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Référendum pour la nouvelle constitution en Égypte : Un scrutin sous haute surveillance

Les Égyptiens ont commencé à voter hier pour un référendum destiné à valider une nouvelle Constitution, première étape de la "feuille de route".

PUBLIE LE : 15-01-2014 | 0:00
D.R

Le nouvel homme fort du pays, le général Abdel Fattah El-Sissi, dont le portrait orne de nombreux bâtiments, a lié à demi-mots sa candidature à l'élection présidentielle, qui pourrait se tenir dès avril, au "mandat populaire" que lui conférerait, selon lui, une forte participation au référendum et une large — et prévisible — victoire du "oui" à la Constitution.
À 59 ans, le chef de l'armée égyptienne est présenté par ses partisans comme un sauveur, seul en mesure de ramener le calme et la stabilité dans le pays après trois années de chaos. Il leur promet de construire un "État démocratique moderne".
"C'est un homme à poigne", dit de lui Oum Sami, habitante d'un bidonville du Caire, résumant le sentiment de nombreux Égyptiens qui appellent de leurs vœux un retour des militaires au pouvoir, même si le prix à payer est un recul des libertés démocratiques acquises en 2011. "La situation ne nous plaît pas, mais nous allons voter «oui», et si Dieu le veut, les choses iront mieux", ajoute-t-elle avec fatalisme. Pour s'assurer d'une forte participation qui démontrera aussi, selon elle, que l'éviction de Mohamed Morsi le 3 juillet après de gigantesques manifestations n'était pas un "coup d'État", les autorités ont permis aux Égyptiens de voter là où ils se trouvent, ce qui leur évite d'avoir à rentrer dans les villes où ils sont enregistrés sur les listes électorales pendant les deux jours de scrutin. Face aux interrogations suscitées par cette mesure pour la transparence du vote, le pouvoir a assuré que les bases de données électroniques permettraient d'éviter les fraudes, le bourrage des urnes et les votes multiples qui étaient la norme à l'époque pas si lointaine où Hosni Moubarak était président.

Explosion au Caire
Les Frères musulmans ont de leur côté appelé à boycotter le référendum, mais discrédités par leur année au pouvoir et par la campagne de propagande qui, depuis leur éviction, les a accusés de tous les maux de l'Égypte ; ils n'ont plus le poids qui leur avait permis de remporter les cinq précédents scrutins depuis la chute d'Hosni Moubarak il y a trois ans.
Pratiquement, aucune force politique n'a appelé à voter "non" au référendum.
Les seuls qui s'y sont risqués, des militants du parti L'Égypte forte, dirigé par un dissident de la confrérie, ont été arrêtés pour possession d'affiches et de tracts, selon les organisations des droits de l'homme.
Au volet sécuritaire, le ministère de l'Intérieur a annoncé son intention de déployer 220.000 policiers et 500 unités de combat. Des militaires sont également mobilisés pour l'occasion.  Une explosion a néanmoins été entendue hier près d'un tribunal du quartier populaire d'Imbaba, au Caire, avant le début des opérations de vote. Il n'a pas été fait état de victimes dans l'immédiat. Une fois adoptée, la nouvelle Constitution renforcera l'indépendance de l'armée, s'affranchira des ajouts d'inspiration islamiste figurant dans la Constitution actuelle, et interdira entre autres les partis politiques sur des bases religieuses.

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