mardi 12 novembre 2019 13:25:12

Conférence de presse conjointe Messahel - Lamamra : Les réponses du gouvernement à toutes les préoccupations de l’heure

« L’Algérie participera à Genève 2 sur décision du Président Bouteflika »

PUBLIE LE : 29-12-2013 | 0:00
D.R

La deuxième conférence de presse animée conjointement, hier à la résidence El-Mithak, par MM. Lamamra et Messahel, respectivement ministres des Affaires étrangères et de la Communication, aura été riche en informations. Les deux ministres, qui se sont prêtés volontiers au jeu des questions-réponses, ont joué la carte de la franchise. En effet, aucune des questions posées n’est restée sans réponse.

Des interrogations qui ont porté essentiellement sur les questions d’actualité nationale et internationale.
 À la première relative à la tenue d’un Conseil des ministres dans les prochains jours, le ministre de la Communication a confirmé l’information en annonçant qu’«effectivement, un Conseil des ministres va se tenir dans les prochains jours, et qu’il aura à son menu, la loi des finances et d’autres questions encore», sans toutefois préciser lesquelles. Quant à savoir si le projet de la révision de la Constitution figurera dans l’agenda de ce Conseil, M. Messahel rappelle que «la révision de la Constitution est du domaine réservé au Président de la République», et que «l’opportunité et le timing d’une telle annonce relèvent des seules prérogatives du Président».
Pour ce qui est du projet de loi sur l’audiovisuel, il indique que le processus est en cours, soulignant au passage le souhait du gouvernement de voir ce projet de loi adopté lors de la session parlementaire en cours. Si tel n’avait pas été la volonté du gouvernement, ajoute-t-il, «il aurait procédé à son retrait».
il précise que ce projet est le premier des trois que le département de la Communication entend concrétiser et qui font partie de la stratégie de son département, puisque deux autres chantiers sont en cours. Il s’agit du projet de loi sur la publicité et le projet de loi sur le sondage. Sur la question de la publicité, il dit : «On y vient, mais il faut tenir compte des agendas du gouvernement et de l’Assemblée.»

« Le marché de la publicité pose problème »
Il précise par ailleurs que les projets de loi sont en cours de finalisation, et qu’ils seront soumis au Conseil du gouvernement, endossés en Conseil des ministres, avant d’être transmis à l’Apn. Il estime cependant que «le marché de la publicité pose problème», avant d’annoncer que «des dispositions seront prises pour en introduire la rigueur et la commercialité». Il poursuit en indiquant qu’«il ne faut pas voir uniquement l’ANEP, puisque des entreprises étatiques, comme Sonatrach ou Mobilis, donnent également de la publicité».
Au sujet des 140.000 postes budgétaires dans la Fonction publique non pourvus annoncés par le ministre des Finances, Karim Djoudi, M. Messahel dit que le problème qui se pose est lié à la bureaucratie : «Entre le moment où le poste est créé et celui où il est attribué, il existe un déclage dû aux procédures bureaucratiques contre lesqueslles il faut lutter, d’où la nécessité d’alléger les dossiers pour accéder aux postes.»

Ghardaïa : « Une initiative sera prise prochainement »
À une question sur la situation qui prévaut actuellement à Ghardaïa, il déclare : «C’est navrant de voir se répéter ces situations. Si chaque Algérien a le droit de revendiquer, cette revendication doit cependant se faire dans le respect de la loi et des biens d’autrui.»
 M. Messahel indique que «cette affaire est suivie par le Premier ministre, et qu’une initiative sera prise dans les prochains jours pour y mettre un terme».
Prié de donner plus de détails sur cette initiative, il dit qu’«elle va dans le sens du retour définitif à une situation normale».
 Il s’est également félicité du retour au calme, tout en émettant le souhait qu’il perdure, en soulignant «la bonne volonté des notables de cette ville avec lesquels le Premier ministre est en contact».

