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Zones de conflits : Les corridors de la mort

« Une personne déplacée toutes les quatre secondes »

PUBLIE LE : 29-01-2014 | 0:00
D.R

Les femmes et les enfants assiégés depuis des mois dans le centre de Homs (Syrie) peuvent quitter la ville. C’est l’un des premiers acquis, annoncé par le médiateur de l’Onu, Lakhdar Brahimi. Les médias se focalisent souvent sur le spectaculaire, accordant leur une aux négociations politiques, reléguant souvent, en arrière-plan, le drame de ces millions d’enfants, de femmes, de vieillards et de personnes livrés aux dangers de toutes sortes, des maladies et de la famine et jetés sur les routes, entassés dans des camps ou dispersés dans la savane ou des villes peu accueillantes et égoïstes. Avec pour seul bagage les «vêtements du jour». Signe de l’évolution de ces couloirs, l’Algérie, zone de transit vers l’Europe, est devenue un réceptacle de réfugiés subsahariens, syriens... «La Syrie est devenue la grande tragédie de ce siècle, une calamité humanitaire indigne avec des souffrances et des déplacements de population sans équivalent dans l'histoire récente», estime António Guterres, ancien Premier ministre du Portugal et, depuis 2005, à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés dont le siège est à Genève. Il n’y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde depuis près de vingt ans : une personne déplacée toutes les quatre secondes, «à chaque fois que vous clignez de l’œil», assène-t-il. Ces personnes fuient la guerre... Presque trois millions de Syriens ont entamé un long voyage dans la douleur, la souffrance et le déchirement en Égypte, en Turquie, en Irak et en Jordanie. Environ 52% de cette population sont des enfants âgés de 17 ans ou moins, et près d’un quart de la population libanaise est composée de réfugiés syriens. À ces trois millions, il faut ajouter 5 millions de personnes déplacées à l'intérieur de la Syrie. Les conflits et les catastrophes ont jeté 50 millions de personnes dans la nature sans aucune protection ou couverture sociale et sanitaire. 55% des réfugiés viennent de cinq pays en guerre : l’Afghanistan, la Somalie, l’Irak, la Syrie et le Soudan. Les guerres d’aujourd’hui tuent moins de militaires que les conflits passés mais beaucoup plus de civils

« Une personne déplacée toutes les quatre secondes »
En Éthiopie, au sud de la Thaïlande, le delta du Niger, les États du Sahel, la rébellion des Maoïstes qui s’opposent au gouvernement indien, le conflit israélo-palestinien (avec 5 millions de Palestiniens refugiés), les Kurdes en Turquie, Les insurrections au Cachemire, Le conflit interne au Pérou, en Colombie, l’insurrection aux Philippines, en Birmanie, la guerre civile au Darfour, en Irak, au Yémen, Guerre du nord-ouest du Pakistan, en Afghanistan... Ce dernier est depuis plus de trente ans, le pays qui souffre le plus de cette tragédie. Selon les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, un réfugié sur quatre est afghan, au Pakistan et en Iran essentiellement. Ces deux pays sont ceux qui accueillent le plus de réfugiés dans le monde. Le Soudan déchiré par des conflits «ethniques» a généré le déplacement interne d’environ six millions de personnes.
En Somalie, le conflit, couplé à une sécheresse que les Nations unies considèrent comme la plus dramatique en plus d’un demi-siècle, a démultiplié l’exode vers le Kenya, l’Éthiopie, le Yémen et Djibouti. Dans la région des Grands Lacs, l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) s’en prend aux civils depuis des décennies. Des terroristes qui sont la cause de dizaines de milliers de déplacés en République centrafricaine, en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan du Sud. Même fuite éperdue au Yémen où les combats ont causé la mort de milliers de civils et provoqué l’exode d’autant de personnes. En Afrique australe, des cohortes ont voyagé de la Corne de l’Afrique et de la région des Grands Lacs en direction du sud du continent, plus particulièrement de l’Afrique du Sud, désormais le pays qui reçoit la majorité des demandeurs d’asile. Cet exode se compose de Somaliens, d’Éthiopiens et d’Érythréens qui «parcourent plus de 4.500 kilomètres, en transitant surtout par le Kenya, puis la Tanzanie, le Malawi, le Mozambique et le Zimbabwe», révèlent différentes enquêtes. Au Népal, 18% environ de la population du Bhoutan ont fui et traversé la frontière indienne.
Les pays en voie de développement accueillent la majorité de ces réfugiés. Contrairement aux discours xénophobes de l’extrême droite occidentale, ce n’est pas l’Europe, mais bien les pays en voie de développement qui accueillent le plus de réfugiés : un tiers en Asie, le quart en Afrique, 15% au Moyen-Orient et 17% en Europe. En fait, ces réfugiés, qui fuient la guerre et recherchent la sécurité, franchissent le plus souvent la frontière la plus proche de chez eux et restent dans leur région d’origine.
 M. Koursi

 

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