mercredi 21 novembre 2018 01:49:26

Sous le haut patronage du Président de la République : El Moudjahid rend hommage aux femmes combattantes du Sud

La  participation de la femme dans la lutte de Libération nationale ainsi que son rôle « vital » par lequel elle s’est distinguée dans l’action, en prenant les armes, a été le centre de tous les intérêts, hier, au Forum du quotidien national El Moudjahid.

PUBLIE LE : 10-03-2014 | 0:00
D.R

La  participation de la femme dans la lutte de Libération nationale ainsi que son rôle « vital » par lequel elle s’est distinguée dans l’action, en prenant les armes, a été le centre de tous les intérêts, hier, au Forum du quotidien national El Moudjahid.

El Moudjahid, qui a fait sienne, le 8 mars de chaque année, l’initiative de parler de ces femmes d’exception, de leur parcours, de leurs sacrifices, leurs combats, leur courage, et, surtout, du rôle principal qu’elles tenaient par le passé, et, aujourd’hui dans plusieurs domaines à l’échelle nationale et internationale.
Pour cette fois, El Moudjahid,  dans son numéro Spécial 8 Mars, a choisi de lever le voile sur le rôle important et incontournable des femmes moudjahidate du Sud algérien.  
A l’initiative de la présidente-directrice générale du quotidien national El Moudjahid,  Mme Naâma Abbas et sous la coordination de Mme Nora Chergui, ainsi que la participation d’un groupe de jeunes journalistes, ce numéro spécial se veut un hommage aux « fehlate » (courageuses) du Sud algérien. Il contient des entretiens avec des moudjahidate, héroïnes qui retracent le rôle de la femme algérienne au cours de la Révolution.
C’est ainsi que le rôle vital de la femme algérienne dans la glorieuse guerre de Libération nationale et dans la bataille d'édification menée à travers le pays ont été mis en exergue par les historiens et participants au forum d’El Moudjahid, lors d’une conférence entrant dans le cadre de la commémoration du déclenchement de la guerre de Libération du 1er Novembre 1954 et la célébration de la journée internationale de Femme.
La présidente-directrice générale d’El Moudjahid et lors  de son allocution d’ouverture, a fait une intervention  sur « l’importance de cette journée symbole de sacrifice, de courage et de revendications des droits de la femme, notamment sur l’issue de l'histoire des luttes féministes ».
Aussi, « cette journée représentative est dédiée à son statut et son rôle et sa place dans la société. En Algérie, cette journée intervient en ce mois de mars qui nous rappelle le mois des chouhada durant lequel nous avons perdu les meilleurs de nos aînés lors de la guerre de Libération nationale et plusieurs chefs révolutionnaires qui ont tenu leurs engagement envers la cause nationale. Ce qui rend l’Algérie plus fière et plus digne, ce sont ses combats, luttes et  sacrifices et son martyre qui sont l’œuvre de toutes les réussites aujourd’hui », souligne Mme Abbas, en ajoutant qu’El Moudjahid pour sa part, « a instauré depuis quelques années une tradition qui consiste à mettre la lumière sur le combat de la femme algérienne pour la libération de son pays, en prenant en compte le rôle de la femme dans le développement de la société ». « En Algérie on ne cessera jamais d’évoquer le sacrifice de nos aînées qui ont bravé les interdits et  les mentalités rétrogrades pour se lancer dans le combat libérateur.  Nous avons une dette envers ces femmes et ces mères courageuses ».

