mardi 22 mai 2012 23:25:34

Internet : On se déchire pour la toile !

Au motif du non respect de la réciprocité dans l'échange de données, Google déclare la guerre ouverte à Facebook. Le pas est vite franchi par ceux qui y voient une bataille pour la suprématie sur le réseau internet.

PUBLIE LE : 12-11-2010 | 20:00
D.R

Ce que beaucoup prédisaient a fini par se produire; Google vient d'ouvrir les hostilités contre le site de réseau social Facebook. Le numéro un mondial de la recherche sur internet ne permettra plus l'importation automatique des contacts des abonnés à ses services e-mail, à moins qu'il n'y ait une réciprocité des flux d'information.
Google accuse notamment Facebook de puiser dans les données de ses utilisateurs sans pour autant permettre l'accès aux données de ses propres abonnés.
Le premier site communautaire mondial, avec plus de 500 millions d'inscrits, dépend de services e-mail tels que le Gmail de Google pour aider de nouveaux abonnés à trouver des contacts faisant déjà partie du réseau.
Quand une personne s'inscrit sur Facebook, il lui est demandé d'entrer sa liste contacts sur Gmail dans le système du réseau communautaire. Facebook est alors en mesure de dire quels membres du carnet d'adresses de ce nouvel utilisateur sont déjà inscrits.

Google coupe net
Dans un communiqué, Google estime que des sites tels que Facebook conduisent "les utilisateurs dans une impasse de données".
Facebook n'a pas tout de suite réagi aux propos de Google.
Bien que le portail internet présente sa décision comme une mesure destinée à permettre aux utilisateurs de ses services e-mail de garder le contrôle de leurs données personnelles, des analystes ont estimé qu'elle s'inscrivait dans la lutte entre les deux groupes pour la prédominance sur internet.
"Les jeux de pouvoir à l'œuvre sur internet se concentrent dans la bataille naissante entre Facebook et Google. Ce dernier doit devenir un acteur un premier plan dans les réseaux communautaires mais n'a pas encore réussi à le faire", a dit Ray Valdes, analyste chez Gartner.
"Si les internautes font des recherches en étant sur Facebook, s'ils écrivent des e-mails via Facebook, s'ils font de la messagerie instantanée avec Facebook, alors tout ceci va se faire aux dépens de Google", a-t-il ajouté.

Une histoire pas tout à fait nouvelle
Comme l'écrivaient des titres spécialisés, "des bruits de bottes" se faisaient entendre depuis quelques temps déjà dans le camps du moteur de recherche Google, résolu à en découdre avec ce  site de réseautage social dont l'audience culmine à presque 600 millions d'utilisateurs et qui, suprême menace a enregistré, il y a quelques mois un score financier dépassant, pour la première fois; celui de Google.
En mars dernier, la presse spécialisée rapportait que pour la première fois de l’histoire du web, un réseau social a généré davantage de trafic qu’un moteur de recherche. Au delà de la guerre d’audience qui fait rage entre Google et Facebook, c’est l’internet en lui-même qui subit une mutation majeure.
Une étude de Experian Hitwise montre qu’aux États-Unis, pour la première fois de son histoire, sur une semaine entière, Facebook a généré davantage de trafic que le colosse Google : 7,07% contre 7,03% entre le 6 et le 13 mars 2010. Et la tendance de fond ne laisse guère de chances au leader des moteurs de recherche : en un an, Google a gagné 9% de trafic, quand Facebook progressait de 185%.
D’un côté, il y a l’internet traditionnel, dans lequel le programme informatique organise la connaissance en bases de données, et de l’autre, il y a des êtres humains, qui font remonter les informations qu’ils jugent dignes d’intérêt à des gens qui les jugent dignes de confiance. Depuis un moment déjà, Google a compris que sa concurrence directe ne résidait plus guère dans le search – les google-killers cuil et bing connaissent des fortunes diverses, mais ne sont guère parvenus à ébranler son leadership –, mais dans le social. Et de multiplier les tentatives infructeuses : Google Wave, Google Buzz, auxquelles les internautes ont réservé un accueil tiède. En 2007, Google ne s’était d’ailleurs pas caché de son intention d’investir dans Facebook, avant de se faire couper l’herbe sous le pied par Microsoft. La guerre qui a lieu, car c’est bien d’une guerre qu’il s’agit, a pour objet la domination de l’internet, mais surtout son utilisation, sa structure et son organisation.

