mercredi 21 novembre 2018 16:02:50
Ph : Nacéra

« En 2013, sept personnes recherchées par les instances judiciaires algériennes ont été extradées vers notre pays suite au lancement de 68 mandats d’arrêt internationaux. »

«L’Afrique enregistre une multiplication d’actes terroristes, crimes transfrontaliers, cybercriminalité et trafics de tous genres. Face à cette situation, les différentes polices africaines ne peuvent pas être pleinement efficaces sans une franche collaboration voire un partenariat soutenu dans un cadre concerté de coopération en matière d’analyse, d’échange d’informations et de renseignements », a indiqué, hier, le directeur de la police judiciaire de la DGSN, Abdelkader Kara Bouhadba, qui est également délégué pour l’Afrique au comité exécutif d’Interpol.  C’est dans cette optique que les directeurs et inspecteurs généraux de police, réunis lundi et mardi derniers à Alger, ont fait part de leur adhésion à la création d’un mécanisme africain de coordination et de coopération des institutions policières (Afripol).  M. Bouhadba, qui intervenait sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, a estimé que la création de cette instance africaine (Afripol) s’avère plus qu’une nécessité, notamment en matière de lutte contre le terrorisme qui constitue la première priorité de l’instance.  « Afripol devient une nécessité pour toutes les agences d’application de la loi en Afrique », a-t-il dit, précisant que ce nouvel organisme aura les mêmes prérogatives que toutes les autres instances policières mondiales en matière de recherche, d’arrestation, de diffusion de mandats d’arrêt et d’extradition. « Ce seront des missions qui seront dévolues à l’Afripol. Ça ne sert à rien de créer une telle instance si on n’arrive pas à arrêter les criminels et ainsi réduire leur mobilité », a-t-il estimé.  D’abord, précise l’invité de la rédaction, cet organe qui est Afripol se penchera sur la normalisation des pratiques, le développement des capacités à travers la formation de la ressource humaine de la police africaine, l’échange des bonnes pratiques et l’établissement de standards de procédures de police. « C’est avec une telle harmonisation qu’on peut avancer ensemble en Afrique », a-t-il souligné.  Le délégué pour l’Afrique au comité exécutif d’Interpol a, dans le même contexte, mis en exergue la coopération « fructueuse » de la police algérienne avec les autres instances internationales telles qu’Interpol, « une des organisations policières les plus performantes dans le monde ».
Le fonctionnaire de police a évoqué dans ce sens que durant l’année écoulée, « sept personnes recherchées auparavant par les instances judiciaires algériennes ont été extradées vers notre pays suite au lancement de 68 mandats d’arrêt internationaux », révélant au passage la diffusion de « sept autres mandats d’arrêt internationaux rien que pour les deux premiers mois de l’année en cours. Les individus recherchés par la justice algérienne sont impliqués dans diverses affaires ». Le directeur de la police judiciaire à la DGSN a, en outre, précisé qu’ « Interpol a lancé en 2013 pas moins de 1.933 mandats d’arrêt internationaux, « ce qui dénote l’importance du travail effectué au niveau de cette instance ».

Drogue : des saisies record et inquiétantes
Le directeur de la police judiciaire de la DGSN a tout bonnement qualifié, comme bon nombre de spécialistes d’ailleurs, le trafic de drogue de « plus grande menace » pour notre pays. « Ce qui nous inquiète, demeure le trafic de drogue. Ces deux dernières années, il y a eu des saisies qui constituent des records pas seulement en Algérie, mais aussi à travers le monde. 200 tonnes saisies par les différents services de sécurité, c’est effarant », a-t-il estimé.  Evoquant la criminalité en Algérie, le directeur de la police judicaire de la DGSN a précisé que celle-ci est pratiquement restée stable. S’appuyant sur les chiffres établis par les différents services de police, Abdelkader Kara Bouhadba a indiqué que la criminalité a nettement régressé entre 2012-2013 particulièrement pour les affaires liées à l’atteinte des personnes.
Salima Ettouahria

