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Colloque international sur les politiques de santé : Pour une meilleure prise en charge du malade

Le directeur de la formation au ministère de la santé : « La formation continue, une priorité pour le personnel de la santé »

PUBLIE LE : 18-01-2014 | 23:00
D.R

Des assises nationales de la santé prévues en mars 2014.

Les différentes expériences internationales en matière de santé ainsi que leurs modes de gestion, ont été à l’ordre du jour des travaux du colloque international sur les politiques de santé qui se sont ouverts hier matin sous la présidence de M. Abdelmalek Boudiaf ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, en présence de plusieurs membres du gouvernement du secrétaire général de l’UGTA, des représentants du Sénat et de l’APN et de la protection civile, du président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH).  
Placée sous le haut patronage du Président de la République, cette rencontre de deux jours organisée en partenariat avec l’École Nationale Supérieure de Sciences Politiques regroupe des experts nationaux et étrangers afin de mettre en lumière la politique nationale de santé et ses déclinaisons régionales, particulièrement pour les hauts plateaux et le grand Sud.
Selon le premier responsable du secteur « le vrai problème qui se pose actuellement est principalement lié au degré auquel on répond aux besoins de la santé qui sont en constante augmentation ce qui rend difficile de se fixer des priorités tout en assurant que chaque offre dans le domaine de la santé est automatiquement suivie d’une augmentation dans la demande », souligne-t-il tout en précisant que cette situation est due au développement considérable dans le domaine de la technologie médicale et de ses techniques.
Tout en appelant à la nécessité de profiter des expériences, des pratiques et des applications des différents pays dans le monde de la santé en matière de financement, de la mise au point des conditions de la prise en charge des usagers de la santé et de la réhabilitation et l’amélioration des services de la santé publique, le ministre a attiré l’attention des participants sur le programme du Président de la République qui réserve une place de choix au secteur de la santé et qui insiste sur la réforme du système de santé et l’amélioration des prestations de service  et les soins pour les usagers. « Il est important de rappeler que le soutien financier et matériel, qui a été alloué au secteur de la santé en vue de le promouvoir vise à répondre à des besoins spécifiques dont la santé des citoyens à besoin », souligne t-il.
M. Boudiaf qui a insisté sur les difficultés rencontrées au niveau du secteur a précisé que celles-ci  nous oblige « à œuvrer avec détermination afin de mettre au point des stratégies globales pour le développement et la modernisation du système de santé au cours des cinq prochaines années », une période qui sera selon le ministre consacrée afin d’atteindre les divers objectifs du plan mis au point à cet effet. Le ministre a expliqué dans ce même ordre d’idées que le développement économique, les transformations sociales et les besoins fondamentaux, qu’exige actuellement le niveau de progrès  connu par notre pays ces dernières années, appelle nécessairement à « reconsidérer le système de santé et la législation, et revoir son organisation, comme il est devenu aussi plus que nécessaire de reconsidérer les méthodes et les moyens de gestion des services de santé publique », dit-il.