Le social en enjeu
Face au poids croissant de Facebook, Google organise l’offensive sur le terrain des réseaux sociaux. Selon Techcrunch, l’entreprise devrait ainsi acheter le site Jambool, qui détient le système de paiement en ligne "Social Gold". Pour 70 millions de dollars, elle placerait dans son arsenal cette plateforme de monnaie virtuelle proche des Facebook Credits. Si Google s’abstient pour l’instant de communiquer sur le sujet, l’entreprise rejoindrait dans le panier de Google d’autres start-up de social gaming.
La conquête du cyber-espace social passera-t-elle par le jeu ? Selon le Wall Street Journal, Google est en pourparlers pour des partenariats avec des développeurs de jeux en ligne, comme Playfish, Playdom et Zynga, créateur de Farmville, qui compte 60 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. Le moteur de recherche n'a pour l'instant confirmé que le partenariat avec ce dernier.  Google a également acheté Slide tout récemment. Cette entreprise de divertissement social a développé, notamment sur Facebook, des applications de jeux comme SPP Ranch, ou encore d’échange de vidéos et de photos comme FunSpace.
Le 6 août, David Glazer annonçait la couleur sur le blog officiel de Google : “Une fois l’équipe de Slide intégrée, nous nous investirons pour rendre nos outils toujours plus ouverts socialement.” Prochains candidats à la “socialisation” : la messagerie Gmail, la suite bureautique GoogleDocs, la plateforme de blogs Blogger, Picasa et YouTube.
Fin juin, une rumeur autour du projet Google Me lancée par le fondateur de Digg avait mis sur le devant de la scène l’ambition du moteur de recherche. Il s'agirait de créer un réseau social à partir des contacts de Gmail.
Si Google se défend de vouloir créer une copie de Facebook, il détient déjà le nom de domaine googleme.com. Un ancien responsable technique de Facebook, Adam D’Angelo, a également affirmé qu’il s’agissait d’un “vrai projet” et qu’”un grand nombre de personne travaillaient dessus”.
Techcrunch croit savoir que Vic Gundotra, un ingénieur spécialisé dans le développement mobile de Google, mènera les troupes pour travailler sur ce projet de réseau social. La conversion s’annonce en tous cas longue, lente et pas très transparente.
L’entreprise de Mountain View s’est pourtant pris quelques gadins dans l'aventure du réseau social. Dernier râteau en date : Google Wave, qui sera abandonné avant la fin de l’année. La plateforme qui devait révolutionner le travail en groupe s’est avérée trop complexe pour attirer le public.
De même, début 2010, la tentative d’hybridation de Facebook et Twitter, Google Buzz, a fait un flop relatif. Intégré à Gmail, la fonctionnalité a tout de même mieux marché que les Google Profiles. Quant au réseau social pur et dur Orkut, lancé en 2004, il n’a connu le succès qu’au Brésil et en Inde, où Facebook gagne du terrain.
Des échecs à répétition qui ne font que confirmer qu’”il manque une culture sociale à Google”, comme l'explique Frédéric Filloux, éditeur de la lettre d’information Monday Note.
“Google est une entreprise d’ingénieurs. Ils ne prennent pas beaucoup de décisions à partir de leur instinct, estime-t-il. Ils tentent de prendre pied dans un secteur qui n’est pas dans leurs gènes au départ, or on ne peut pas changer son coeur de métier par des acquisitions. A mon avis, ils ne réussiront pas à prendre cette vague.”conclut-il
Pour faire face à la concurrence que lui impose face book, Google s'esssaie au monde du réseau social.
Google se prépare à une nouvelle tentative pour déchiffrer le monde des réseaux sociaux appartenant à Facebook, et dans une moindre mesure, Twitter.
Pourquoi Google voyage sur cette voie une fois de plus? Ne sont pas les échecs de Dodgeball, Orkut, Jaiku, Buzz, Wave, etc suffisant pour Google se rendre compte qu’il ne comprend tout simplement pas de réseau social?
Peut-être, mais Google ne peut pas se permettre de regarder le web devenir social sans elle.
Paul Adams chercheur de Google explique ce qui se passait autour du Web; les gens achètant en ligne sont plus enclins à faire confiance à leurs amis que les étrangers – ou des annonces de recherche.
Pensez-vous que Facebook ou Google est plus fiable si vous songez à acheter le nouveau CD de Prince? Ou un nouveau club de golf? Aujourd’hui, c’est probablement Google, mais assez tôt vous pourriez être consulté par des amis Facebook sur quoi acheter.
C’est cette menace qui gêne les dirigeants de Google.
Adams a révélé certaines de ces menaces lors de sa présentation en lançant une nouvelle stratégie « Google-me. »