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Déclaration finale d’Alger
Œuvrer  pour la paix et la stabilité
Les chefs de police des pays africains se sont félicités  de l'engagement des Etats membres de l'Union africaine (UA) et leur détermination  à œuvrer ensemble pour garantir la paix, la sécurité et la stabilité dans le continent africain, à travers notamment la création du mécanisme de coopération  des polices africaines, Afripol.          
Dans la « Déclaration d'Alger »,  sanctionnant  les deux jours de  travaux de la conférence africaine des directeurs et inspecteurs généraux de  police, les participants ont souligné la « ferme volonté »  des institutions policières africaines d'inscrire leurs actions dans un cadre « concerté et pérenne » tenant compte des spécificités de l'Afrique, dans le respect des valeurs et des principes de l'éthique policière.  Ils ont, également, mis l'accent sur la nécessité de promouvoir la coordination  policière africaine « au niveau stratégique, opérationnel et tactique à travers  l'évaluation des menaces, l'analyse des renseignements criminels, la planification et la mise en œuvre des actions ». Les chefs de police africains ont convenu de faciliter la mise en place  d'un comité ad hoc co-présidé par l'Algérie et l'Ouganda et regroupant les représentants des organisations africaines régionales de coopération policière afin d'élaborer  les projets du stand d'Afripol et des textes juridiques régissant son organisation, son fonctionnement et son financement.
Ils ont exprimé, en outre, leur conviction qu'une réponse efficace contre les différentes formes de criminalité au niveau du continent africain "nécessite  l'harmonisation des approches policières, l'échange et la vulgarisation des  meilleures pratiques en matière de formation, de techniques d'investigation  et l'expertise ainsi que le renforcement des capacités policières africaines".  Ils ont reconnu, d'autre part, qu'un tel objectif appelle à une "coordination et une coopération accrue" avec les autres organisations concernées.          Les participants ont exprimé leur "vive préoccupation" de l'alliance des organisations criminelles, la complexité de leurs actions et modes opératoires qui ont progressivement élargi leur champ d'activité à l'échelle continentale et internationale, en mettant à leur profit les conditions socio-économiques difficiles de certaines populations, la vulnérabilité des frontières, la mondialisation et l'accessibilité aisée aux technologies.  Ils ont également exprimé leur préoccupation quant à l'ampleur grandissante  de ces formes de criminalités dans plusieurs sous régions d'Afrique, l'émergence  et la propagation effrénée de phénomènes criminels plus particulièrement ceux liés aux  technologies de l'information et de la communication, aux transferts de capitaux ainsi que des différents trafics illicites de ressources naturelles  et la contrebande. Les participants à la conférence d'Alger ont insisté, dans le même cadre,  sur la nécessité "d'initier, d'harmoniser et de renforcer" les instruments juridiques  africains relatifs à la lutte contre la criminalité transnationale et le terrorisme, de promouvoir les outils nécessaires de leur application.  Ils ont salué, par la même occasion, les efforts soutenus de l'UA en  matière de promotion des droits de l'homme, de la bonne gouvernance, de l'Etat  de droit, de la paix et la sécurité et le développement économique et social en Afrique, et salué aussi les services fournis par l'OIPC-Interpol et ses efforts  au profit des polices africaines, notamment l'adoption de sa stratégie 2014-2016  et le plan d'action 2014-2015 pour la région d'Afrique. Ils se sont félicités, dans leur déclaration finale, de l'attachement des polices africaines participantes à la conférence au panafricanisme et leur détermination à contribuer à la renaissance du continent et l'émergence d'une société africaine débarrassée des menaces du crime organisé sous toutes ses formes et du terrorisme.
Synthèse M. B.

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Afrique : l’âge de la maturité
L’exclusive fatalité, l’unique tare qui puissent affliger un groupe humain et l’empêcher de réaliser pleinement sa nature, c’est d’être seul, a un jour écrit un anthropologue de renom. Trop souvent perçu comme le continent des guerres et des conflit, comme une terre dure, inhospitalière envers les siens, l’Afrique ne cesse pourtant de croire en des lendemains meilleurs faits d’espoir, régis par la paix et entamant définitivement sa marche vers la prospérité. Aux pays séparés par les conflits et le sous développement, emmurés derrière leurs problèmes, fractionnés et divisés par l'insécurité, une nouvelle vision plane désormais sur ce continent . Elle a pour principe, la communauté de destin. Afripol, dont l’idée a été lancée à Oran à l’occasion de la 22e Conférence régionale africaine d’Interpol, qui s’est déroulée dans cette ville, s’est concrétisée à Alger. Il s’agit d’une nouvelle construction qui s’intègre dans un vaste  plan stratégique pour combattre le crime organisé transnational sous toutes ses formes. Un plan de mise en place de protocoles d’échange d’information et de systèmes électroniques pour permettre aux polices du continent de détecter les nouvelles formes de criminalité, voire anticiper leur développement, identifier les réseaux criminels et les neutraliser. Ce plan d’assistance aux chefs de police de la région qui s’appuie sur les  quatre bureaux régionaux d’Interpol en Afrique : Abidjan, Harare, Nairobi et Yaoundé, vient donc de s’enrichir avec Afripol, dont le siège sera basé à Alger. La sécurité est l’alpha et l’oméga pour garantir sur des bases pérennes les concepts de paix et de stabilité. Que ces dernières vacillent et les efforts fragiles inscrits au frontispice du développement économique et social s’annihilent. Les formes de la criminalité ont connu une mutation fulgurante favorisées par la mondialisation, le recours aux innovations technologiques et la fusion de groupes locaux créant ainsi un vaste réseau continental, voire international où la division du travail entre trafic d’armes, de stupéfiants ou de devises connaît une nouvelle configuration quasi unique. Une autre construction, la capacité africaine de réaction immédiate aux crises est en cours. Le 22e sommet de l'Union africaine (UA) auquel ont participé de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement à Addis-Abeba en Ethiopie, notamment M. Abdelmalek Sellal qui a représenté le Président de la République a enregistré une avancée notable sur ce projet que défend bien évidemment l’Algérie  avec d’autres pays entre autres l’Afrique du Sud, Angola, Tanzanie,  Tchad, Éthiopie, Ouganda, Soudan, Guinée et Niger. C’est l’âge de la maturité pour ce continent resté, pour des raisons aussi nombreuses que connues, confiné jusqu’à ces dernières années dans l’antichambre de ceux qui font les décisions de par le monde. Un âge de la maturité qui permet toutes les actions et les revendications pour peu qu’elles soient portées par le consensus et vision sur une destinée commune. Ce XXIe siècle a bousculé les places acquises. Le Nord (Europe notamment) n’est plus le berceau de la croissance ininterrompue et l’Afrique n’occupe plus un strapontin dans l’économie mondiale. Sa croissance a atteint une moyenne de plus de 5% par an au cours de ces dernières années au  moment même où l’Occident essaie de puiser dans ses cauchemars qui ont été à l’origine de la Seconde Guerre mondiale les explications à sa crise actuelle. Comment accepter une place de spectateur pour régler ses propres conflits ?  La  réunion sur la paix et la sécurité en Afrique, qui s’est tenue  à Alger en décembre dernier, a encore une fois mis sur la table la nécessité de réformer le Conseil de sécurité en accordant deux sièges permanents à deux pays africains ne serait ce que parce que plus de la moitié des réunions de ce conseil sont consacrés aux conflits africains.
M. Koursi

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