A la veille de la présidentielle : Tindouf au diapason

M. Zergoune Slimane, wali de Tindouf, à El Moudjahid : « Nous avons mobilisé tous les moyens »
PUBLIE LE : 16-02-2014 | 23:00

De notre envoyé spécial, Makhlouf Aït Ziane

Comme de coutume, Tindouf, qui aspire à plus de développement, se prépare, comme toutes les villes du pays, à l’élection du 17 avril. Les discussions entre amis sur les enjeux de cette élection vont bon train et donnent le tempo sur l’état d’esprit avec lequel la population locale va aborder ce rendez-vous. Tindouf nous a habitués avec des taux de participation records. Sa population souhaite surtout un retour de progrès social et de développement économique, qui bénéficierait à l’ensemble des citoyens. Dans ce reportage, nous avons tâté le pouls des électeurs, pour vous rendre compte de tout ce qui se fait et se dit sur ce scrutin. Bonne lecture.  

Quel regard portent les habitants du grand Sud du pays sur les prochaines élections  présidentielles ? Pour en savoir davantage sur cette question et prendre la température de l’Algérie profonde, à l’approche de  ces  échéances fixées le 17 avril prochain nous nous sommes rendus dans l’une des wilayas de cette région saharienne. Mercredi, 23 janvier  2014. En plein centre-ville, la rue « Salam Aâlikom », comme tout le monde l’appelle ainsi ici, est apparemment le cœur de la ville. Notre montre affiche 18h00, le mercure, 23 degrés, alors que le soleil  commence à  décliner à l'horizon. Et c’est à cette heure que le monde commence à affluer. Des familles venant de différentes régions du pays créent un mélange des genres très pittoresque, ceci sans oublier les gens de la région, facilement reconnaissable avec leurs tenues traditionnelles. Des jeunes commerçants proposent  différents produits aux passants.
L’ambiance bon enfant fait partie du climat chaud. Le hasard fait bien les choses. Nous avons rencontré, en premier, un citoyen dont le père est lui-même candidat, indépendant, à l’élection présidentielle.
Mahmoud, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un jeune adolescent âgé de 18 ans. Son rêve est  de voter pour la première fois, pour son père Boughnama Ismail dont il n’est pas peu fier : « Je voterai évidemment pour mon père lors de la  prochaine élection présidentielle », a-t-il dit, précisant que le seul bémol, réside dans la difficulté d’obtenir le nombre de signatures nécessaires pour pouvoir se présenter à cet importante échéance. « Je voterai pour mon père s’il arrive à avoir les 60.000 signatures. Au cas où il n’y arrivera pas,  je voterai pour Abdelaziz Bouteflika, l’homme qui a ramené la paix et surtout le développement pour ma région, qui n’avait pas du tout cet aspect, il y a dix ans seulement », a-t-il affirmé, avant de nous quitter prétextant des cours à rattraper ou peut-être un électorat de jeunes amis à convaincre.
A quelques mètres de là, au boulevard Hay El Maddi, Bouida Abdelaziz, un artisan septuagénaire,  vêtu d’une gandoura et de l’éternel chèche, qui cache une grande partie de son visage, est un inconditionnel de la République et du devoir électoral. « De 1975 à ce jour, je n’ai jamais raté une seule élection, de quelque envergure qu’elle soit. »  
Notre interlocuteur sans  tarder  nous invite à visiter  sa petite boutique où, un grand poster  du Président Abdelaziz Bouteflika est  affiché. Après un moment de silence  Bouida  hoche  légèrement sa tête en faisant  un signe de la main vers  le  grand  poster « vous  voyez  cette photo », a-t-il dit avec fierté, « elle  est placardée  sur ce mur  depuis sa première candidature à  l’élection présidentielle en  1999. »
Très hostile à toute forme de changement, il expliquera convaincu que « Bouteflika doit rester à la tête du pays, c’est l’homme qui peut gérer le mieux notre pays. Il a initié beaucoup de choses, il faut qu’il les termine ».
 Ceci sans oublier, comme il l’a si bien dit, le fait qu’ « il a redonné la dignité  et de la valeur aux Algériens à l’extérieur ». Selon lui, « si le Président se porte candidat pour un quatrième mandat, je voterai sans aucun doute pour lui ».
Au boulevard Ennasr, Ben Mohamed Abdelkaid, âgé de 35 ans conseiller à la direction de l’éducation de Tindouf, a souhaité de son côté que lors de la prochaine élection « les électeurs choisiront la personne qui les représentera le mieux ».  
 Mettant à  profit cette occasion notre interlocuteur a fait appel à l’ensemble des citoyens pour se rendre en masse aux urnes  afin d’accomplir leur devoir électoral qui leur permettra d’exprimer leur volonté et de choisir l’homme qu’il faut. Son ami Slimane arrive  et entre, sans tarder,  dans le vif du sujet, ce dernier souhaitera que « le futur Président de la République, soit un homme qui aime vraiment son pays et son peuple, parce que la tâche est encore lourde pour celui qui la portera. »
Aussi, pour lui, « il n’y a que Bouteflika qui peut faire çà et qui est également le plus proche des jeunes et toujours à l’écoute des citoyens ».  Nous poursuivons notre chemin vers le site de la foire, où nous avons sollicité le taxieur Abdelhamid pour connaître son point de vue par rapport à notre sujet, il a indiqué avec beaucoup de sérénité son indifférence.
L’abstention a-t-il dit « est un droit, toutefois, je ne vois pas quelqu’un d’autre que Bouteflika pour gérer un pays aussi grand avec des défis aussi complexes ». Malgré nos tentatives de nous rapprocher de la gent féminine les us et coutumes de la région en ont voulu autrement. Pas question de s’adresser à une femme si on ne la connaît pas.
 Donc, nous n’avons pas pu savoir ce qu’elles pensent de cette échéance.
 Il y a lieu de souligner  dans ce contexte que tous les citoyens sollicités ont qualifié à l’unanimité les élections de 17 avril « de véritable tournant dans l’histoire de notre pays, vu notamment l’importance de choisir l’homme qu’il faut. »
M. A. Z.

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M. Zergoune Slimane, wali de Tindouf, à El Moudjahid  :
« Nous avons mobilisé tous les moyens »
« Nous avons mis en place tous les moyens nécessaires. » Nous avons sollicité M. Zergoune Slimane, wali de Tindouf, afin de connaître les mesures qui ont été prises pour un bon déroulement des élections présidentielles, M. Zergoune a indiqué « qu’à l’instar de toutes les autres régions du pays, au niveau de la wilaya de Tindouf nous avons pris toutes les mesures nécessaires. Déjà la commission de préparation des élections est installée avec la présence de différents partis concernés. Et la mise en place de matériel nécessaire notamment les salles pour les meetings et les manifestations publiques est actuellement en cours.
Nous attendons la clarification des listes électorales qui seront connues prochainement pour faire les répartitions des lieux de rassemblements populaires d’une manière équitable pour tous les candidats, pour le reste, tous les moyens financiers, logistiques et humains sont disponibles. »  
A une question relative  au phénomène de la contrebande spécifique à toute région ou wilaya frontalière, le wali a expliqué que ce phénomène bien que n’ayant jamais atteint une envergure importante dans cette wilaya, « a connu globalement une réduction conséquente ces derniers temps, et cela est dû notamment aux efforts déployés par l’Etat. »
M. A. Z.
 


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