samedi 11 juillet 2020 00:35:22

Marchés de gros, Des espaces anarchiques : Les APC et les adjudicataires à l’index

Les Assemblées populaires communales (APC) et les adjudicataires sont les responsables directs de la situation d’anarchie dans laquelle sont plongés les marchés de gros de fruits et légumes, a estimé samedi un responsable au ministère du Commerce.

PUBLIE LE : 30-12-2013 | 0:00
D.R

Les Assemblées populaires communales (APC) et les adjudicataires sont les responsables directs de la situation d’anarchie dans  laquelle sont plongés les marchés de gros de fruits et légumes, a estimé samedi  un responsable au ministère du Commerce.    

«L’anarchie qui règne dans ces espaces est due au non-respect, par les APC propriétaires des marchés et les adjudicataires qui les prennent en location, des lois définissant les conditions et modalités d’organisation et de fonctionnement  des marchés de gros de fruits et légumes», a indiqué à l’APS, le directeur général de la régulation et de l’organisation des activités au ministère du Commerce,  Abdelaziz Aït Abderrahmane.          
Sur les 43 marchés existants, 32 appartiennent au commun et loués par adjudication pour des montants allant de 1,5 à 2 milliards de DA par an, selon ce responsable.       
«L’adjudicataire ne cherche qu’à assurer des gains pour payer l’APC et garantir ses marges bénéficiaires sans donner, cependant, aucune importance au respect des règles d’organisation», a-t-il dit. Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, avait souligné la nécessité de réaliser de nouveaux marchés de gros des fruits et légumes, qui répondent aux normes internationales, relevant l’important déficit en Algérie en offre d’espaces. L’Algérie ne compte que 43 marchés de gros de fruits et légumes à l’échelle nationale, dont 15 marchés ont une superficie inférieure à 1 hectare avec une superficie moyenne pour les marchés fonctionnels ne dépassant pas les 2,5 hectares, au moment où celle-ci atteint les 9 hectares au Maroc et les 18 hectares en  France. L’insuffisance avérée en infrastructures adéquates par rapport à l’offre en fruits et légumes, et la gestion défaillante de ces infrastructures ont créé une congestion de ces marchés, en plus de la configuration des infrastructures existantes qui ne répondent pas aux normes internationales.         
Les mandataires des marchés de gros dénoncent, de leur part, l’absence «totale» d’organisation et de sécurité dans ces espaces, d’où l’activité est plongée dans une «anarchie flagrante» échappant à tout contrôle.         
«Ces marchés sont des espaces non aménagés ne disposant pas du minimum requis pour l’exercice de cette activité», dénonce le président de la Fédération nationale des marchés de gros de fruits et légumes, Mustapha Achour.        

Une stratégie pour le développement du réseau de distribution
Un nouveau décret fixant les conditions et modalités d’implantation, d’organisation et de fonctionnement des espaces commerciaux, notamment du commerce de gros de fruits et légumes, est entré en vigueur en avril 2012.        
  Ce nouveau texte a été élaboré dans le but de remédier à la situation critique qui caractérise la gestion, l’organisation, le fonctionnement et l’état général de ces marchés.
Ainsi, la législation stipule, entre autres, que «les marchés de gros doivent être aménagés en carreaux et/ou locaux qui peuvent faire l’objet de cession ou de location au profit d’opérateurs économiques ayant le statut de personnes physiques ou morales, et habilités à effectuer des opérations d’achat  et de vente en gros.»       
À ce titre, seuls les mandataires grossistes, les collecteurs livreurs des produits agricoles, ainsi que les prestataires de services sont autorisés à effectuer des transactions commerciales au stade de gros, selon ce décret. Cette mesure devait contribuer à lutter contre la multiplication des intermédiaires qui opèrent dans le circuit de distribution des fruits et légumes.          
«Les APC et les adjudicataires ne suivent pas les mesures prises par cette réglementation qui situe les responsabilités de chacun. Dans quelques années, s’ils ne font pas l’effort d’organiser le marché, la gestion peut être confiée à d’autres entreprises, à l’instar de Magros», a averti M. Aït Abderrahmane.         
 Une stratégie de développement du réseau de distribution des produits  agricoles frais a été arrêtée, avait indiqué M. Benbada, qui a précisé que la première phase de cette stratégie porte sur le lancement d’un programme d’urgence  pour pallier les insuffisances actuelles et répondre aux besoins immédiats. Ainsi, il a été décidé de développer les espaces de commerce de 76 hectares,  extensibles à 153 hectares à moyen terme, et l’augmentation de la capacité de  réception des infrastructures existantes de 30 millions de q par an de fruits  et légumes, soit 25% de la production nationale, en plus de la capacité actuelle de 31% soit un total de 56%.       
Quant à la deuxième phase de cette stratégie, celle-ci «découlera des études et évaluations» qui seront réalisées dans le cadre du schéma directeur national des infrastructures commerciales.
Un programme de réhabilitation des marchés de gros de fruits et légumes, avec une enveloppe financière de 1,5 milliard DA, a été lancé dans le cadre du programme quinquennal 2005-2009, et un autre programme de réalisation de nouveaux marchés modernes conformément à la décision du Conseil des ministres du 11 mai 2011 sera lancé.         
 En outre, huit (8) grands projets portant sur la création d’espaces commerciaux de gros seront réalisés au niveau national pour combler le déficit en infrastructures répondant aux normes et pour améliorer la distribution des produits agricoles frais.   Ces projets seront réalisés à Aïn Defla, Mascara, Sétif, Ouargla, Mila,  Djelfa, Guelma et Biskra.  Les pouvoirs publics ont procédé à la création de l’entreprise «Magros»,  qui sera chargée de la réalisation et de la gestion des marchés de gros et de trois filiales.

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