jeudi 14 dcembre 2017 11:15:51

Soudan : Conflit ethnique et enjeu pétrolier

Les armes vont-elles se taire, la violence s’arrêter au Sud Soudan ? Des médiateurs vont tenter de rencontrer aujourd’hui le président de cet Etat après avoir rencontré RiekMacha, l’ancien vice-président dont l’éviction a fait exploser le chaudron de la guerre civile dans cette partie de l’Afrique qui n’a jamais connu la paix ou la stabilité depuis au moins une décennie.

PUBLIE LE : 13-01-2014 | 0:00
D.R

Les armes vont-elles se taire, la violence s’arrêter au Sud Soudan ? Des médiateurs vont  tenter de rencontrer aujourd’hui le président de cet Etat après avoir rencontré RiekMacha, l’ancien vice-président dont l’éviction a fait exploser le chaudron de la guerre civile dans cette partie de l’Afrique qui n’a jamais connu la paix ou la stabilité depuis au moins une décennie. Quand l’histoire se répète, elle prend, presque toujours le visage de la tragédie… pour le Soudan cette sentence est terriblement juste. Comme pour la Centrafrique, ce pays pris dans la tourmente de la guerre civile, le Soudan en est à sa troisième  guerre avec, à chaque fois, l’apparition de raisons qui ne font que compliquer le retour à la paix. Deux Soudans (le Nord et le Sud) sont nés d’un seul territoire après deux décennies d’une guerre particulièrement meurtrière. Au Soudan (comme en République centrafricaine ou d’autres territoires pris dans la tourmente de la violence), des analyses paresseuses amplifiées par les medias occidentaux procèdent par de dangereux raccourcis pour expliquer les racines du mal. Ce serait, dit-on, un conflit ethnique entre deux groupes aussi puissants que violents : les Nuer contre les Dinka. Deux tribus soudées par un mouvement d’indépendance qui a donné naissance en juillet 2011 au plus jeune pays du monde : le Sud Soudan. 11 millions d’habitants, du pétrole, un président originaire des Dinka, qui, va dégommer son vice-président qui appartient aux Nuer accusé de vouloir «être roi à la place du roi» lors des prochaines présidentielles prévues en 2015. Le Soudan du Sud, présenté comme pauvre est enclavé entre le Soudan au nord, l’Ethiopie à l’est, le Kenya, l’Ouganda, la RD Congo au sud et la Centrafrique à l’ouest dispose, cependant, de ressources pétrolières Le président et le vice-président déchu s’appuient, on l’imagine, chacun sur son ethnie pour s’imposer. Dans une société où les communautés qui se perçoivent, en l’absence d’une construction moderne fédératrice qui met en avant l’appartenance territoriale et des frontières nationales,  d’abord à travers le prisme de l’appartenance ethnique, le basculement vers des revendications tribales masque les enjeux réels .
Et les enjeux dans ce pays comme ailleurs, depuis que le monde est monde, est le pouvoir. Le président et le  vice-président à travers leurs ethnies respectives  s’affrontent particulièrement dans les territoires du nord, riches en pétrole. A cette première difficulté vient s’arrimer une seconde, autrement plus complexe.
Depuis l’indépendance du Soudan du Sud, au prix d’une horrible guerre, la situation est potentiellement explosive avec le voisin et frère : le Soudan. Khartoum et Juba se disputent les territoires riches en pétrole et le tracé de la frontière. Le pétrole extrait au Soudan du Sud emprunte  les oléoducs du Soudan.
Des robinets menacés à chaque fois de fermeture… Le chemin de la paix aura-t-il le goût du pétrole ?
M. Koursi

 

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