lundi 18 novembre 2019 19:07:17

ALGÉRIE - FAO : Vers la mise en place d’un programme de partenariat

La FAO a réalisé 17 projets en Algérie visant à garantir la sécurité alimentaire.

PUBLIE LE : 08-02-2014 | 0:00
D.R

L’Algérie a signé, jeudi dernier à Alger, avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), une déclaration d’intention afin de permettre le  renforcement du rôle de la FAO en Algérie et de mettre en place un programme de partenariat entre les deux parties.
Le document permettra de lancer des projets de coopération technique au niveau national et régional, à travers la promotion de la coopération entre les états du Sud dans les domaines de l’agriculture, des forêts, de la pêche et de la protection de l’environnement.
Il s’agit aussi de renforcer la coopération et de développer la croissance économique mondiale. Joseph Graziano Da Silva a affirmé que les démarches de la FAO avec différents pays africains s’inscrivent dans le cadre de l’engagement de leurs chefs d’États à éradiquer la famine dans le continent à l’horizon 2025 et à relever le défi de consacrer la vision que l’«Afrique jouit de la sécurité alimentaire» en s’attaquant aux causes multiples de ce fléau.
Lors de la tenue de la Dixième réunion des ministres de l’Agriculture des États membres du CIHEAM, l’ensemble des ministres présents ont insisté sur l’importance de la collaboration entre les pays dans le domaine de l’agriculture.   
Dans ce sens, le ministre français de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll, a indiqué, dans son intervention, que «la sécurité alimentaire du bassin méditerranéen, déjà fragile, est fortement menacée par les changements globaux et par ce qui peut être appelé un mal de développement urbain, agricole et rural». Et d’ajouter : «Nous devons permettre que nos agriculteurs puissent à l’avenir assurer une production alimentaire de haut niveau qualitatif et en quantité suffisante face à l’augmentation de la population mondiale, tout en s’inscrivant dans la transition écologique. Pour cela, il nous faut, à mon sens, agir, chacun à son niveau et en synergie au niveau des États, des organisations internationales et du CIHEAM, selon un nombre de priorités bien définies si nous voulons rester efficaces : les politiques agricoles et de développement rural, la transparence des échanges commerciaux, la recherche et la coopération universitaire et le renforcement du poids de la Méditerranée dans les négociations internationales, en particulier à la FAO et au G20.»
En matière de politiques agricoles et de développement rural, M. Le Foll considère que la récente réforme de la PAC est une réussite : elle est plus juste, plus verte et plus régulatrice. «Plus juste, car elle a pour priorité une redistribution en faveur de l’élevage et de l’emploi, sans distorsion de concurrence entre les agriculteurs. Plus verte, car tout en reconnaissant la réalité des pratiques agronomiques et environnementales. Et enfin plus régulatrice, car elle réintègre des outils de régulations du marché (droits de plantations viticoles, quotas sucre… », a-t-il expliqué.
Selon lui, en matière agricole, «il est nécessaire d’avoir des politiques adaptées aux contextes locaux et c’est bien ce qu’ont développé par exemple, nos amis algériens à travers leur Politique de Renouveau Agricole et Rural ou marocains à travers le Plan Maroc Vert».
«Des approches sont toutefois parfois transposables comme celle de veiller à améliorer l’interactivité des acteurs des filières agricoles et agroalimentaires pour en renforcer la stabilité. Je citerai, notamment, nos actions en France en faveur du regroupement des producteurs au sein d’organisations, de la création d’interprofessions, de la structuration de filières, de la solidarité entre céréaliers et éleveurs, la contractualisation dans le secteur laitier», a-t-il déclaré.
S’agissant de la transparence des échanges commerciaux, le ministre français a souligné qu’«il croit, en effet, en la régulation des marchés et donc à leur transparence pour stabiliser le revenu des agriculteurs et éviter des perturbations pour les industries agroalimentaires comme pour les consommateurs».
Selon lui, la transparence des marchés limite la spéculation, laquelle avait conduit à la crise alimentaire mondiale de 2008. Des réponses avaient pu être apportées lors de la présidence française du G20, et notamment la mise en place du forum de réponse rapide et d’un système de transparence sur les marchés mondiaux, AMIS.
«Nous souhaitons aujourd’hui partager notre position sur l’importance de rétablir une filière agricole au sein du G20, pour proposer des actions concrètes contribuant à la lutte contre l’insécurité alimentaire. Les crises doivent plus s’anticiper que se gérer. Je tiens à remercier la Turquie qui envisage une réunion des ministres de l’Agriculture durant sa présidence qui commence début décembre 2014», a-t-précisé.
M. Le Foll a aussi abordé les questions liées à la recherche et la coopération universitaire. Il a annoncé que «le CIHEAM dispose d’une véritable légitimité démocratique et joue un rôle important d’appui aux organismes de recherche. Au plan français, la loi d’avenir a d’ailleurs entériné la reconnaissance officielle des diplômes du CIHEAM, engagement pris à Malte afin de renforcer le projet euro méditerranéen».            Wassila Benhamed