Un nouveau rôle échu aux partenaires  sociaux
En matière de réforme du service public, le ministre a indiqué que la priorité doit être basée principalement sur « la nécessité d’assurer une meilleure prise en charge du malade et de mieux répondre à ses besoins et de lui assurer une bonne qualité des services ».
Tout en saluant le dévouement et les efforts consentis par les fonctionnaires du secteur, le ministre a longuement insisté sur dialogue social, qui impose « un nouveau rôle aux partenaires sociaux qui se reflète dans le développement du système de santé et la contribution au développement du programme spécial de la mise à niveau des fonctionnaires de la santé ».
Il n’a pas omis de relever dans ce même contexte, l’importance du programme accordé à la formation continue en lui accordant la place qui lui est du en lui bénéficiant tout le soutien matériel et financier dont il aura besoin afin de le promouvoir et l’accompagner selon les conditions requises.
Coté prévention, le ministre a insisté sur les efforts qui doivent être multipliés malgré les retombées positives obtenus dans ce domaine et en particulier dans le programme de vaccination et ce pour faire face à différentes menaces résultant de l’évolution environnementale, le déplacement des personnes et des marchandises sans respecter les conditions sanitaires imposées par l’OMS.
Pour ce qui est des maladies non transmissibles le ministre a mis l’accent sur la nécessité de soutenir l’éducation pour la santé et le développement de la santé scolaire et les soins de santé pour les personnes sujettes à ces pathologies.
En matière d’oncologie et la prise en charge de la maladie du cancer, le ministre a évoqué les instructions du Président de la République, visant la nécessité de définir un programme de lutte contre le cancer qui ont vu le jour sur le terrain à travers les projets de construction et d’équipement des hôpitaux spécialisés dont le nombre est de plus de 19 établissements. « La promotion de ces hôpitaux exige également la promotion des activités de recherche afin qu’elles aient un statut, en offrant les conditions nécessaires pour ce fait », souligne-t-il.
Pour ce qui de l’hospitalisation et de soutien du système national de santé, le ministre a insisté sur le projet d’acquisition de 15.000 lits qui se concrétisera dans les prochaines années, en plus des 10 centres hospitaliers qui auront une part importante dans le cadre de répondre aux besoins en la matière. Le ministre qui a longuement insisté sur la bonne gestion du secteur a annoncé la généralisation d’ici 2015 de l’outil informatique, afin de le rendre conforme aux nouvelles évolutions des TIC.  
Plusieurs communications ayant trait au système national de santé depuis l’indépendance, la politique de formation et de recherche en santé, la politique nationale de prévention, le financement du système de santé, la politique du médicament ont été présentées, suivi de débats sur ces questions relatives, notamment à la définition de la  politique nationale de santé et ses déclinaisons régionales ainsi qu'aux grandes orientations de la politique de santé à l'horizon 2020. Les débats ont concernés également, la prévention et l'impact des facteurs environnementaux sur les systèmes de santé, l'organisation de la formation et de la recherche en santé, les grands projets du secteur de la santé et la lutte contre le cancer. Sur ce dernier point il a été souligné que l'état des lieux de la prise en charge des personnes atteintes de cancer, établi lors des inspections dans les 48 wilayas au cours du dernier trimestre de l'année 2013, a mis en évidence des dysfonctionnements. Les participants ont insisté sur la nécessité de revoir l'organisation du  système de la prise en charge des patients en proposant de nouvelles visions susceptibles d'instaurer de nouvelles règles en la matière.
Sarah Sofi

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Le directeur de la formation au ministère de la santé :
« La formation continue, une priorité pour le personnel de la santé »
« Tout le personnel du secteur est concerné par la formation continue, l’objectif visé est la meilleure prise en charge du patient et une bonne gestion du secteur. Pas moins de 24.104 candidats à un diplôme d’état dans les filières énoncées seront pris en charge par nos institutions et écoles de 2014 à 1018 ». C’est ce qu’a déclaré hier à Alger, le directeur de la formation au niveau du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière le professeur, Moussa Arrada.
Dans son exposition intitulée « politique de formation et de recherche en santé », le Pr. Arrada a estimé que « la mission de formation des professionnels de la santé dont le pays a besoin a un double objectif : assurer une prise en charge totale, permanente et qualitative de la santé des citoyens malades et protéger les citoyens sains de la maladie.»
Le Pr. Arrada a indiqué que « parmi ses candidats il y a 769 sages-femmes, 9.777 paramédicaux diplômés d’Etat et 13.558 aides soignantes. »  Selon lui, il n’y aura pas de formation d’auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation, AMAR pour les deux années à venir, celle-ci ne pouvant débuter qu’à la sortie de la promotion des paramédicaux diplômés d’Etat dans deux années qui ont une durée d’étude de trois années, cette formation étant devenue, depuis la création des instituts nationaux une spécialité. Il a en outre, expliqué que « durant les dix dernière années, les écoles et instituts ont formé 52.003 agents paramédicaux. »     
Wassila Benhamed

