lundi 14 octobre 2019 17:06:29

La gréve des enseignants entame aujourd’hui sa 4e semaine : M. Baba Ahmed n’écarte pas l’éventualité du report des examens de fin d'année

En dépit des assurances de la tutelle : L’Unpef, le Snapest et le Cnapest optent pour la poursuite de la grève

PUBLIE LE : 15-02-2014 | 23:00
D.R

Comme il fallait s’y attendre, la grève cyclique qu’observent les enseignants depuis le 26 janvier dernier ne sera pas sans effet sur les examens de fin d’année scolaire. Hier, le ministre de l’Education, M. Abdelatif Baba Ahmed, a reconnu, au cours d’un point de presse animé au lycée Hssiba-Benbouali, en marge du Séminaire national sur les services publics en milieu scolaire, qu’ « après trois semaines de grève, il est impossible de récupérer les cours perdus ».

Cette situation décevante a poussé le premier responsable du secteur qui a toujours rejeté l’idée de fixation du « seuil du programme pour le bac », à un éventuel « report des examens de fin d’année scolaire ». il a affirmé que la grève que connaît le secteur depuis plus de trois semaines « nous amène à dire qu'il est impossible de rattraper les heures de cours ratées », soulignant qu'en cas de poursuite de la grève pour la quatrième semaine consécutive « nous serons obligés de reporter les examens de fin d'année ». Selon Baba Ahmed, la mesure consistant à limiter le programme à réviser pour les examens du baccalauréat sera carrément annulée à partir de cette année.
« Il faut une formation complète pour nos enfants qui doivent assimiler la totalité du programme afin qu’ils puissent accéder aux études universitaires », précise-t-il. Répondant à question liée aux activités du secteur programmées au moment où des enseignants sont en grève, le ministre a indiqué que sa mission ne se limite pas à la gestion des grèves.
« Je gère un secteur qui compte 8 millions d’élèves que nous sommes obligés de faire arriver à bon port », a-t-il notamment dit. Tout en regrettant le comportement négatif des syndicats grévistes qui campent sur leur position quant à certaines revendications notamment celle relative à la « promotion inconditionnelle des enseignants » et qui « ne relèvent pas des prérogatives » de son secteur, le ministre a indiqué que le point d’ancrage demeure « la promotion sans condition », chose qui est « impossible ».  Et d’ajouter « Il existe des lignes rouges à ne pas franchir, car il est inconcevable de promouvoir un enseignant ayant le niveau du primaire sans condition et sans formation, conformément au classement de la fonction publique », a-t-il relevé.
Le ministre n’a pas manqué de rappeler que le volet relatif à la promotion systématique des enseignants « est une logique que nous réfutons et qui ne peut être imposée pour la simple raison que cette question relève uniquement des prérogatives de la fonction publique ».  Il a indiqué dans ce contexte que « le passage d’une catégorie à une autre exige une formation, car l’expérience permet seulement de grimper dans les échelons ». Ceci dit, l’accès à un grade supérieur passe « nécessairement » par l’amélioration du niveau de formation et l’ancienneté n’a jamais remplacé la formation », a-t-il noté.
A une question sur le « retard » accusé par la tutelle pour la satisfaction des revendications des partenaires sociaux, le ministre a répondu « on a beau accepter une demande, mais il y a la fonction publique qui sert d’arbitre entre les deux parties. Celle-ci a des règles qu’on ne peut en aucun cas dépasser ».
Évoquant les points de discorde entre les syndicats et la tutelle, le ministre insiste sur trois questions : la première est liée au grade qui est donné selon le nombre d’années et d’études, la seconde relève de l’ancienneté qui est mesurée par échelon, et la dernière qui a trait à la prime de performance pédagogique (40% sur le salaire de base) et qui « est presque acquise, puisque tous les travailleurs sont notés sur ce taux », a-t-il soutenu.  
Le ministre qui a reconnu « la légitimité de certains revendications qui ont été définitivement tranchées », a fait remarquer « l'illégitimité de certaines revendications qui impliquent avant tout l'intervention du secteur de la fonction publique ».  Abordant la question des taux de participation à la grève publiés, M. Baba Ahmed a appelé à s'assurer de la crédibilité de ces taux, précisant que le taux de suivi pour le cycle secondaire « n'a pas dépassé les 20% et ne dépasse les 50 % que dans une seule wilaya ».
 Tout en défendant le droit de l’élève pris en otage par les syndicats grévistes, le ministre a rappelé que « la grève est qualifiée d’illégale aux yeux de la loi » et le ministère de tutelle a eu recours, à l'envoi de mises en demeure aux enseignants grévistes « puis à l'envoi de décisions de licenciement à l'adresse des enseignants ayant refusé de regagner leurs postes ».
Saisissant cette occasion le ministre qui a qualifié la grève des syndicats de « désobéissance » aux lois en vigueur, a appelé une autre fois les enseignants grévistes à faire preuve de sagesse et à mettre l'intérêt de l'élève au dessus de toute considération ».        
Sarah Sofi

