jeudi 19 septembre 2019 07:10:41

Soudan du Sud : La question des prisonniers politiques pèse sur les négociations d'Addis-Abeba

Les négociations en vue d'un cessez-le-feu au Soudan du Sud devaient reprendre hier, alors que la question des prisonniers politiques pose problème.

PUBLIE LE : 08-01-2014 | 23:00
D.R

Les négociations en vue d'un cessez-le-feu au Soudan du Sud devaient reprendre hier, alors que la question des prisonniers  politiques pose problème. Suspendues lundi en fin de matinée pour consultation, les deux parties en conflit bloquent sur le dossier relatif à la libération des prisonniers politiques, accusés d’avoir fomenté un coup d’Etat à la mi-décembre. Ce point constitue le principal blocage des négociations en vue d'un cessez-le-feu au Soudan du Sud qui néanmoins progressent, selon les observateurs.  L’équipe de médiation s’est rendue à Juba pour rencontrer le président Salva Kiir, et tenter de le convaincre de libérer les prisonniers politiques. Le blocage est qualifié de sérieux en dépit de l’optimisme des deux  camps quant à la poursuite des discussions. Il est un autre motif de récrimination de la délégation rebelle à Addis-Abeba. Il s’agit de l'implication militaire présumée de l'Ouganda qui soutiendrait le président Salva Kiir. En effet, depuis le 20 décembre, des forces spéciales ougandaises sont  présentes au Soudan du Sud. Officiellement, elles sont venues pour protéger et évacuer les ressortissants ougandais et sécuriser l'aéroport.  Mais les forces ralliées à l'ex-vice-président Riek Machar affirment que les Ougandais sont bel et bien présents sur le théâtre des opérations. "Nous ne nous battons pas seulement contre les forces loyales à Salva  Kiir, mais nous nous battons aussi contre les forces venues d'Ouganda. Je vous le confirme", avait déclaré à la presse le porte-parole de Riek Machar, Moses Ruai Lat.  Prenant à témoin la communauté internationale, Moses Ruai Lat, a souligné qu’une crise politique interne ne doit pas amener le pays de la région à prendre  partie. "Nous demandons au monde entier de bien observer ce qui se passe ici.  Ce que fait Museveni n'est pas bon. Nos problèmes internes doivent demeurer  nos problèmes internes et ne doivent pas devenir ceux des pays de la région",  a-t-il indiqué. "Museveni s'est impliqué dans ce conflit, et désormais, on ne peut plus  le considérer comme neutre", a souligné le porte-parole de Riek Machar. Les insurgés accusent, en outre, l'Ouganda d'avoir envoyé des hélicoptères de combat MI 24 et affirment que ces hélicoptères pilonnent régulièrement leurs positions dans la ville de Bor. Ce que dément Kampala.                             

L’ancien ennemi au secours  de la paix

Le Soudan a réitéré lundi sa position en faveur de la stabilité et de  la résolution du conflit armé au Soudan du Sud par le dialogue, notant que la  guerre aurait des conséquences incalculables. "Le Soudan a indiqué une position claire, faisant part de son soutien  à la stabilité au Soudan du Sud et à la résolution du problème entre les deux  groupes rivaux par le dialogue", a déclaré le ministre soudanais des Affaires étrangères, Ali Karti, à l'occasion du retour du président soudanais Omar El-Béchir du Soudan du Sud après une courte visite. "Le président El-Béchir a transmis à son homologue Salva Kiir un message clair indiquant que la guerre doit se terminer par le dialogue et que les combats pourraient faire basculer le Sud dans l'insécurité", a-t-il ajouté. Les Etats unis ont salué mardi les efforts du président soudanais Omar el-Béchir pour tenter de résoudre le conflit au Soudan du Sud voisin par des commentaires exceptionnels de Washington. Le président el Béchir a fait lundi un aller-retour à Juba pour plaider  la cause de la paix et discuter en outre du déploiement d'une force mixte, soudanaise et sud-soudanaise, censée protéger les champs pétroliers au Soudan du Sud. En réponse, le Soudan du Sud a demandé à discuter avec les autorités  de Khartoum des modalités de déploiement d'une force commune pour assurer  la sécurité des puits de pétrole du nord du pays, a déclaré le chef de la diplomatie  soudanaise, Ali Karti, cité mardi par des médias.             

Un mois de conflit, des milliers de morts  et 200.000 déplacés

Depuis le 15 décembre, le Soudan du Sud est ravagé par des affrontements entre l'armée régulière et la rébellion menée par l'ancien vice-président Rick Machar, limogé en juillet par le président Kiir. Le conflit a déjà fait des milliers de morts et près de
200.000 déplacés, selon des estimations. Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a pour  sa part indiqué mardi que près de 25 000 sud-soudanais se sont enfuis vers des pays voisins, tels que l'Ouganda, l'Ethiopie et le Kenya, suite aux conflits et l'éruption des combats dans leur pays. "Plus de 23.000 réfugiés sud-soudanais ont déjà traversé la frontière vers
l'Ouganda suite aux violences datant maintenant de plus de deux semaines, depuis le 15 décembre dernier", a déclaré la porte-parole du HCR, Melissa Fleming. "Le HCR et ses partenaires font leur possible pour fournir suffisamment d'eau et d'installations d'assainissement dans les centres de transit et de  réception des districts d'Arua et d'Adjumani, dans la région du Nil occidental au nord-ouest de l'Ouganda, et lundi dernier, quelque 23 546 réfugiés sud-soudanais étaient déjà arrivés en Ouganda", a précisé la porte-parole.
 

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