Faire dans le social est capital
Mais une chose à garder dans l’esprit: Cette présentation n’est pas nouvelle. Et ce n’est pas nécessairement une indication de la façon dont Google entend agir. La société a des centaines de chercheurs et compte bien s'installer dans les réseaux sociaux. Car, il ne compte pas  se laisser distancer par Facebook. Le géant du Web prépare bel et bien une contre-attaque, a indiqué son patron dernièrement, lors de la conférence Zeitgeist, à Scottsdale, en Arizona. «Nous essayons de prendre les produits principaux de Google et d'y ajouter une composante sociale» , a confié à cette occasion Eric Schmidt, PDG de Google. Selon le Wall Street Journal , il estime que «l'idéal serait que Facebook ouvre ses données. À défaut, il y aura d'autres moyens d'obtenir cette information» .
Appelé «Google Me» en interne, l'offre de Google consisterait à permettre aux internautes d'accéder depuis des services Google à des données qu'ils ont partagées sur d'autres réseaux sociaux, comme le site de microblogging Twitter ou la plate-forme de partage de photos Flickr, éditée par Yahoo!. De même, Google pourrait devenir plate-forme de jeux communautaires en ligne (social games), où les internautes accéderaient aux jeux populaires sur Facebook comme Farmville et Mafia Wars édités par Zynga, Playfish et autres Playdom. Enfin, Google chercherait à informer les internautes en temps réel des vidéos consultées par leurs amis sur YouTube.
Google s'était fait remarquer cet été en multipliant les acquisitions de start-up spécialisées dans le Web social, notamment l'éditeur d'applications pour réseaux sociaux Slide, la société Jambool, qui édite le système de monnaie virtuelle en ligne Social Gold, et l'éditeur de jeux en ligne SocialDeck.
Si Google voit sa domination du Web mondial défiée par l'émergence rapide de sites comme Facebook et Twitter, qui changent l'accès des internautes à l'information, le spécialiste de la recherche en ligne n'est pas un nouvel entrant du Web social.
Dès 2004, ayant échoué à racheter le site Friendster, l'un des champions de l'époque, Google a développé en interne son réseau social. Appelé Orkut, il s'est hissé à la première place sur des marchés majeurs comme le Brésil ou l'Inde. Mais, à l'inverse de Facebook, Google n'a pas su transformer l'essai à l'international et voit même, comme en Inde, le numéro un mondial des réseaux sociaux détrôner peu à peu Orkut.
Google a également raté le virage du temps réel. Le groupe vient ainsi d'annoncer la fermeture de son plus récent et ambitieux projet, le service de communication communautaire Google Wave. De même, Google Buzz, la fonction sociale ajoutée à sa messagerie Gmail, a suscité une levée de boucliers des internautes soucieux de leur vie privée au lieu d'éveiller leur enthousiasme.
K. T.

-------------------------

La reine d'Angleterre y est
Après avoir ouvert une 'chaîne' royale sur YouTube, un compte Flickr et un fil Twitter, la reine d'Angleterre s'apprête à lancer sa propre page Facebook
La famille royale y a mis en ligne des photos, des vidéos, des nouvelles et des discours de la reine Elizabeth II, ainsi que de l'héritier du trône, le Prince Charles, et de ses deux fils William et Harry. En revanche, impossible pour les utilisateurs de Facebook de poster des commentaires ni d'entrer en contact ou devenir 'ami' avec la reine. Celle-ci a préféré créer une page plutôt qu'un profil personnel sur le site de socialisation, ce qui implique également que les adeptes de Facebook ne seront pas mis au courant des actualisations sur leurs 'fils d'informations'.

Guerre sur les écrans
Le film “The Social Network”, inspiré de l’histoire de Facebook, est sorti aux USA le 1er octobre (et en Europe vers le 13 octobre). Google a contre-attaqué en faisant savoir que “The Google Film” était en préparation. Le blog italien Ciaoblog parie que le film sur Facebook sera plus intéressant car, comme nous le savons, les “méchants” ont plus de succès que les “bons” au cinéma.
La guerre Facebook contre Google ne concerne pas que la mainmise sur le web, car les deux géants américains s’affronteront bientôt dans les salles de cinéma.
En effet, le film sur Facebook, fait déjà tant parler de lui. The Social Network, est l'oeuvre du réalisateur David Fincher (auteur de thrillers mémorables comme Seven, The Game et Zodiac) et de l’excellent producteur Aaron Sorkin (qui a travaillé pour la série culte À la Maison Blanche et le film Des hommes d’honneur).

Front contre Google?
Le partenariat anti-Google entre Skype et Facebook est en marche. Le réseau social et le service de VoIP ont tous deux annoncé l'intégration des leurs services respectifs. Les membres de Facebook pourront ainsi communiquer via Skype. Inversement, les utilisateurs de Skype pourront mettre à jour leur profil Facebook ou commenter ceux de leurs contacts, directement depuis le logiciel de VoIP. Ces nouvelles fonctionnalités seront lancées au travers d'une prochaine mise à jour de Skype. Ce partenariat pourrait donner du fil à retordre à Google, qui dispose de son propre service de VoIP, Voice
 

DONNEZ VOTRE AVIS

Il n'y a actuellement aucune réaction à cette information. Soyez le premier à réagir !

S'inscrire
Presedant
Suivent
 

Donnez votre avis

Aidez nous à améliorer votre site en nous envoyant vos commentaires et suggestions