Jeter la lumière sur des moudjahidate anonymes
Elle a précisé dans le même cadre qu’à l’occasion du 60e anniversaire  du déclenchement de notre Révolution, El Moudjahid se fait un devoir de mémoire et un devoir sacré en mettant à la une des moudjahidate anonymes.
Des femmes qui ont combattu dans les Wilayas V et VI de la région du Sud algérien. « Par leur sacrifice comme celui de milliers d’autres femmes, elles ont ouvert  la voie aux grandes mutations qui ont affecté les conditions féminines dans notre pays. Elles restent méconnues et l’histoire n’a pas suffisamment restitué leurs fantastique épopée », précise-t-elle en expliquant qu’El Moudjahid « a l’immense fierté d’avoir été gratifié  par le patronage de son excellence le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika. Aussi, on rend un hommage mérité à quelques unes d’entre elles », affirme Mme Abbas, en témoignant que ces femmes militantes bien qu’elles n’aient pu assister à cette cérémonie, sont présentes dans nos cœurs, car ce sont elles qui nous ont permis d’être ce que nous sommes aujourd’hui. Des femmes libres dans un pays indépendant ».
Pour sa part, et pour marquer cet évènement, le Dr Ameur Rkhila, chercheur et historien, a évoqué lors de son intervention, le rôle des régions du Sud dans la lutte armée. Un rôle qui, selon l’orateur, « n’a pas eu sa part de gloire dans l’écriture de l’histoire ».
Il a mis l’accent, sur la nécessité de mettre en exergue le grand rôle joué par la région du Sud du pays durant cette phase de l’histoire de l’Algérie, plaidant par là, pour la valorisation du rôle qu’ont joué ces régions dans le desserrement de l’étau sur la lutte de Libération et des sacrifices consentis par les Moudjahidine de l’Armée de libération nationale (ALN) dans le Sud, avec à leur tête le moudjahid Abdelaziz Bouteflika, connu à l’époque sous le pseudonyme de « Abdelkader El Mali ».  Aussi, celui-ci saluera vivement, « la détermination de l’Etat à dépoussiérer des pans de l’histoire nationale, notamment la partie concernant les visées coloniales de séparation du Sud du reste du pays, notamment d’inculquer à l’actuelle génération, en milieu scolaire, la dimension de la lutte de Libération nationale, ainsi que de leur faire connaître des révolutions méconnues en vue d’assurer la continuité et la communion entre les générations », a-t-il  souligné.
Partant de là, celui-ci a précisé que « les initiatives et positions indéfectibles de l’Algérie de soutien aux causes justes et à l’autodétermination des peuples, en plus de ses positions en ce qui concerne les questions de développement de l’Afrique » découlent des enseignements tirés de notre propre Révolution, mais il reste la nécessité de mettre en lumière, la politique menée par la France coloniale dans la partie saharienne de l’Algérie dans l’objectif de séparer le sud du nord du pays, notamment dans l’extrême-sud du pays qui constituait la base arrière de l’Algérie avec les pays limitrophes ».  Au vu de cette visée, la réaction ne s’est pas fait attendre, « la stratégie de la Révolution algérienne a opté pour la mobilisation et l’intégration des fils de la région Sud dans les rangs de l’ALN pour contrecarrer les desseins et velléités du colonialisme dans la région », a soutenu le conférencier.
Mettant en valeur la création du front Sud, au titre de la stratégie de la guerre de Libération nationale. Il a indiqué que « l’impératif de préserver l’unité nationale a été l’une des constantes auxquelles se sont attachées les populations locales qui ont rallié les rangs de l’ALN et œuvré ainsi à étendre la Révolution aux quatre coins du pays ».

