vendredi 21 septembre 2018 21:40:06

Autrement dit : L’Europe ou l’invention du barbare

« Contre l'immigration de masse »… à l’initiative de l'Union démocratique du centre (UDC) (un parti d’extrême droite), la Suisse vient de voter une loi qui limite fortement le nombre d’admissions des étrangers sur son territoire… de tous les étrangers y compris des populations frontalières, notamment françaises.

PUBLIE LE : 13-02-2014 | 0:00
D.R

« Contre l'immigration de masse »… à l’initiative de l'Union démocratique du centre (UDC) (un parti d’extrême droite), la Suisse vient de voter une loi qui limite fortement le nombre d’admissions des étrangers sur son territoire… de tous les étrangers y compris des populations frontalières, notamment françaises. Ce parti n’en est pas à son premier coup. En 2009, il a réussi à faire passer la loi sur l'interdiction des minarets, dénoncés comme le « symbole apparent d'une revendication politico-religieuse du pouvoir ». Partout en Europe, un discours « national » se développe. Une sorte de double guillotine face aux flux migratoires : d’abord celle à l’échelle du continent européen et ensuite à l’intérieur même de cet espace, puisque chaque Etat « ajoute une couche » nationale à ce dispositif de « tri sélectif » de sa population étrangère. Il fait du voisin, qu’il soit roumain, hongrois, espagnol, italien un concurrent déloyal pour le marché du travail local. Le discours devient encore plus violent quand cet étranger vient d’un autre continent, asiatique, africain. Se greffent alors au rejet de l’Autre des accusations et des jugements qui relèvent d’un autre âge. Ligue du Nord, en Italie, Parti Populaire en Belgique, PVV aux Pays-Bas, FPÖ en Autriche, Union Démocratique du Centre en Suisse, Parti du Peuple Danois au Danemark, Front National en France. Leur discours rodé puise dans le même fond, à tel point que la leader du Front national français Marine Le Pen a l’intention de réunir tous les partis politiques d’extrême-droite européens pour les prochaines élections au Parlement européen.
Die Welt, l’un des plus grands quotidiens allemands n’hésite plus à dessiner une « citadelle Europe assiégée par des hordes… de réfugiés, de sans-papiers et d’immigrés de masse ».
« Avec des frontières ouvertes, on ne devrait pas s’étonner si l’Europe est prise d’assaut » écrit-il en totale contradiction avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés dont le siège est à Genève qui prouve, chiffres à l’appui, que ce n’est pas l’Europe, mais bien les pays en voie de développement qui accueillent le plus de réfugiés : un tiers en Asie, le quart en Afrique, 15% au Moyen-Orient et 17% en Europe. En fait, ces réfugiés, qui fuient la guerre et recherchent la sécurité, franchissent le plus souvent la frontière la plus proche de chez eux et restent dans leur région d’origine. Les Britanniques sont également pris par cette « mode » que la France
« décomplexée » a popularisée. Les sujets de Sa Majesté sont nombreux à se reconnaître dans le discours xénophobe du Parti national britannique (BNP). “La pénombre du soir est tombée, mais les barbares ne sont point venus. De la frontière des émissaires sont revenus : 'Les barbares n'existent plus!' ont-ils dit. Que ferons-nous maintenant sans eux ? Ils nous étaient tellement utiles pour résoudre nos problèmes...” Constantin Cavafy (du poète grec).
 M. Koursi

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