dimanche 23 septembre 2018 02:46:57

Selon une étude de la Société Algérienne de Nutrition : 13 % d’adolescents en surpoids

2014, année de lancement de campagnes de prévention

PUBLIE LE : 06-02-2014 | 0:00
D.R

Les mauvaises habitudes alimentaires et le mode de vie sédentaire sont les principaux, facteurs responsables de l’augmentation du risque d’apparition précoce de maladies métaboliques. 13 % d'adolescents âgés de 10 à 17 ans sont en surpoids selon une étude de la Société algérienne de nutrition (SAN) menée en 2013 auprès d'enfants scolarisés, selon le Professeur Malika Bouchenak, présidente de la SAN et enseignante-chercheur au Laboratoire de Nutrition Clinique et Métabolique de l’Université d’Oran.
Lors d’une table ronde organisée par la SAN sur le thème «Les dangers d’une alimentation déséquilibrée», dont l’objectif est de faire un état des lieux du nouveau mode de vie des algériens et du risque qu’il engendre sur leur santé et leur bien-être, le Pr. Bouchenak a expliqué que «l'enquête menée auprès d'un groupe de 400 adolescents âgés de 10 à 17 ans a révélé que 13 % de  ces adolescents étaient en surpoids et 5 % obèses et 16 % de ces adolescents présentaient un  retard staturo-pondéral désignant une croissance insuffisante sur le plan de la taille et/ou du poids.» Au cours de cette étude, l’équipe du Pr Bouchenak a exploré plusieurs indicateurs informant sur les habitudes alimentaires, l’activité physique et leurs répercussions sur l’état de santé de ces jeunes algériens. L’étude a notamment dévoilé que la pression artérielle systolique dépasse la limite supérieure des 14 cm Hg chez 7 % des adolescents de l’enquête et que la pression artérielle diastolique dépasse la limite supérieure des 9 cmHg chez 5 % de la population étudiée.
Ces résultats indiquent une pression artérielle moyenne élevée, en particulier chez les adolescents en surpoids et obèses, aggravant, chez ces jeunes, le risque de souffrir d’hypertension artérielle. En outre, comparés aux normo-pondéraux, une augmentation significative de la consommation de sucres simples et de graisses saturées est notée chez les groupes en surpoids et obèses.
Toujours selon cette enquête, l’apport alimentaire quotidien de 7 à 14 Mégajoule. j-1 est supérieur à la dépense énergétique journalière (DEJ) variant de 6,2 à 8,6 Mégajoule. j-1, cette dernière étant liée essentiellement aux activités scolaires et domestiques, sachant que l'activité sportive de ces adolescents se limite à 2 heures par semaine. Ceci reste significativement loin de la moyenne recommandée par l’OMS qui est d’avoir une activité physique modérée à intense, au moins 60 minutes par jour, qui soit appropriée au point de vue du développement et qui implique diverses activités. Les résultats de cette enquête sont assez alarmants selon le professeur Bouchenak qui a déclaré que «la population étudiée présente des anomalies métaboliques, nécessitant un programme d’éducation nutritionnelle associée à une activité physique régulière pour prévenir et/ou lutter contre le risque cardio-métabolique.»

2014, année de lancement de campagnes de prévention
Santé et bien-être sont des notions fortement liées au comportement alimentaire. Ce dernier est à fortiori déterminant au cours de l’enfance et l'adolescence, dans l'acquisition d’une bonne santé et de bonnes habitudes alimentaires au cours de l’âge adulte. Tous les experts s’accordent à dire que chez l’enfant et l’adolescent, l’excès de consommation d’aliments à densité énergétique élevée (fastfood, produits sucrés, produits trop gras…), l’insuffisance d’apport en aliments et nutriments protecteurs (fruits, légumes, fer, vitamine A, les produits laitiers source de vitamine D,…) ainsi que la sédentarité liée à la diminution de l’activité physique et à l’introduction d’activités sédentaires (télévision, ordinateur, jeux vidéo...) constituent une conjonction de facteurs de risque. Ces facteurs exposent les enfants et les adolescents à la dénutrition et au développement de pathologies à risque métabolique tels que l’obésité, le diabète, l’hypertension artérielle, la dyslipidémie, le syndrome métabolique… etc.
Ces comportements sont très difficiles à modifier par la suite, d’où la nécessité d’agir dès le plus jeune âge.
Selon le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière, l’Algérie présente toutes les caractéristiques d'un pays en transition nutritionnelle.
Et pour cause, l’échantillon de la population algérienne étudié est révélateur des faiblesses du consommateur algérien en termes d’équilibre nutritionnel. En effet, les mauvaises habitudes alimentaires et le mode de vie sédentaire sont les principaux facteurs responsables de l’augmentation du risque d’apparition précoce de maladies métaboliques.  
Cette transition nutritionnelle est caractérisée par la coexistence de la malnutrition, par carences globales ou spécifiques, et le surpoids et/ou l’obésité, dans le même environnement et qui serait associée au niveau de développement économique des pays, à l’urbanisation, à une faible qualité de l’alimentation ainsi qu’aux mauvaises conditions de vie.
En 2014, la SAN ambitionne de mener des programmes sur la prévention des carences nutritionnelles et du surpoids/obésité chez les jeunes (enfants, adolescents), en favorisant la transmission des bonnes pratiques alimentaires.
En effet, agir sur la prévention nécessite l'implication et la collaboration de nombreuses parties, y compris les scientifiques, les universitaires, les ONGs, les consommateurs, les responsables de la santé, l'industrie agroalimentaire, et les autorités nationales et internationales. L'éducation nutritionnelle associée à la promotion de l’activité physique est donc un outil puissant pour veiller à ce que les jeunes comprennent la valeur de la nutrition et de l'activité physique pour leur santé tout au long de leur vie.
Wassila Benhamed  
 

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