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Rencontre avec Ahmed Benzelikha, linguiste, economiste, journaliste et écrivain : « Il est injuste que le Nord considère les valeurs humaines comme les siennes »

Un nouvel ouvrage vient d’enrichir la bibliographie de l’auteur algérien Ahmed Benzelikha. Intitulé «L’air du temps, chroniques des années 2000», ce livre a été édité à la fin 2013 à l’occasion de la tenue du 18e Salon international du livre d’Alger (SILA) aux éditions Alpha dans le cadre d’une collection consacrée aux essais.

PUBLIE LE : 05-02-2014 | 0:00
Ph. : Nacera

Un nouvel ouvrage vient d’enrichir la bibliographie de l’auteur algérien Ahmed Benzelikha. Intitulé «L’air du temps, chroniques des années 2000», ce livre a été édité à la fin 2013 à l’occasion de la tenue du 18e Salon international du livre d’Alger (SILA) aux éditions Alpha dans le cadre d’une collection consacrée aux essais. Un recueil de chroniques de presse dans lequel le lecteur trouvera les repères majeurs de l’actualité nationale et internationale en se reposant sur des problématiques relatives à la vie politique, économique et sociale ; l’auteur nous a accordés cette interview lors de la vente-dédicace de son ouvrage à la librairie générale d’El Biar à Alger.

Une petite présentation du livre ?
L’air du temps, chroniques des années 2000 est un essai qui se présente sous la forme d’un recueil de chroniques, il y a différentes chroniques, chacune s’intéresse à un thème particulier, et chacune développe une idée ou un ensemble d’idées concernant un sujet donné de l’actualité nationale et internationale.

Quelles sont les thématiques de ces chroniques ?
Les sujets sont principalement politiques, économiques et sociaux, et s’intéressent à travers les événements durant la décennie 2000 aux différentes problématiques qui ont intéressé les grandes questions de l’heure.

Vous avez publié des contributions dans plusieurs journaux, ces chroniques sont elles inédites ?
Il s’agit des contributions qui ont été en effet éditées dans quelques titres de la presse. Mes activités professionnelles ne me permettent pas d’être présent seulement dans un seul titre, j’essaye à chaque fois de contribuer tant que j’ai l’occasion à enrichir la réflexion autour des grandes questions de l’heure.

Quels sont les moments forts de cet ouvrage ?
On trouve l’avenir des pays arabes, la question palestinienne, la question irakienne, les relations entre le Nord et le Sud, les grandes questions économiques à l’exemple de l’adhésion de l’Algérie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), d’autres problématiques plus locales, celles concernant les élections, concernant l’organisation sociopolitique algérienne, il y a de nombreuses problématiques, mais à chaque fois que j’ai eu à aborder chacune de ces problématiques, je me suis attaché surtout à mettre en avant ce qui a tendance à durer, ce qui es permanant, c'est-à-dire la condition humaine, les grandes valeurs humanistes, les valeurs de modernisme, d’ouverture sur l’autre, de dialogue entre les civilisations.

Quid de l’aspect économique de l’ouvrage ?
L’air du temps, chroniques des années 2000 est un ouvrage qui s’intéresse à certaines problématiques de l’économie, il y a une chronique consacrée à l’économie, c’est la première que j’ai intitulée le comptable et l’alternative où j’essaye un peu de faire valoir les différentes problématiques rattachées à la mondialisation et encore une fois à l’ordre économique mondial.

Vous êtes connu pour vos positions anticolonialistes, y a-t-il un aspect historique dans cet ouvrage ?
En ce qui concerne le colonialisme en tant que tel, je ne m’y sui pas attaché dans ce livre, je me suis focalisé en revanche sur ce qui est néocolonialisme, à la guerre contre l’Irak, à l’instauration d’un nouvel ordre au sein des pays arabes. On retrouve la problématique du colonialisme en filigrane, mais elle ne fait pas directement partie du contenu du livre.

Vous prônez toujours un nouvel ordre de l’information…
Ce qui retient l’attention dans l’activité médiatique actuelle, c’est la présence de différents pôles de production d’information. A l’échelle internationale, ces pôles sont souvent non identifiés de par le flux ininterrompu d’informations que nous recevons via internet, via les réseaux de communication à l’instar de Facebook, ces informations ne sont pas toujours vérifiées, soit en matière de véracité et d’objectivité, soit en ce qui concerne leur provenance. Je crois qu’aujourd’hui, il y a une inégalité quant à la production informative au niveau de l’amont et de l’aval, d’input et d’output, les informations sont issues pour la plupart du Nord, des pays les plus puissants et les plus modernes, les mieux équipées pour propager l’information.
Les pays du Sud essayent peu ou prou de se faire une place en matière d’information, mais cela est très difficile. Je pense qu’aujourd’hui, il est souhaitable et nécessaire que les pays du Sud s’organisent de manière à ce que leurs voix et leurs opinions soient entendues.

Après  votre analyse intitulée Omar et l’Occident, comment analysez vous les relations entre le Nord et le Sud ?
En ce qui concerne cette problématique, le titre est particulier parce que je l’ai repris du personnage célèbre du roman La grande maison de Mohamed Dib, dans un passage où Omar se pose la question : qu’est ce que la mère patrie ? J’ai un peu repris cette problématique quant au questionnement de l’Occident aujourd’hui, qu’est ce que l’Occident ? Est-ce que les valeurs les plus modernes, les valeurs les plus humanistes relèvent de l’Occident ? Pour ma part je ne le pense pas, je crois que c’est des valeurs communes qu’on peut retrouver dans les différentes civilisations, et il est pour le moins étrange et injuste que l’Occident fasse siennes ces valeurs, et essaye par la suite de les faire valoir comme outil de pression et de propagande à travers cet ordre inégal d’information. Ce qui est bien, c’est que nous avons tous un fond commun qui est le fond humain, nous avons tous un fond de valeur qui sont à peu près les mêmes, ce sont des valeurs universelles.

C’est déjà demain est le titre de l’une de vos chroniques, que voulez-vous exprimer à travers un titre qui comporte un jeu de mots chronologique ?
Le titrage est très important dans le jargon journalistique, c’est ce qui permet de retenir le lecteur, mais, le plus souvent, le titre se doit d’exprimer le contenu de l’article lui-même, en ce qui concerne cette chronique, ce qui est intéressant c’est le fait de se poser parmi l’actualité d’aujourd’hui dans le cadre d’un proche avenir, je laisse le lecteur découvrir un peu ce que visait ce titre et je pense qu’il en aura pour sa lecture pas pour son argent.
Entretien réalisé par
Kader Bentounes

 

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