mardi 25 septembre 2018 11:03:09

Décès : La chanteuse Cherifa inhumée hier

Mme Toumi rend hommage au talent et à la « force de conviction » de la grande cantatrice

PUBLIE LE : 16-03-2014 | 0:00
D.R

Une foule nombreuse a accompagné hier la doyenne de la chanson kabyle, Cherifa, à sa dernière demeure, dans la wilaya  de Bordj Bou-Arréridj. Cherifa, que tout le monde appelait affectueusement Na Cherifa, a été  enterrée au cimetière du village d’Aït Hala, dans la commune d’Ilmayen, non loin du chef-lieu de la daïra de Djaâfra, sur les hauteurs de la wilaya de Bordj  Bou-Arréridj. Les adieux à l’artiste Cherifa Ouardia Bouchemlal, décédée jeudi à l’âge de 86 ans, ont été émouvants, comme en témoigne la présence de milliers de ses  admirateurs, aux côtés des membres de sa famille et de ses amis venus de tous les coins d’Algérie. Cherifa, qui a consacré toute sa vie à la chanson algérienne, avait contribué grandement à la conservation du patrimoine kabyle authentique, grâce à son style dit «Aourar el khalat» et «Achouik» qu’elle avait dominé durant  plus de cinquante ans. La regretté Na Cherifa avait conquis une place enviable sur la scène  artistique nationale, aux côtés des géantes de la chanson algérienne, telles Meriem Fekkaï et Fadhila Dziria, grâce à une voix puissante, expressive, ainsi qu’à ses talents dans la composition. Elle a enregistré, au cours de sa longue, carrière plus de mille chansons, dont 700 à la radio, parmi lesquelles les plus connues comme Azerzour et Sinioua Ifendjalen.     
APS

Mme Toumi rend hommage au talent et à la « force de conviction » de la grande cantatrice
La ministre de la Culture, Khalida Toumi, a rendu hommage, dans un message de condoléances publié samedi, au «courage individuel extraordinaire», à la «force de conviction» et au talent de la chanteuse d’expression kabyle, Chérifa, décédée jeudi à l’âge de 88 ans. La ministre exprime son «immense tristesse» après la disparition de  celle qu’elle considère comme une «grande cantatrice», connue depuis 1940 et qui, à l’époque de la colonisation, aura «bravé tous les interdits (...) pour suivre sa vocation de chanteuse (...) dans une société recluse et refermée du fait de la déstructuration culturelle» voulue par les colons, écrit en substance la ministre.
Tout en saluant le rôle exemplaire de la défunte dans l’émancipation des artistes femmes durant la colonisation française, la ministre rappelle le parcours de la «grande dame», celle qui aura pris le risque de quitter son village natal pour aller vivre de son travail, avant de s’illustrer à la radio nationale où elle s’est affirmée par «une parfaite maîtrise du chant kabyle», notamment dans le genre traditionnel Achewiq. Ainsi, relève encore Mme Toumi, la chanteuse a «légué à la postérité  (...) de nombreuses chansons phare» comme Bqa Aali Khir Ay Akbou ou encore Ay Azerzour, des succès que la défunte doit «autant à son génie propre qu’à sa très bonne connaissance du patrimoine», note la ministre.
Mme Toumi n’a pas manqué d’exprimer, à l’occasion, sa satisfaction de voir que la chanteuse disparue (avec d’autres comme Lla Yamina) a ouvert la voie avec détermination à toute une génération d’artistes femmes comme Hnifa, Djamila ou encore Nouara qui viendront enrichir, par la suite, le chant féminin d’expression kabyle. Ouardia Bouchemlal — du vrai nom de la diva décédée — est née le 9  janvier 1926 dans le village d’Aït Halla de la commune d’Ilmayen, dans la région d’Akbou, à Bordj Bou-Arréridj.
Dans les années 1940, elle chante à la radio et s’impose rapidement  comme la maîtresse du chant kabyle. Pendant des années, elle part en tournée en Algérie et enregistre de nombreux succès, de sa composition ou puisés dans  le patrimoine folklorique. Bqa Aali Khir Ay Akbou, Ay Azerzour, Azwaw (réarrangée et interprétée  par Idir) et Sniwa d ifendjalen figurent parmi les pièces de référence de la chanteuse traditionnelle, très reprises par les artistes et que le public affectionne particulièrement. La défunte a été inhumée samedi au village d’Aït Hala, sur les hauteurs  de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, en présence d’une foule nombreuse.
 

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