M. Sellal réitère l'engagement de l'Algérie pour la contribution à la sécurité alimentaire   
Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a réitéré, mercredi, l'engagement de l'Algérie à contribuer au développement de la sécurité alimentaire, a indiqué un communiqué du Premier ministère.
M. Sellal a également a rappelé la nécessité de lutter contre toute forme d'exclusion en matière d'accès à l'eau et à la nourriture, conformément aux décisions de l'Union africaine et des Nations unies, lors d'une audience qu'il   a accordée au Directeur général de l'Organisation des Nations unis pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),  José Graziano Da Silva. L'audience s'est déroulée en présence du ministre de l'Agriculture et du Développement rural, Abdelwahab Nouri.
APS       

Le développement de la coopération  agricole au centre d' entretiens entre M. Sellal et le ministre français de l'Agriculture  
Le développement de la coopération entre l'Algérie et  la France dans le domaine de l'agriculture a été au centre d'entretiens, jeudi à Alger, entre le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, indique un communiqué du Premier ministère. Les deux parties ont également abordé les voies et moyens de développer et de renforcer l'agriculture, à la mesure des ambitions communément exprimées, précise la même source. La rencontre a permis également de mesurer les enjeux d'une dynamisation du développement agricole dans un contexte où la sécurité alimentaire à l'échelle mondiale apparaît comme la seule source de paix et de stabilité durables, selon la même source. L'audience s'est déroulée en présence du ministre de l'Agriculture et du Développement rural.

M. Lamamra s'entretient avec le directeur général de la FAO    
Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, s'est entretenu, jeudi à Alger, avec le directeur général de l'Organisation  des Nations-unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),  José Graziano Da Silva.          
Le directeur général de la FAO a qualifié ses entretiens avec le ministre  de "très bénéfiques", soulignant qu'ils ont porté sur la consolidation et le renforcement des relations entre l'Algérie et l'organisation qu'il dirige. Les deux parties ont évoqué aussi l'aide alimentaire à fournir aux pays du voisinage, notamment ceux du Sahel, qui "doivent bénéficier  de l'expertise et de l'expérience de l'Algérie", selon M. Graziano Da Silva. "La FAO est convaincue qu'il ne peut y avoir de sécurité de manière générale sans la sécurité alimentaire, les deux étant intimement liées", a indiqué M. Graziano Da Silva, ajoutant qu'il est "nécessaire" d'aider ces pays pour consolider la sécurité dans la région". "Nous avons également évoqué la rareté de la ressource hydrique et son amélioration dans cette région", a-t-il dit, soulignant par ailleurs la "nécessité" d'encourager l'aquaculture et la production halieutique qui contribuent à la sécurité alimentaire et à la creation de l’emploi chez les jeunes.

La richesse halieutique au menu des entretiens entre M.Ferroukhi et le directeur général de la FAO    
Le ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques, Sid Ahmed Ferroukhi, s'est entretenu, jeudi à Alger, avec le directeur  général de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), José Graziano da Silva, des stratégies visant à développer les moyens d'exploitation des ressources halieutiques et le secteur de la pêche. La rencontre a eu lieu en marge de la 10e réunion des ministres de l'Agriculture des pays membres du Centre international des hautes études agronomiques du Bassin méditerranéen "CIHEAM". Les deux parties ont évoqué également les moyens à mettre en œuvre pour la mise en place de mécanismes concrets de nature à promouvoir les investissements dans le secteur de la pêche et de l'aquaculture, et à créer et développer des entreprises dynamiques dans ce domaine.
APS


Entretien

Marc Dedeire, maître de conférences en aménagement à l’université Montpellier 3 :
« Il faut une régionalisation des modes de consommation alimentaire »

L’expert, également représentant de l’association ART Dev (acteurs, ressources et territoires dans le développement), propose, entre autres, la mise en place d’une «gouvernance alimentaire qui soit susceptible de réduire le gaspillage tout en offrant de l’alimentation de façon homogène dans les territoires, ruraux ou urbains».