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En depit des assurances de la tutelle
L’Unpef, le Snapest et le Cnapest optent pour la poursuite de la grève

Les syndicats non grévistes appellent à la sagesse et à faire valoir l’intérêt de l’école et de l’enfant.

Le débrayage des enseignants entame à partir d’aujourd’hui sa quatrième semaine. L’Union nationale des personnels de l'éducation et de la formation (l'Unpef), le Syndicat national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (Snapest) et le Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique (Cnapest) se sont prononcés sur la poursuite de leur mouvement de grève illimitée.
Selon M. Ammar Benali de l’Unpef « l’union a décidé, de reconduire la grève pour la quatrième semaine et ce, jusqu’au redressement du déséquilibre existant dans le statut particulier. Nos revendications n’ont pas eu de réponses de la part de la tutelle. Je cite à titre d’exemple la valorisation de l’expérience professionnelle pour les enseignants du primaire et du moyen ainsi que les professeurs techniques des lycées techniques (PTLP) qui ont bénéficié d’une formation après le 3 juin 2012 et ce, dans le cadre de l’accord conclu entre la tutelle et l’enseignement supérieur afin de bénéficier des grades de professeur principal et professeur formateur », a-t-il précisé.
De son côté, le Snapest qui a opté pour le principe de la continuité de la grève décidera, de la manière de la poursuite du débrayage à savoir un ou deux jours par semaine. Selon son coordinateur Meziane Meriane « Nous n’avons pas paraphé le PV la semaine dernière car aucun point contenu dans notre plate forme de revendication n’est satisfait », a-t-il souligné.
Entre l’Unpef qui menace de radicaliser le mouvement, le Snapest qui attend un plus de la part de la tutelle et le Cnapest qui était le dernier à trancher en maintenant la grève, les syndicats non grévistes appellent à la sagesse.
Sur les 10 syndicats que compte le secteur, sept d’entre eux, même s’ils partagent les mêmes revendications, se démarquent de la grève, car pour eux « beaucoup d’acquis ont été arrachés ».
Selon le communiqué du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), cette position de « principe » est justifiée par le fait qu’ « au moment des discussions sur le statut des travailleurs de l’éducation, et il y avait eu plus de vingt réunions au siège du ministère de l’Education, la majorité de ces syndicats ont privilégié leurs grades sans se soucier des autres grades et aujourd’hui ils versent des larmes de crocodiles ».
 Et d’accuser « un syndicat corporatiste » d’avoir refusé de défendre les enseignants du primaire et du cycle moyen et aujourd’hui il « tente de les amadouer ». Le Satef préfère, de son côté, temporiser et attendre encore jusqu’après l’échéance présidentielle du 16 avril prochain. « Nous remettrons nos doléances à tous les candidats en exigeant des réponses claires sur l’école et les conditions de travail de tous les fonctionnaires de l’éducation ».
Le porte-parole du Satef M Boualem Amoura a estimé que « les revendications relevant du statut sont acceptées et accordées autour de 90%. Nous sommes contents, car nous faisons partie de ceux qui disent qu’il vaut mieux avoir la moitié du tout que d’avoir le tout de rien. Nous avons eu des acquis. Dieu Merci ! En plus, il n’y a pas que l’argent qui compte. Nous sommes concernés par d’autres questions telle que la réforme du secteur, les conditions de travail, le rythme scolaire, la cantine scolaire, la violence scolaire, la médecine du travail, le niveau scolaire, le taux d’échec…
Dans un autre communiqué publié, hier, le Satef a jugé « important d’éloigner l'école et les élèves de toute surenchère politique », soulignant que la menace de grève à l'approche d'un évènement politique était « chose inconcevable ».
« Il est du droit de tout syndicat de défendre ses revendications sur la base de la vision qui lui est appropriée et le droit de grève est garanti par la loi mais il est important de prendre en compte la conjoncture sensible que connaît le pays », a indiqué le syndicat dans un communiqué précisant que l'Algérie traversait « une étape critique aux plans politique, économique et sécuritaire ».
Il a souligné également qu' « il est important d'éloigner l'école et nos enfants de toute surenchère politique », estimant « inconcevable qu'à chaque évènement politique l'on menace de recourir à la grève et nos enfants en soient les victimes ».
Le Satef a appelé à ce propos, à « la retenue et la pondération ». Le statut particulier "est au cœur même des revendications syndicales », a ajouté la même source avant d'affirmer que l'objectif d'une « école algérienne moderne » passe par la « tripartite de l'enseignant, de l'élève et du système éducatif ». La question « ne saura être redressée si l'on se concentre seulement sur l'enseignant en faisant fi de l'élève et du système éducatif », a poursuivi le syndicat avant d'affirmer que « la grève a entamé l'autorité de l'enseignant auprès de la société et de l'élève à la fois ».
Le Satef a indiqué que la solidarité syndicale était un « principe fondamental », réitérant « son attachement à ce dernier en cas de prise de mesures coercitives à l'encontre des travailleurs en grève ». Il a ajouté enfin, que « l'intimidation est inadmissible au sein de la corporation ».
La fonction publique a signé des dérogations au profit des détenteurs de postes en voie d’extinction dans le secteur de l’éducation, au primaire et au moyen. Le Cnapest a qualifié cette rencontre de « diversion ».
De son côté, la Fédération nationale des travailleurs de l’éducation (FNTE), par le biais de son secrétaire général                M. Ferhat Chabakh appelle à la sagesse et à la raison. « Nous sommes en train de négocier avec le ministère de l’Education nationale. Beaucoup d’acquis ont été réalisés. En tant que syndicaliste, j’appelle à la raison en laissant toujours la porte ouverte au dialogue. Il faut éviter les grève illimitées qui vont à l’encontre de l’intérêt de nos enfants », a-t-il notamment indiqué.
Il y a lieu de rappeler que cette grève a été déclarée « illégale » par la justice. Le ministère de tutelle a déjà mis en place un dispositif pédagogique pour sauver l’école et l’élève.
S. Sofi

