, une véritable aubaine pour tous les mélomanes qui écoutent cette musique entre quatre murs de pouvoir assister en direct à un concert de ce style, les occasions étant plutôt rares. Pour sa part le trio « Cordes Sensibles » nous a invités à un merveilleux voyage aux confins d’une rythmique souvent accompagnée de roulades, contretemps et autres figures de style pour mettre en valeur le soliste ou enrichir l’harmonie et le rythme du morceau avec des guitares qui vibraient sous le jeu extrêmement rapide tout en se maintenant sur de longues périodes.
Une prouesse musicale que les nombreux adeptes de ce style sont quelques-uns à maîtriser dans le monde. Pour rappel ce jazz un peu spécial introduit dans la musique manouche très implantée dans le nord-est de la France et dont la branche la mieux représentée se trouve dans la migration roms, comporte plusieurs techniques et instruments comme le banjo, l’accordéon et la clarinette avec un mélange de musique tzigane.
Le célèbre chanteur Sanseverino connu aujourd’hui pour certaines de ses reprises de chansons à textes sur la scène française en a interprété en les adaptant à sa manière quelques titres, par ailleurs le fils de Jacques Dutronc, Thomas, s’inspire souvent dans ses chansons des influences de ce genre.
    Lynda Graba
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions