dimanche 20 octobre 2019 13:12:35

Gréve dans le secteur de l’éducation nationale : « Le retard est préjudiciable pour les élèves », estime Ahmed Tessa

L'Union des parents d'élèves de la wilaya d'Alger appelle à la reprise des cours

PUBLIE LE : 11-02-2014 | 23:00

Le retard occasionné par la grève dans le secteur de  l’éducation est « préjudiciable » pour le moral des élèves et aura un « impact  négatif » sur la qualité de l’enseignement après la reprise des cours, a estimé, hier, le pédagogue Ahmed Tessa.        
 « Tout retard dans la scolarité est préjudiciable pour l’élève, même s’il ne s’agit que d’une seule journée. Des études scientifiques menées par des spécialistes en chronobiologie ont démontré qu’au bout d’un certain  nombre d’absences, les connaissances mémorisées par l’élève commencent à diminuer »,  a indiqué à l’APS, le pédagogue.
M. Tessa a ajouté qu’à un certain moment, l’élève peut atteindre le « seuil  zéro » de l’accumulation des connaissances si l’absence dépasse quelques semaines, voire quelques mois, ce qui ne l’éloigne pas du seuil de « l’analphabétisation »,  a-t-il expliqué, en se référant toujours à la même étude.
 « Au bout de la troisième semaine, la sonnette d’alarme doit être tirée »,  a précisé le pédagogue, tout en notant que cela est valable y compris pour les élèves les « plus brillants » et que « plus l’absentéisme des élèves tarde,  plus il sera difficile de rattraper » le retard accumulé.
Il a insisté, à ce propos, sur la dimension psychologique laquelle  doit être grandement prise en considération au moment des rattrapages, en raison  de « l’impact psychologique » sur les élèves, conséquemment à cette grève.
« Les élèves se sentent frustrés par ces absences et plus grave encore,  ils en sont traumatisés. Certains finissent par décrocher complètement lorsqu’ils  ne sont pas encadrés chez eux par leurs parents. Même s’il y a une bonne volonté  de bien faire en décidant des cours de rattrapage, le fait est là », a -t-il  encore observé.
L’intervenant a estimé, à ce propos, que même lorsque l’enseignant reprend un cours programmé, celui-ci « n’a pas le même impact » sur l’élève que s’il l’a  reçu à temps, dans le mesure où ce dernier est « déstabilisé » par la grève et sa longue durée.
Il a, par ailleurs, mis en garde sur l’importance de procéder aux rattrapages  selon des « techniques pédagogiques précises », de sorte à ce que l’élève soit  soutenu, suivi et sécurisé et qu’il puisse être remis « en confiance » et à nouveau « motivé », d’où l’intérêt de « l’accompagnement psychologique », a-t-il  dit.
« Il s’agit d’une remise à niveau des programmes mais aussi d’une mobilisation  des élèves sur le plan psychologique », a souligné le pédagogue, tout  en observant que  si le retard peut se rattraper « mécaniquement » et « administrativement »,  il reste que la qualité de l’enseignement sera « tributaire de l’état d’esprit »  des élèves, compte tenu des « dégâts » occasionnés sur son moral.
Trois syndicats d’enseignement primaire, moyen et secondaire ont entamé  depuis près de trois semaines une grève, différemment suivie par les établissements  scolaires, à travers le territoire national et ce, pour exiger de la tutelle  la prise en charge d’un nombre de revendications socioprofessionnelles.

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L'Union des parents d'élèves de la wilaya d'Alger appelle à la reprise des cours 
L'Union des parents d'élèves de la wilaya d'Alger  (UPEWA) a appelé, hier, à la reprise immédiate des cours, et a estimé que  les enfants sont pris "en otage" par une grève nationale des enseignants entrée dimanche dans sa troisième semaine.   "Nos enfants sont pris en otage dans un conflit qui ne les concerne  pas.
 Ils doivent rejoindre immédiatement leurs classes", a déclaré le président  de l'UPEWA, Abdelkrim Akhel dans une conférence de presse au siège de l'association.  La grève, déclenchée le 26 janvier dernier par le Syndicat national  autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique  (SNAPEST), le Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire  et technique (CNAPEST) et l'Union nationale des personnels de l'éducation et  de la formation (l'UNPEF), a été déclarée "illégale" par la justice.         
 "L'UPEWA exige à ce qu'il y ait une solution à ce conflit dans  les plus brefs délais, sinon nous risquons d'aller vers une année scolaire  blanche. C'est à la tutelle de trouver cette solution", a souligné M. Akhel,  considérant qu'il y a un "entêtement" des deux parties (syndicats et ministère)  dans ce conflit.          
Le ministre de l’Education nationale, Abdelatif Baba Ahmed, a annoncé la reprise du dialogue pour ce mardi avec les syndicats du secteur pour, selon  lui, "dégeler" la situation provoquée par cette grève observée par des enseignants,  qui revendiquent notamment l’actualisation des indemnités dans les régions du Sud et des hauts plateaux et la révision du statut particulier des employés  du secteur.          
Les discussions avec les syndicats porteront sur onze points de  la fonction publique, a-t-il précisé.                  
"Nous avons appelé les syndicats pour venir aujourd’hui (mardi)  lire et signer avec nous le procèsverbal concernant les différents points relatifs à la fonction publique", a précisé M. Baba Ahmed.           
"Pour nous, la grève est un problème qui relève de la gestion interne  au secteur de l'éducation. Les élèves ont déjà assez de problèmes comme ça. Chacun doit interroger sa conscience et prendre ses responsabilités vis-à-vis de l'avenir de nos enfants", a estimé le président de l'UPEWA.          
L'UPEWA invite les différentes parties impliquées dans la gestion du  secteur de l'éducation nationale (ministère, enseignants et parents) à se pencher plutôt sur des problèmes autrement "plus urgents" comme la violence en milieu  scolaire et la surcharge des classes.

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