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Salon de l’automobile d’Alger, sur fond de chute de la demande : Conjoncture difficile pour les concessionnaires

Le gouvernement veut assainir le marché de l’automobile

PUBLIE LE : 17-03-2014 | 0:00
D.R

La 17e édition du salon international de l’automobile d’Alger (SIAA) se tient dans une conjoncture jugée «difficile» par les concessionnaires, sur fond d’une tendance à la baisse de la demande en Algérie et des perspectives  moroses sur le marché mondial. L’année 2013 a été marquée par des baisses de 30 à 50% des volumes des ventes, ont affirmé à l’APS, les représentants des principales marques, en marge  de cette manifestation économique et commerciale (12-22 mars au palais des Expositions).  Les différentes formules d’acquisition de logements lancées par le gouvernement, les promotions immobilières, combinées à la fin des augmentations et des rappels versés en 2012 et dont ont bénéficié un grand nombre de citoyens, semblent avoir impacté la demande des véhicules, expliquent ces responsables.
 Ces derniers souhaitent, sinon une reprise de la demande à court terme, du moins une stabilité du marché pour maintenir le business. Après le «boom» de l’année 2012 au cours de laquelle 568.610 véhicules (+45,7%) ont été importés en Algérie pour une valeur de 514,43 milliards DA, le marché s’est contracté, en 2013, et «la tendance se poursuivra encore cette année», prédisent les analystes.
 Cette chute s’est encore confirmée en janvier dernier, durant lequel les importations de voitures ont baissé de 50% pour totaliser 23.682 unités par rapport au même mois de l’année dernière, période durant laquelle l’Algérie avait importé 47.858 véhicules. Selon les chiffres des Douanes, les importations ont atteint 382 millions de dollars contre près de 607 millions de dollars le même mois en 2013, soit une baisse de 37%. Les importantes remises offertes à l’occasion de ce Salon, atteignant parfois 350.000 DA, les placards publicitaires réservés dans la presse écrite et la télévision, mettant en exergue les qualités des voitures et les délais de livraison, longtemps décriés par les acheteurs, expliquent la préoccupation des constructeurs face à la baisse constante de la demande dans un marché autrefois florissant. Autre signe de la conjoncture difficile que travers le marché, une affluence tout juste moyenne a été enregistrée au quatrième jour du Salon avec une légère tendance à la baisse par rapport à la précédente édition, a-t-on constaté.  
Cette année, la programmation du Salon avec la période cruciale des examens scolaires explique en partie la baisse des fréquentations avec une météo défavorable durant le week-end dernier. Lors de cette édition, les concessionnaires multiplient les techniques de vente pour attirer les clients et réaliser le maximum de ventes et écouler les stocks. Parmi les outils de marketing utilisés, la distribution des brochures aux visiteurs pour les orienter vers les stands des exposants, et les cadeaux offerts pour tout achat de véhicule. D’autres concessionnaires vont plus loin en proposant aux clients de prendre en charge la taxe sur les véhicules neufs qui dépasse 70.000 dinars pour les moins chers. C’est que les temps sont durs pour les concessionnaires et les ventes de véhicules par facilité de paiement qui ont fait leurs beaux jours en 2005 font désormais partie du passé. Certains constructeurs s’attendent à traverser une zone de turbulences au cours des années à venir, surtout avec les nouvelles règles que les pouvoirs  publics envisagent d’introduire afin de réglementer ce marché et encourager l’investissement dans la fabrication.                    

Le gouvernement veut assainir le marché de l’automobile           
En effet, le gouvernement compte obliger désormais les concessionnaires et les importateurs de véhicules à investir s’ils veulent continuer à exercer, ce qui, de l’avis des spécialistes, va «faire bouger les choses». Les investissements  qui seront réalisés dans ce cadre peuvent bénéficier des avantages accordés dans le cadre de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI). D’ailleurs, un projet de loi modifiant et complétant le décret exécutif  n°07-390 du 12 décembre 2007 fixant les conditions et les modalités d’exercice de l’activité de commercialisation de véhicules automobiles neufs est en cours de préparation. Un groupe de travail composé d’un représentant des ministères du Commerce, des Finances, du Développement industriel, et de l’Énergie et des Mines, installé suite à une instruction du Premier ministre, prend en charge la révision du décret. L’autre aspect qui mérite d’être relevé dans ce Salon reste le caractère commercial qu’a pris résolument l’exposition au fil des ans. Sous d’autres cieux, les Salons de l’automobile sont destinés seulement à dévoiler les nouveaux modèles, alors qu’au Salon d’Alger, la vente sur place de véhicules et le paiement «cash» sont monnaie courante.
Ce phénomène a été relevé à maintes reprises par la Safex et l’Association des constructeurs automobiles (AC2A) qui coorganisent l’évènement.
 

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