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Seminaire national sur l’amelioration des services publics en milieu scolaire
Un site Web au profit du secteur
M. Abdelatif Baba Ahmed a présidé, hier, les travaux du séminaire national sur l’amélioration des services publics en milieu scolaire, en présence du directeur général de la réforme administrative et de l’ensemble des directeurs de wilaya. Cette rencontre intervient quelques mois après une réunion de concertation via visioconférence sur le thème. Il faut noter que le dossier est entièrement finalisé avec la mise en place d’une cellule de suivi du dossier qui a pris en charge l’approfondissement de la réflexion sur cette réforme avec des enquêtes effectuées sur le terrain afin de recenser les insuffisances et d’apporter des propositions et des actions concrètes. Dans son allocution d’ouverture, le ministre a, tout en saluant les efforts consentis dans l’amélioration des prestations du service publique au niveau du secteur, relevé que le but visé consiste en la promotion du travail scientifique pour la prise en charge des préoccupations des citoyens à savoir les parents d’élèves et les élèves ainsi que les travailleurs du secteur. Le projet qui vise l'amélioration des prestations du service public a recueilli différentes propositions au niveau de la base. Il s'articule autour de quatre grands axes liés à la réception et à l’accueil, à l'allègement des dossiers d’inscription et de réinscription des élèves et des demandes d’emploi des fonctionnaires, la prise en charge des doléances des parents d'élèves et l'introduction des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans le secteur. Pour ce qui est de l’allégement administratif, le ministre a cité à titre d’exemple la demande d’extrait de naissance qui se fera que trois fois dans la vie scolaire de l’enfant en première année primaire, première année moyenne et première année secondaire. On notera aussi pour le transfert d’un établissement à un autre, la résidence sera remplacée par une simple quittance de loyer. Parmi les procédures prises dans le cadre de l’amélioration des services publics en milieu scolaire l’ouverture d’un site web (HYPERLINK "http://www.education.gov.dz" www.education.gov.dz), pour l’amélioration du contact parents d’élèves-personnel relevant des établissements scolaire entaché très souvent d’insuffisances. « Nous avons essayé de mettre le paquet sur le site web qu’on vient de redynamiser, et qui porte un très grand nombre d’informations au profit des parents d’élèves. Il s’agit d’un suivi permanent de l’élève à travers les TIC qui se développent à travers le monde », a-t-il notamment déclaré. Le ministre a indiqué par ailleurs qu’il a été mis à la disposition des citoyens un autre moyen de communication à savoir un numéro vert (10-75) qui est mis à la disposition de des citoyen pour avoir des informations auprès d’une cellule d’information auprès du secteur.
Sarah S.

