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Célébration de la journée mondiale du Rein : Le don d’organe, un acte de charité

Le don d'organes peut permettre à une personne gravement malade de rester en vie ou d’améliorer considérablement sa qualité de vie. Néanmoins, cet acte demeure aujourd’hui un problème de santé publique.

PUBLIE LE : 15-03-2014 | 0:00
D.R

Le don d'organes peut permettre à une personne gravement malade de rester en vie ou d’améliorer considérablement sa qualité de vie.
Néanmoins, cet acte demeure aujourd’hui un problème de santé publique.

Lors d’une rencontre scientifique organisée jeudi par le centre hospitalo-universitaire de Beni Messous, célébrant la journée mondiale du Rein, le chef de service néphrologie de ce CHU, le Pr Mohamed Benabadji, a déclaré que «chaque année, on recense 4.000 malades au stade de dialyse à l’échelle nationale. La meilleure solution de la greffe rénale est celle d’un donneur vivant apparenté. C’est la plus durable, la plus réussie et ça peut se programmer à n’importe quel moment, elle peut même se faire avant même que le malade n’arrive au stade la dialyse. Dès que le médecin sent que la fonction rénale commence à diminuer, il programme le malade sans passer par la dialyse».
Il a expliqué que «la solution la plus fréquente se fait à partir d’un cadavre, ce qui est autorisé et toutes les lois la permettent, sauf que le problème qui se pose est que quand il y a un accidenté de la route et qui fait une mort cérébrale, le médecin demande aux parents de laisser le chirurgien prélever ses organes. À ce moment-là, ce sont les parents qui s’y opposent». Et d’ajouter : «Appeler les parents afin de leur annoncer que leur enfant est mort et en même temps leur demander de nous laisser prendre ses organes n’est guère une mission facile. En général, en Algérie, c’est la famille qui refuse le prélèvement.»
Selon lui, les CHU se retrouvent avec 4.500 décès par an. Chaque don d’organe à partir d’un cadavre de mort encéphalique peut sauver la vie de 7 malades en donnant, à savoir deux reins pour deux malades, une greffe de foie, une greffe du cœur, greffe du poumon, une greffe d’intestin et une greffe du pancréas pour les diabétiques. «Il y a un grand intérêt de favoriser le prélèvement, la loi et la religion l’autorisent ; les compétences existent, c’est le consentement des familles que nous n’obtenons pas et qui nous bloque. Un don d’organe est un acte de charité, sauver une vie, même la religion le demande», a indiqué le Pr Benabadji.

« La religion l’autorise »
Le  professeur en dermatologie, ancien ministre des Affaires religieuses, M'hamed Benredouane, a de son côté déclaré que «la religion,  évidemment dans des cas où il y a un intérêt à sauver la vie d’un autre, n’est pas contre, simplement il faut que cet acte soit entouré de toutes les garanties». Afin d’appuyer ses dires, il a expliqué que «l’Algérien s’inquiète de la légalité de l’atteinte au corps de son défunt, et il se pose souvent la question de savoir si le don d’organes est autorisé par la religion». Selon lui, «afin que la religion puisse donner son avis définitif, il faut que les néphrologues et les chirurgiens qui s’occupent des greffes puissent dire si effectivement, c’est une intervention thérapeutique efficace ou non, et quelles sont les garanties techniques et administratives».
Le Pr Benredouane a précisé qu’«il faut imaginer la situation telle qu’elle se fait. La religion va mettre au point, les dispositions nécessaires afin de garantir le sérieux de toute cette démarche. Il faut que le diagnostic de la mort cérébrale soit établi d’une manière certaine par une équipe tel qu’il est défini par la loi et que le prélèvement se fasse de manière à ne pas déshonorer le cadavre. Également s’assurer que ça se fasse de manière spontanée sans pression psychologique ou matérielle».
Il est important de noter que ce sont plus de 16.000 malades qui sont traités par hémodialyse dans plus de 250 unités spécialisées publiques et privées à travers tout le territoire. En effet, depuis 1986, seulement 1.000 insuffisants rénaux ont bénéficié d’une greffe en Algérie et à l’étranger. Il est nécessaire de créer un centre national de recherche pour permettre aux décideurs de prendre les bonnes dispositions, et cela afin de mieux connaître l’état des lieux et sensibiliser l’opinion publique.
Certains cas d’insuffisance rénale peuvent être évités par la prise en charge précoce des malformations néonatales urologiques par des interventions chirurgicales. La prévention en aval et en amont contre l’insuffisance rénale est nécessaire, et doit se faire par une bonne hygiène de vie et par l’implication des pouvoirs publics dans la création d’un registre national informatisé des insuffisants rénaux.              
Wassila Benhamed

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