Extradition de Khelifa :  « Aucune  arrière- pensée politique »
Sur le dénouement de l’affaire Khalifa, avec l’extradition par la justice britannique du principal accusé, Abdelmoumène Khelifa, le ministre de la Communication dit : «On ne peut que se féliciter de la manière avec laquelle les autorités judiciaires britanniques ont géré cette affaire, à travers laquelle elles rendent hommage et crédibilisent la justice algérienne.» Il poursuit en affirmant que «cette extradition témoigne de la confiance placée en la loi algérienne, car la justice algérienne est capable de mener à bien ce procès». Aussi, il nie catégoriquement l’existence d’arrière-pensée politique liée à cette extradition. Quant au dossier Chakib Khelil, il réitère la position du ministère de la Communication qui est celle de ne pas commenter les affaires lorsqu’elles sont devant la justice. Une position qui s’explique, ajoute-t-il, par «le respect à la justice».

Mouvement dans le corps des ambassadeurs : « 8 postes pourvus »
Sur le dernier récent mouvement opéré dans le corps des diplomates, le ministre des Affaires étrangères répond : «Le Président de la République a procédé à des nominations de diplomates, et a rappelé d’autres sur proposition du ministre des Affaires étrangères.» Et de poursuivre : «C’est une pratique normale et naturelle.»  Il  se refuse toutefois à confirmer les noms des titulaires publiés par la presse. «Il est de tradition diplomatique, dit-il, de ne pas communiquer les noms avant que les pays hôtes ne reçoivent les titulaires.» Il se limite à annoncer que 8 postes ont été pourvus, et que les nommés sont dans la phase des demandes d’ agrément. Quant au rôle des représentations diplomatiques algériennes, il dit que ces dernières ont, parmi leurs priorités, celle d’accompagner les investisseurs étrangers et de contribuer à faire connaître les opportunités d’affaires en Algérie. Il dit, à ce sujet, qu’une direction a été créée dans cette optique au sein de son département, et qu’elle a pour mission d’aider et d’encourager les exportations hors hydrocarbures.  

Otages au Mali :  « Le dossier demeure à la tête des priorités »
Sur la question des otages algériens détenus au Nord-Mali, le ministre des Affaires étrangères affirme : «Ce dossier reste à la tête des priorités du gouvernement, et que les efforts déployés par les services concernés en vue de leur libération se poursuivent et s’intensifient.» Il exprime de nouveau sa sympathie aux otages et leurs familles, promettant d’informer l’opinion publique de toute bonne nouvelle qui surviendrait.

Algérie-France : « Des relations  spécifiques »
La boutade commise par le président français, François Hollande, sur l’Algérie a été également objet de plusieurs questions posées par les nombreux journalistes présents à cette conférence de presse. Et M. Lamamra se charge de faire les rappels nécessaires. Ainsi, il indique que «les relations entre l’Algérie et la France sont très denses et émotionnellement très chargées». Des relations qui évoluent, tantôt vers l’excellence, et qui parfois sont au creux de la vague. Mais, ajoute-t-il, «ces relations sont tellement importantes et spécifiques que des efforts sont déployés pour donner ce caractère particulier et mutuellement avantageux». Il reconnaît que des difficultés surgissent, mais qu’elles sont réglées de part et d’autre. Pour ce qui est de cet incident regrettable, il dit que «la France a agi pour le circonscrire, et que pour ce faire, des mesures exceptionnelles dans la diplomatie ont été prises». Il cite les communiqués publiés et la conversation téléphonique que le Président Bouteflika a eue avec François Hollande. «C’est la preuve d’une volonté très affirmée de circonscrire cet incident», a-t-il poursuivi. «Il faut que le partenariat d’exception se réalise sans être perturbé par des incidents de parcours.» Quant à la réaction suscitée par cet incident au sein de l’opinion nationale, il dit : «Nous respectons les opinions, et nous assumons nos responsabilités en tant qu’État et en tant qu’institutions.»
Sur la teneur de la conversation, lors de l’audience accordée par le Président Bouteflika au Premier ministre français à l’occasion de sa récente visite, M. Lamamra répond : «On ne commente pas des discussions diplomatiques, elles ne sont pas du domaine public.»   

