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Djawad Bourkaïb, directeur de la sécurité sociale : Le tiers-payant généralisé aux malades chroniques

Élargissement du dispositif du médecin de famille aux 2.100.000 malades chroniques

PUBLIE LE : 03-02-2014 | 0:00
D.R

La France doit 86 millions d'euros à l'Algérie.

«Il n’y a pas de créances relatives à des prises en charge dans les hôpitaux français telles qu’avancées par la partie française», a assuré le directeur de la sécurité sociale auprès du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Djawad Bourkaïb, sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale, expliquant que «les factures de soins dûment justifiées ont été réglées. En 2013, nous avons déboursé plus de 22 millions d’euros, et en 2014, plus de 4 millions d’euros». Le responsable a tenu à préciser, néanmoins, que «toutes les factures qui n’impliquent pas la sécurité sociale ont été  écartées. C'est-à-dire celles où il n’y a aucune preuve que la prise en charge nous incombe». En revanche, selon lui, «la sécurité sociale algérienne a, elle, une créance détenue sur la sécurité sociale française», parce que, explique-t-il, «la partie française n’a pas organisé la commission mixte qui permet l’épurement des comptes depuis 2010, malgré la demande algérienne». Dans le même ordre d’idées, l’invité de la rédaction a indiqué que «la sécurité sociale algérienne paie pour le compte de la sécurité sociale française, la couverture maladie des retraités du régime français qui vivent en Algérie». Une facture «estimée à 86 millions d’euros». Allant plus loin dans ses explications, il dit qu’au cours de la réunion de cette commission mixte qui va se tenir prochainement, «l’Algérie va expliciter au partenaire français, la situation avec les justificatifs. Annuellement, 400 malades sont transférés pour soins à l’étranger».

Élargissement du dispositif du médecin de famille aux 2.100.000 malades chroniques

Par ailleurs, le système du tiers payant, qui concernait jusque-là les retraités, «sera élargi aux médecins traitants et de familles des malades chroniques, à compter de fin mars 2014, alors qu’il était appliqué jusque-là exclusivement aux retraités et à leurs familles». Selon le responsable, «il va y avoir un élargissement du dispositif médecin traitant qui sera étalé aux 2.100.000 malades chroniques assurés sociaux à partir de fin mars 2014, avant qu’il ne bénéficie à plus de 4.400.000 assurés, dont les retraités», a assuré M. Bourkaïb, estimant que «grâce à ce dispositif, les malades chroniques peuvent, désormais, se présenter chez leurs médecins, généralistes ou spécialistes, sans avancer les frais de la consultation».
Aussi, a-t-il précisé, «les malades chroniques seront dispensés de l’avance des frais médicaux chez leur médecin traitant, moyennant un protocole. Ils seront couverts à 100%».
Toutefois, le responsable précise que «seulement 2.760 médecins ont adhéré à ce dispositif», et cela parce que «les médecins sont dissuadés, particulièrement, par les bas tarifs pratiqués par la sécurité sociale», a-t-il dit. «Je crois qu’on est arrivé au moment d’aller vers une concertation avec les partenaires pour mettre en place le dispositif le plus adapté qui convient à toutes les parties», a déclaré M. Bourkaïb, ajoutant que «les honoraires seront revus à la hausse, en faisant toutes les simulation qui seront compatibles avec la capacité financière de la sécurité sociale».
Cette décision, prise par le département de Mohamed Benmeradi, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, en concertation avec les différents partenaires, tels que l’ordre national des médecins, les associations de médecins — et cela en vue d’assurer sa réussite — «aura un impact très fort sur le citoyen, dans la mesure où il ressentira une amélioration de la couverture sociale», a-t-il estimé.
Dans le même ordre d’idées, il a tenu à souligner que ce système est appelé à «se développer ; cela aura aussi  un impact très positif sur la santé publique, dans le sens où il contribuera à désengorger les structures hospitalières publiques qui s’attelleront aux grandes interventions et à la mise en œuvre des programmes nationaux», a-t-il expliqué.
En ce qui concerne les dépenses de la santé, M. Bourkaïb a avancé qu’«elles ont coûté 280 milliards DA à la sécurité sociale en 2013, alors que les dépenses des retraites ont atteint plus de 500 milliards de DA». Évoquant les créances de l’instance dont il dépend, il a dévoilé qu’«elles s’élèvent à plus de 60 milliards DA, alors que la contribution de la Sécurité sociale au financement de la santé publique s’élève à 57 milliards DA», a-t-il indiqué. M. Bourkaïb, qui a souligné la nécessité de l’introduction de nouveaux «apports», a déploré le financement de la Sécurité sociale qui provient essentiellement des cotisations des travailleurs. Selon lui, «les taxes prévues jusque-là demeurent insuffisantes et en deçà des besoins de la Sécurité sociale».
Sihem Oubraham

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21 nouveaux médicaments remboursables intégrés dans la nouvelle nomenclature
Le représentant du ministère du Travail a annoncé, en outre, que «21 nouveaux médicaments seront inclus dans la nomenclature nationale des médicaments remboursables», expliquant que «l’actualisation de la nomenclature nationale des médicaments remboursables a été décidée par une commission interministérielle, en concertation avec les différents partenaires. Selon lui, «la majorité des médicaments qui vont intégrer la nouvelle nomenclature nationale des médicaments remboursables par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS) sont de production nationale et concernent les pathologies de la tension artérielle, du diabète, d’endocrinologie, de neurologie et des anti-inflammatoires». En contrepartie, «d'autres médicaments remboursables ont été annulés de la liste pour avoir été retirés du marché à l’échelle internationale, et ce en raison de leur dangerosité ou pour avoir été considérés comme n’ayant aucune valeur ajoutée d’un point de vue thérapeutique».
S’agissant du remboursement des médicaments, le directeur de la sécurité sociale auprès du ministère a affirmé que cette opération a coûté à la Sécurité  sociale, 158 milliards DA en 2013, soit une hausse de plus de 18% par rapport à 2012. Enfin, dans la perspective de réduire le coût de la prise en charge des médicaments aussi bien pour le malade que pour l’institution qu’il dirige, il a appelé les prescripteurs à «réduire et alléger les ordonnances des malades, tout en les incitant à privilégier le générique».

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