M. Deidre, outre les efforts consentis, ne pensez-vous pas qu’il est grand temps pour les pays méditerranéens de renforcer leur cohésion et d’aller en rangs unis pour affronter les différents défis alimentaires ?  
En fait, je vous répondrai que la question de la Méditerranée est importante parce qu’on a affaire à un territoire qui est très homogène sur le plan climatique et agronomique.
L’idée étant de pouvoir développer des stratégies de développement agricole et rural cohérente à l’échelle du bassin méditerranéen. Il sera également question d’imaginer un modèle de labellisation qui puisse convenir à tous les pays et de pouvoir, collectivement, faire connaître les produits de région à travers toute l’Europe, mais aussi à travers le monde.

L’idée est-elle réalisable ?
Bien entendu. La concrétisation de l’idée est fortement possible, à condition qu’il y ait un consensus sur le mode institutionnel de mise en œuvre de système de qualification.
Certains pays ont déjà enclenché ce type de politique publique, à l’image de l’Algérie, de la Tunisie et du Maroc. Les effets sont très intéressants en termes de développement rural.
Parmi les problématiques traitées lors de ce séminaire, figure la protection des ressources naturelles. À présent, sont-elles suffisamment protégées ?  
Il faut définir deux types de protection : interne qui interdit toute forme de pression sur l’agriculture, et externe qui, elle, est liée à des contextes extérieurs tels les changements et le réchauffement climatiques, ainsi qu’aux pressions anthropiques liées au développement urbain. Cette question de gestion de ressources va imbriquer fortement pour arriver à une durabilité forte.

Le gaspillage alimentaire est aussi l’un des phénomènes qui font couler beaucoup d’encre. Si, à un moment, les spécialistes l’ont cru uniquement occidental, il touche de plus en plus les pays de la Méditerranée ? Quelles sont les causes de cette «contagion» ?  
Cette problématique de gaspillage nous mène à poser le problème de la répartition des produits alimentaires dans les territoires, dont certains se sont avérés déficitaires. Plus que jamais, il est aujourd’hui impératif de s’interroger sur la manière de mettre en place une gouvernance alimentaire qui soit susceptible de réduire le gaspillage tout en offrant de l’alimentation de façon homogène dans les territoires, ruraux ou urbains.

Les modes de consommation déterminent à tout point de vue la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires. Il est donc nécessaire d’adopter de toute urgence, des mesures pour évaluer les régimes alimentaires durables dans différentes zones agro-écologiques en développant des méthodes, des indicateurs et des recommandations. Quelles sont les mesures qui relèvent de l’urgence ?
Il faut réfléchir à la façon de voir si les modes de consommation se régionalisent ou pas. C’est aussi l’idée de voir s’il y a un système d’homogénéisation des modes alimentaires, voire un model alimentaire globalisé. Parmi les questions qu’il faut poser, il est important de savoir si la globalisation à l’échelle mondiale importe avec elle  la question de l’alimentation.
Une fois cette problématique traitée, il serait judicieux de chercher la façon de régionaliser les modes et modèles alimentaires. L’histoire nous enseigne que la manière de s’alimenter dans une dimension régionale permet de préserver les ressources.

Les pays méditerranéens ont-ils les moyens d’aller vers cette «régionalisation alimentaire» ?   
Autour de ces pays, il y a des modes alimentaires, comme la diète méditerranéenne.
En s’appuyant sur ce modèle, on devrait promouvoir des actions intersectorielles innovantes pour contrer la dégradation des écosystèmes, la perte de biodiversité et la simplification des régimes alimentaires à travers l’amélioration des pratiques alimentaires durables.
Les efforts doivent être redoublés. Les pays concernés sont appelés à préserver cet acquis et mettre en avant cette particularité en intégrant une dimension de durabilité au point de pouvoir mieux gouverner cette région du monde au niveau des modes de consommation alimentaires. Je pense beaucoup à l’intérêt d’un mode alimentaire régionalisé à l’échelle des grandes régions, pas forcément au niveau de chaque pays.   
Propos recueillis par Fouad Irnatene

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