Le peuple « seul et vrai Zaim » de la Révolution
Pour sa part, l’écrivaine Zoubieda Mameria a précisé que « la femme a constitué un élément essentiel dans la lutte de Libération. Elle a assumé, aux côtés de l'homme, ses responsabilités à l'égard de la Révolution et fut ainsi un soutien puissant pour l'époux, le frère, le fils et tous les membres de la famille qui prirent les armes contre le colonialisme français. Faisant preuve d'un courage extraordinaire, elle a prouvé qu'elle constituait le second souffle pour la lutte de libération ».
 De ce fait, selon elle, «  la femme algérienne a joué un rôle d'avant-garde à travers sa participation efficace dans la guerre de Libération aussi bien dans les campagnes que dans les villes et elle a accompli son devoir patriotique aux côtés de l'homme ». L’écrivaine déplorera sur sa lancée,   « l’oubli, la marginalisation et le déni » envers des milliers de femmes  qui se sont sacrifiées  pour la cause algérienne. « Quand on ne reconnaît pas le sacrifice des personnes, il n’y a pas pire », regrette-t-elle, en évoquant le cas d’une jeune femme native  de Souk Ahras, nommée Dzair, dont le nom n’a jamais  été évoqué. « Il est bien dommage qu’on n’écrive pas et qu’on ne parle pas dans notre pays. On ne communique pas. Maintenant, le plus jeune d’entre nous a 60 ans, les gens sont en train de partir : les moudjahidate et notamment celles qui peuvent apporter  leur témoignage sur cette guerre de Libération sont en train de mourir. Donc, je me fais un devoir d’écrire et de raconter à notre génération ces petites histoires méconnues ».
Elle témoigne de son respect aux hommes qui se sont sacrifiés pour la libération de ce pays, mais plus particulièrement au peuple (homme et femme) qu’elle qualifie de « vrai et seul zaim »  « puisque c’est lui qui a fait la guerre et c’est lui qui meurt ».
Elle a fait un petit rappel sur les livres qu’elle a édités et qui parlent  des différentes étapes de la Révolution algérienne et surtout du rôle de la femme dans cette révolution en évoquant cette première femme jeune martyre citée auparavant et qui est nommée « Dzair ». Cette dernière n’avait que 18 ans quand elle s’apprêtait au mariage, elle a choisi de faire face à son fiancé en lui disant qu’elle est militante et qu’elle ne comptait pas laisser  la cause algérienne, le soir même elle est montée au maquis, laissant tout derrière elle.
Entre autres, elle a évoqué l’héroïne Djamila Bouhired qui est devenue le symbole du monde arabe, ainsi que Zohra-Drif Bitat.  
 « Notre histoire ne peut pas s’écrire sans ces femmes, sans tenir compte de leurs combats. Il y a eu des femmes condamnées à mort, il y a eu des femmes plus courageuses que les hommes, donc il n’est pas normal de marginaliser cette gente féminine », explique-t-elle.  
Elle retrace l’histoire d’une femme qui abrité des moudjahidine sous son toit et par peur que les colons ne les découvre elle a étouffé  son bébé pour éviter tout bruit. « Cette femme disait qu’un fils on peut en refaire, mais les militants on ne peut pas les avoir de nouveau », témoigne-t-elle en assurant qu’un sacrifice plus douloureux que celui là de la part d’une femme ne peut jamais avoir de prix. « Bien qu’on puisse considérer cela comme un crime, mais cela est un haut fait d’armes qu’une femme seule est capable de faire ».   
Elle a précisé que la volonté politique de l’Etat est en train « d’ouvrir une tribune pour l’histoire », en précisant qu’un peuple sans histoire est un peuple mort. «  Nous avons une histoire qui mérite d’être racontée, donc il est temps de le faire et c’est aux  jeunes de prendre le flambeau pour préserver cette histoire », explique Mme Mameria en faisant savoir que l’écrivain a  un rôle principal à jouer dans l’écriture de l’histoire. « Il faut écrire, il ne faut pas s’arrêter. Tout  le monde doit écrire et l’Etat doit aider les publications. Il faut faire des films aussi… pour raconter notre histoire », a-t-elle conclu, rendant hommage au forum de la mémoire d’El Moudjahid, de participer, d’une manière « sérieuse et méthodique, sans parti pris, à l’écriture de l’histoire et à la mise en lumière du combat silencieux et ô combien déterminant, de ces milliers de femmes anonymes qui ont participé dans l’ombre, mais avec des actions si éclatantes, pour que les nouvelles générations ne connaissent plus la peur ! »
Kafia Ait Allouache
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions