mercredi 19 septembre 2018 16:45:21

Clôture des travaux de la réunion du Comité de haut niveau de l’Union africaine (UA) sur l’agenda de développement post-2015

Adoption du communiqué de N’Djamena sur la position commune africaine

PUBLIE LE : 01-03-2014 | 0:00
D.R

Les travaux de la réunion du Comité de haut niveau de l’Union africaine (UA) sur l’agenda de développement post-2015 ont pris fin,  
hier, dans la capitale tchadienne, par l’adoption du communiqué de N’Djamena relatif à la position commune africaine sur l’agenda
de développement post-2015.   

Les 10 pays membres du comité se disent convaincus que l’adoption de ce document fournira aux États membres de l’UA, le cadre approprié, leur permettant de parler d’une seule voix et de coordonner leurs efforts pour réaliser les aspirations des populations africaines au développement socio-économique axé sur une croissance inclusive dans le cadre de l’agenda post-2015.          
Ils ont en outre mis en exergue le pilier paix et sécurité en soulignant  son caractère indissociable avec le développement et invité les pays africains à s’approprier la position commune africaine axée sur les six piliers qui répondent  aux aspirations des populations africaines.          
Ces piliers concernent la transformation économique structurelle et la croissance inclusive, la science, technologie et innovation, le développement  axé sur l’être humain, la durabilité environnementale et la gestion des ressources naturelles.           Il s’agit aussi de la gestion des risques de catastrophes naturelles, la paix et la sécurité, ainsi que le financement et le partenariat. Les signataires du document ont exprimé également leur appréciation pour le rôle de coordination joué par a commission de l’UA et pour l’appui technique  apporté par le NEPAD, la BAD, le PNUD, et la commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).          
L'adoption du document relatif à l'agenda de développement post- 2015 de l'Afrique intervient suite à la prise de décision par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA tenue en mai 2013 de créer un comité de haut niveau des chefs d’État et de gouvernement sur l’Agenda de développement post-2015.          
Elle intervient également, à la demande de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, lors de la conférence du 31 janvier 2014 d'Addis- Abeba.

En prévision de l'après-Objectifs du Millénaire  pour le Développement
La planète se prépare pour un autre challenge

Adoptés par l'ensemble des États membres de l'ONU et par une trentaine d'institutions, huit objectifs ont été fixés par la communauté internationale en 2000 que le monde devra atteindre en 2015. L'heure est aux bilans.
Au-delà de cette année, un nouvel agenda du développement sera alors formalisé par les Nations unies lors d'un sommet prévu à New York en septembre 2015 . Celui-ci mettra l’économie verte au cœur de sa problématique, a indiqué Mme Fatima Haram Acyl, commissaire africaine pour le commerce et de l’industrie de l’Union Africaine, à l'occasion de la tenue à Oran de la conférence africaine de haut niveau sur l'économie verte.
«Nous avons également besoin d’évaluer les Objectifs du millénaire. Nous constatons que la crise économique mondiale a entravé le processus de développement de nombreux pays africains, dont les populations souffrent encore de la pauvreté, de la famine, de l’analphabétisme et du manque de protection sanitaire de la mère et de l’enfant», a souligné Abdelmalek Sellal, à l'ouverture des travaux de la conférence en question. Une évaluation d’autant plus importante que le continent a connu l’une des plus fortes croissances de la planète, tout en traînant avec lui les stigmates du sous-développement et de la pauvreté. Un paradoxe qu’il s’agit de résoudre, selon Mme Sally Feagan Wyles, directrice générale de l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (Unitar). Selon la Banque mondiale, la population de l'Afrique devrait augmenter d'environ 800 millions de personnes d'ici 2040. Cette augmentation prévue mettra encore plus de pression sur les ressources naturelles du continent. Partout, experts, membres de la société civile, décideurs et hommes politiques s'accordent pour estimer que la pauvreté continue de reculer à travers le monde, «les enfants scolarisés en primaire n’ont jamais été aussi nombreux, les décès d’enfants ont diminué de façon spectaculaire, l’accès à l’eau potable a été très élargi, et les investissements axés sur la lutte contre le paludisme, le sida et la tuberculose ont sauvé des millions de vies», estime Ban ki-Moon. De leur côté, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, et le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, John Ashe, ont appelé, en prévision de ce prochain défi planétaire, les États membres à faire figurer l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'énergie en bonne place dans le programme de développement post-2015. «D'ici à 2030, nous aurons besoin de 35% de nourriture en plus, de 40% d'eau en plus et de 50% d'énergie en plus. Le lien étroit entre l'eau et l'énergie nécessite des politiques intégrées cohérentes et des stratégies innovantes», a estimé le Secrétaire général. Le Président de l'Assemblée générale, John Ashe, a estimé, pour sa part, qu'il faut rejeter la fatalité liée aux conséquences tragiques du manque d'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'énergie pour des millions de gens. «Nous devons nous assurer qu'une eau propre et des services d'assainissement et d'énergie durable soient fournis sans plus tarder.» D'ici à 2050, l'humanité pourrait consommer environ 140 milliards de tonnes de minéraux, de minerais, de combustibles fossiles et de biomasse par an — trois fois sa consommation actuelle — à moins que le taux de croissance économique soit «découplé» du taux de consommation des ressources naturelles, a estimé M. Achim Steiner, directeur général du Programme des Nations unies pour l'environnement à Oran, en précisant, par ailleurs, que l'utilisation totale des ressources a augmenté de huit fois, passant de 6 milliards de tonnes en 1900 à 49 milliards de tonnes en 2000.

