mercredi 14 novembre 2018 10:57:56

Autrement dit : A l’heure de l’épuration ethnique

L’histoire n’est pas une comédie, et, quand elle se répète, elle prend les attributs de la tragédie

PUBLIE LE : 16-02-2014 | 0:00

L’histoire n’est pas une comédie, et, quand elle se répète, elle prend les attributs de la tragédie. Ce qui se passe, en ce moment, en République centrafricaine, rappelle l’une des pages les plus sanglantes du continent africain : le Rwanda et son épuration ethnique et le Soudan avec sa partition en deux Etats. La « passivité » aujourd’hui devant cette « intolérable cruauté » de ceux qui ont soufflé sur le brasier ou participé au désarmement d’une milice en laissant d’autres milices en dehors de cette « pacification » sera jugée par l’histoire comme une complicité demain. Les charniers se banalisent dans ce pays aux prises avec l’une des plus violentes guerres civiles du moment. Au début, politiques, médias et organisations internationales ont cru, en réduisant à sa plus simple expression le conflit entre musulmans et chrétiens, qu’ils allaient rapidement le circonscrire, voire l’étouffer dans l’œuf d’autant plus que fort d’une Mission internationale de soutien et d’une présence militaire française sur le terrain, les belligérants allaient être désarmés. Que s’est il passé ? La Séléka, une coalition constituée en 2012 de partis politiques et de forces rebelles, qui s’est rendue coupable des pires exactions, a été démantelée et sa capacité de nuisance fortement réduite. Les anti-balaka présentés, hier, comme les victimes expiatoires d’une intolérance ethno-religieuse sont devenus les bourreaux d’aujourd’hui. Dans certaines régions, y compris dans quelques quartiers de la capitale aucune troupe française, (2.000 soldats) aucun soldat africain de la Misca (5.400 hommes,) mais des miliciens anti-balaka qui massacrent femmes, enfants et civils. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) est « horrifié » par « la cruauté des auteurs des meurtres et des mutilations d'enfants » et indigné « par l'impunité dont ils jouissent ».
« Ces dernières semaines ont été marquées par des niveaux de violence sans précédent contre les enfants lors d'attaques sectaires et de représailles menées par les milices (majoritairement chrétiennes) anti-balaka et d'ex-combattants Séléka (à dominante musulmane) », souligne l'organisation dans un communiqué rendu public. "Qui sont les 'anti-balaka' ? Qui est leur chef ? Quel est leur message politique ? Quelle est leur chaîne de commandement ? Personne n’en sait rien. C'est une nébuleuse, nous sommes incapables de mettre un vrai visage", avoue le général Francisco Soriano, commandant de la force française Sangaris en Centrafrique. Les anti-balaka, des membres des Forces armées (Faca) ainsi que des fidèles de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars 2013 par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia, ce dernier, contraint à la démission en janvier et remplacé depuis par Catherine Samba-Panza. Dans un rapport qui vient d’être rendu public Amnesty international lance une alerte sur le "nettoyage ethnique" de civils musulmans qui se déroule selon elle dans l'ouest du pays. "Les milices anti-balaka mènent des attaques violentes dans le but de procéder au nettoyage ethnique des musulmans », a déclaré Joanne Mariner, conseillère d’Amnesty international pour les situations de crise. Résultat, on assiste à un exode des musulmans sans précédent." Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a lui estimé qu'un éclatement de la République centrafricaine (RCA) était tout à fait possible étant donné le niveau d'animosité entre chrétiens et musulmans."La brutalité sectaire est en train de changer la démographie du pays, la partition de facto de la RCA est un risque avéré", a-t-il déclaré.
 M. Koursi

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