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Les enseignements d’un grève
L’espoir suscité mardi dernier de voir les enseignants grévistes reprendre le chemin des classes n’a pas pesé lourd face à l’entêtement de leurs représentants syndicaux, qui ont décidé de reconduire, à compter d’aujourd’hui et sauf accord de dernière minute, la grève pour la quatrième semaine consécutive. Que les élèves pris en otage soient perturbés et lassés par cette situation qui leur est imposée, qu’ils s’inquiètent, légitimement, des conséquences qu’elle aura sur leur scolarité, — il est aujourd’hui certain qu’il sera impossible de rattraper les cours perdus quel que soient les assurances que les enseignants fourniront —, n’est nullement pris en compte. Les élèves sacrifiés sur l’autel de l’irresponsabilité dont font preuve les syndicats autonomes, n’auront qu’à exiger du ministère qu’il fixe un seuil des cours pour les classes d’examen. Ainsi les syndicats auront bonne conscience. Pourtant, les élèves ne sont pas dupes. Ils ont conscience qu’ils seront pénalisés et surtout qu’ils servent de monnaie d’échange pour les syndicats ne se soucient pas de leur avenir. Dès lors et de grâce que leurs représentants ne viennent surtout pas affirmer devant les medias que l’échec du dialogue est imputable à la seule tutelle qui pousse le secteur au pourrissement. Quel crédit leur accorder lorsqu’ils annoncent, pour tenter de prouver leur bonne volonté, qu’ils en appellent à une médiation « pour mettre fin à l’impasse dangereuse qui empêche d’aller vers un terrain d’entente ». C’est trop flagrant. En fait, cela fait des années, que les syndicats autonomes de l’éducation ont renié leur vocation d’enseignants. Ils se sont mus en prédateurs de primes et d’indemnités. Sans foi ni loi à chaque nouvelle rentrée scolaire, ils sont en quête de nouveaux avantages matériels qu’ils négocient sans pour autant s’inquiéter de la baisse de la qualité de l’enseignement qu’ils dispensent. Tout un chacun parmi nous à dans son entourage immédiat des enfants scolarisés dans les écoles publiques et peut de ce fait témoigner de ce que les élèves reçoivent comme savoir. Il n’y a que les indemnités pécuniaires qui importent pour les enseignants. Des fiches de paie arrondies par les cours de soutien qu’ils proposent aux élèves pour combler leur désintérêt de l’enseignement, car pour le reste, formation et recyclage, il n’y a jamais pas le feu. Alors soyez honnêtes. S’offusquer des propos des responsables de la tutelle qui accusent les grévistes de profiter de la conjoncture politique actuelle pour forcer la main aux pouvoirs publics est une vaine tentative en vue de détourner l’attention sur les réelles motivations du mouvement de protestation en cours. Gageons que si le ministère cède à leurs exigences, la tutelle ne sera plus accusée d’échec dans la gestion des affaires du secteur, mais aujourd’hui alors que la grève entre dans sa quatrième semaine, une question s’impose : que va-t-on faire pour sauver l’école et libérer les enfants otages des enseignants grévistes ? Car la seule certitude est qu’élèves et parents ont, c’est que cette situation ne peut plus durer. Ne doit plus durer. Arrêtez de sacrifier les élèves dont les parents ont opté pour l’école publique.
Nadia Kerraz

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