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Concert d’Imarhan n’Tinezraf à la salle Ibn-Khaldoun : Un message d’amour et de fraternité en provenance de l’Ahaggar

Ils sont venus nombreux ces mélomanes férus de la musique targuie qui étaient, pour la plupart des jeunes et moins jeunes natifs du Sahara, des étudiants aux universités algéroises, mais aussi des passionnés de cette musique à la fois spirituelle et émouvante, avec des textes poétiques rimés tel un chant de nature, et des compositions à la fois douces et intenses, profondes et puissantes, tantôt bercées dans le slow aux saveurs du groove, tantôt affolées dans les rotatives sonores énergétiques du rock alternatif et progressif, magnifiées par des soubassements du assouf (blues désert).

PUBLIE LE : 01-03-2014 | 23:00
Ph: Wafa

Ils sont venus nombreux ces mélomanes férus de la musique targuie qui étaient, pour la plupart des jeunes et moins jeunes natifs du Sahara, des étudiants aux universités algéroises, mais aussi des  passionnés de cette musique à la fois spirituelle et émouvante, avec des textes poétiques rimés tel un chant de nature, et des compositions à la fois douces et intenses, profondes et puissantes, tantôt bercées dans le slow aux saveurs du groove, tantôt affolées dans les rotatives sonores énergétiques du rock alternatif et progressif, magnifiées par des soubassements du assouf (blues désert).
Une osmose s’est créée, vendredi soir, à la salle Ibn-Khaldoun d’Alger, lors du 4e concert du groupe targui Imarhan n’Tinezraf avec le nombreux public qui a réagi énergiquement au moindre solo guitare, a capella, et  aux sonorités des percussions saccadées avec des refrains repris en chœur et des danses folkloriques typiques.
Un autre point marquant du concert : le groupe n’a pas un leader, encore moins un vocaliste principal. En effet, les six membres s’alternent à chanter des poèmes naïfs avec des envolées lyriques reprises ensuite par les autres membres en chœur tout en applaudissant d’une façon rythmique.
Aux jeux de lumière choisis spécialement pour peindre cette musique millénaire de mille couleurs, notamment le rouge et le jaune, couleurs mythiques du grand Ténéré, s’ajoute la lumière blafarde plongeante qui enveloppait les six membres du groupe, deux à la chorale, un percussionniste, deux guitaristes et un bassiste, tous vêtus en liquette sahraouie et du fameux chèche dans une ambiance pittoresque de la riche culture sudiste algérienne. Avec le Sahara comme seule égérie en explorant la poésie du désert à la découverte de cette terre millénaire, porteuse de cultures, d’émotion et de saveur, ainsi que des sonorités parfois tristes, nostalgiques mais souvent joyeuses et vitales.
Le groupe qui aspire jeunesse et gaieté a été fondé en 2009 ; c’est la rencontre de six amis d’enfance issus du même quartier (Sersouf de Tamanrasset) ayant un talent exceptionnel et une passion insondable pour la musique. Imarhan n’Tinezraf entame une carrière artistique des plus prometteuses, avec déjà à son actif plusieurs collaborations avec des groupes de gros calibre comme Tinariwen et Terakaft, et des participations à de nombreux festivals comme celui du désert, festival de l’art de l’Ahaggar et le festival de l’imzad. Ayant enregistré plusieurs singles et tourné plusieurs clips, le groupe sortira son premier album musical dans quatre mois.
Imarhan n’Tinezraf, qui veut dire en tamasheq les amis du désert, véhicule à travers la musique un message d’amitié, de fraternité et d’amour à tous les Algériens et tout le monde, comme explique le percussionniste du groupe Habibellah Akhamok : « Nous avons interprété des chansons que nous avons écrites et composées, et d’autres puisées du patrimoine targui. Ce sont des chansons qui parlent de la société targuie et de son peuple qui mène une vie simple et modeste, pénible par la même occasion, et nous espérons à travers la musique informer le monde comment l’Homme bleu (le Targui) vit son quotidien », a-t-il fait savoir dans les coulisses à l’issue du concert. De son côté, Houcine Houam, manager du groupe, revient sur la spécificité de la musique du groupe : « Ce que produit Imarhan n’Tinezraf est spécifique, c’est le pur style targui. Il se base dans ses compositions sur les instruments modernes comme la guitare électrique et la basse, mais aussi sur des instruments traditionnels qui existent depuis des millénaires à l’exemple du jambi et la calebasse.» Pour ce qui est de la popularité du groupe en Algérie, Houam espère beaucoup d’événements dans un proche avenir : «Le groupe est très connu et salué à l’étranger, notamment en Europe. J’espère qu’il aura une grande notoriété en Algérie comme c’est déjà le cas à l’étranger, notamment en Europe, où il est très connu et salués. Il s’est produit à Bruxelles, à Paris et à Stockholm, j’espère que le public algérois a été satisfait de la prestation du groupe», a-t-il conclu.
Kader Bentounes

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