Des expériences novatrices
Pour le continent africain, une option a été exprimée par les chefs d’Etat et de gouvernements à l’occasion des cérémonies marquant le cinquantenaire de l’organisation africaine en mai de l’année dernière à Addis-Abeba.
Il s’agit d’enclencher une croissance inclusive, autrement dit, faire en sorte que «la prochaine vague d'investissement et d'innovation en Afrique soit motivée par la nécessité de trouver de nouvelles sources d'énergie». Des expériences et des actions sont menées un peu partout en Afrique : de l'exploitation de l'énergie géothermique au Kenya et de l'énergie solaire en Algérie et en Tunisie, à l'investissement aux fonds verts en Afrique du Sud, et l'élaboration de projets éoliens en Éthiopie ; diverses voies vers des économies plus vertes et plus inclusives sont menées à travers le continent, reconnaÎt Achim Steiner. La forêt de Mau au Kenya, par exemple, fournit des biens et services d'une valeur de 1,5 milliard  de dollars US par an à travers l'eau pour l'hydro-électricité, l'agriculture, l'utilisation touristique et urbaine et industrielle.  
Pour les Nations unies, cette échéance sera préparée par plusieurs évènements d'importance régionale et internationale : l'Assemblée générale de l'ONU organisera six évènements — trois débats thématiques et trois évènements de haut niveau — sur le programme de développement pour l'après-2015.  Le Forum politique de haut niveau se réunira au niveau ministériel dans le cadre du segment de haut niveau du Conseil économique et social en juillet 2014.  Ensuite, des objectifs spécifiques seront précisés qui seront présentés aux États Membres en septembre 2014, accompagnés du rapport du Comité intergouvernemental d'experts sur le financement du développement durable. Enfin, le Rapport de synthèse du Secrétaire général de l'ONU sera présenté aux États Membres avant les négociations qui auront lieu lors du Sommet de septembre 2015.
M. Koursi

Les 8 Objectifs du Millénaire

1. Réduire l'extrême pauvreté et la faim.
2. Assurer l'éducation primaire pour tous.
3. Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes.
4. Réduire la mortalité infantile.
5. Améliorer la santé maternelle.
6. Combattre les maladies.
7. Assurer un environnement humain durable.
8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
 


L’Afrique de plus en plus visible

lL’Afrique d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier. Le  continent noir, que l’Occident a longtemps perçu sous l’angle réducteur d’un pourvoyeur de matières premières pour ses économies ou une destination pour des safaris pour touristes  à la recherche de dépaysement, a changé. De nombreux indicateurs attestent de cette mue réalisée tant au plans du développement humain que ceux du social et de l’économie. Les Africains ont pris conscience de leurs atouts et ont décidé que leur continent n’est pas voué à vivre sous les seuils du développement et de la pauvreté. En un mot, l’Afrique n’a jamais été destinée à être un sous-continent.  
"Depuis l'avènement de l'Union africaine et l'adoption du NEPAD, l'Afrique met en œuvre un processus de développement multidimensionnel couvrant l'ensemble  des paramètres de la sécurité humaine, qu'il s'agisse de la promotion des droits de l'homme, de l'accès à l'éducation, la santé et l'emploi, de la lutte contre la pauvreté et les inégalités ou de la prévention et de la résolution des conflits», a rappelé le Président Bouteflika dans un message lu en son nom, par le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelmadjid Bouguerra, lors d'un sommet organisé à l'occasion du centenaire de la réunification du Nigeria. Les résultats de cette stratégie sont là aujourd’hui. Certes, l’Afrique n’a pas encore atteint le niveau de développement qu’elle souhaite pour ses populations. Mais les progrès  enregistrés ne peuvent qu’être une motivation supplémentaire pour les dirigeants du continent d’aller de l’avant et relever les autres  défis  relatifs, notamment aux questions de paix et de sécurité.   
Le Comité de haut niveau de l’Union africaine  (UA) sur l’agenda de développement post-2015, auquel participe l’Algérie avec 9 autres membres, s’est réuni hier dans la capitale tchadienne N’Djamena. Il  a pour mission d'élaborer une position africaine commune relative aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) post-2015 appelé à succéder aux (OMD) fixés lors du sommet tenu à l’ONU en 2000 et auxquels l’Afrique n'a pas été «pleinement associée», selon un diplomate cité par l’APS. Une «omission» que l’Afrique  ne veut plus voir se reproduire. Et pour ne pas être de nouveau marginalisée dans l’après-2015, elle a pris les devants et a été parmi "les premiers  continents" à avoir élaboré une position africaine commune.
Nadia Kerraz


 

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