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Ils ont dit

Mohamed Bekkat Berkani, Président du conseil de l'ordre des  médecins algériens :
« C’est la première réunion avec  autant de compétences  nationales »
« Aujourd’hui c’est une journée d’information et de formation, c’est la première fois que le ministre de la Santé réunit un panel aussi large et de ce niveau. C’est une bonne initiative. C’est la première fois depuis que je suis aux affaires des ordres des médecins, que je vois une institution nationale comme le ministère de la Santé réunir autant de compétences médicales. On a toujours demandé des assises nationales de la santé, car ce sont des journées qui sont ancrées en matière à travers l’expérience de nombreux experts de nous exposer quel fonctionnement de système de santé qui doit être à la hauteur de l’Algérie. Qui doit présager une réunion générale de ses assises de la santé ou tous les représentants des Algériens qui sont préoccupés par le système de la santé peuvent discuter et envisager l’avenir de la santé sur une feuille de route qui nous engagera tous. A ce moment là chacun prendra ses responsabilités. »

Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique :
« Je salue cette initiative à laquelle nous avons été invités à participer »
« Je salue cette initiative car il faut savoir que jusqu’à aujourd’hui on n’a jamais eu un séminaire qui a abordé la politique de santé nationale. En tant que partenaires sociaux, ça fait longtemps qu’on dit qu’on n’a pas de visibilité et il n’y a pas de véritable politique de la santé, la responsabilité est au niveau du gouvernement. La loi fondamentale du secteur sanitaire date de 1985, alors que tous les autres secteurs ont refait leurs lois ; c’est une preuve qu’il ya pas une priorité de refonte du système de santé pour le gouvernement. Je salue cette initiative pour laquelle on a été invités à participer. On a fait part  au ministre de la Santé, de la résistance qui s’exerce au niveau du ministère concernant la participation et le rôle des partenaires sociaux. Durant ces deux journées, on essayera de discuter quelle est la meilleure politique de santé à adopter pour l’Algérie, en attendant les assises nationales de la santé. Egalement, on essayera de mettre en place une feuille de route du système de la santé qui permettra de faire une politique qui sera mise en œuvre même si les responsables changent, c'est-à-dire qu’on arrête de gérer en fonction de la personne. »                
Propos recueillis par W. B.

Farouk Ksentini :
« La mauvaise gestion est le maillon faible  du système de santé et entrave la qualité des services »
Le président de la Commission nationale consultative  de promotion et de la protection des droits de l’homme (CNCPPDH), Me Farouk  Ksentini, a expliqué en marge du colloque international sur « Les politiques de santé en Algérie » que « l’Algérie a fourni des efforts considérables pour développer le secteur  de la santé, mais la mauvaise gestion demeure le maillon faible qui entrave  une bonne qualité des services offerts aux usagers de la santé. »
Considérant que l’Algérie est un pays colonisé par la bureaucratie,  Me Farouk Ksentini a plaidé pour « la nécessité de libérer les initiatives  pour faire barrage à ce fléau et pour le bon fonctionnement du secteur de  la santé. »   Estimant que la volonté politique existe pour promouvoir le secteur  de la santé,   Me Ksentini a affirmé qu’ « il était pour que les choses s’améliorent et soient assainies afin que le citoyen bénéficie de  son droit à la santé, qu’il qualifie de droit fondamental. » Et d’ajouter : « Les constats ont été faits. Maintenant, il faut passer à l’action car la santé est une nécessité absolue. Nous sommes dans la bonne direction et il n’y a aucune raison pour que les choses ne s’améliorent pas. »
Il a insisté sur les compétences « avérées » dont regorge le personnel médical en Algérie et qu’il convient de fructifier.        
  Interpellé sur sa perception de la médecine gratuite, le même responsable a estimé que « celle-ci a ses avantages et qu’il faut allier le passé et le  présent pour que les choses évoluent de manière positive », a-t-il conclu,  en faisant référence à la nécessité de la médecine privée.
 

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