 « M. Sellal se rendra en Libye »
Sur les propos qu’on lui aurait prêté à la lecture de l’entretien accordé à la revue Jeune Afrique, quant à la non-responsabilité de la Libye dans l’attentat contre le complexe gazier de  Tiguentourine, il dit : «On a sorti la phrase de son contexte. Ma déclaration n’a pas consisté à dire quels sont les résultats de l’enquête, mais à dire qu’il y a une différence entre un pays qui ne veut pas sécuriser ses frontières et un autre qui n’a pas les moyens de les sécuriser, et qu’on ne peut pas, de ce fait, lui jeter la pierre.»
Pour ce qui est de la visite que compte effectuer le Premier ministre M. Sellal en Libye, il indique que «c’est une visite de travail et d’amitié, à l’occasion de la tenue de la haute commission mixte ; et qu’elle sera l’occasion pour redynamiser la coopération entre les deux pays et faire le point sur les dossiers de partenariat». De même qu’il s’agira, ajoute-t-il, «de clarifier le sort des projets économiques communs et d’évaluer les programmes lancés, notamment dans les zones frontalières». La coopération sécuritaire sera également au menu de cette visite.

Sécurisation de la frontière ouest : «L’Algérie a les mêmes droits que le Maroc»
Interrogé sur la décision des autorités marocaines de mettre des grillages le long de la frontière, M. Lamamra répond : «Nous n’avons pas d’informations sur le sujet, et si cela venait à se confirmer, c’est le choix du Maroc de sécuriser ses frontières et, par conséquent, celles de ses voisins.»
Il ajoute, néanmoins, que «l’Algérie a les mêmes droits pour faire la même chose». Quant au projet de loi dépénalisant la commercialisation du cannabis que le Maroc compte adopter, M. Lamamra estime que «chaque pays légifère pour lui-même, et que ce n’est pas là une question bilatérale. Mais que la communauté internationale pourrait prendre en charge cette question dans le cas où cette législation aura des interactions et des réactions». Mais, présentement, dit-il, «il n’y a pas lieu de spéculer sur les intentions du législateur marocain».  

Mali, Centrafrique et Soudan du Sud : « Appel au dialogue »
Sur la situation qui prévaut  au Mali, en Centrafrique et au Soudan du Sud, il énumère les évolutions enregistrées, tout en appelant au dialogue, notamment en Centrafrique et au Soudan du Sud, pour éviter des confrontations fratricides. S’agissant du Soudan du Sud, il dit souhaiter que «la médiation menée par l’Éthiopie aboutisse à un apaisement de la tension et à une reprise du dialogue». Il indique que «le Conseil pour la paix et la sécurité de l’UA tiendra une réunion avant la fin de cette année pour examiner ce dossier». Pour ce qui est du Mali, il dit que «l’Algérie a aidé au renforcement de l’État et de son armée, à l’accomplissement de la mission de la minusma et de l’opération Cerval».  

Égypte : « L’Algérie soutient les pays, pas les gouvernements »
Interrogé par une journaliste égyptienne sur la position de l’Algérie à l’égard de la situation en Égypte, le ministre des Affaires étrangères, qui annonce au passage la visite prochaine du MAE égyptien en Algérie, indique que «la position algérienne est celle de la non-ingérence dans les affaires internes des pays». Cela étant, ajoute-t-il, «on peut émettre des avis et des analyses». Il rappelle que «l’Algérie reconnaît les pays, pas les gouvernements». Sur le gel du siège de l’Égypte au sein de l’UA, il dit que «l’organisation africaine a dépêche une mission au Caire, et que cette dernière doit rendre ses conclusions et recommandations à la Commission de l’UA pour la paix et la sécurité». Il ajoute que «l’Algérie souhaite le retour de l’Égypte à l’Union africaine», tout en soulignant que «les deux pays ont de quoi discuter et qu’ils ont des choses à réaliser ensemble sur la scène arabe et internationale».

« L’Algérie participera à Genève 2 sur décision du Président Bouteflika »
Quant au dossier syrien, le ministre des Affaires étrangères dit que «l’Algérie a été invitée à Genève 2, et que le Président de la République a demandé à ce qu’elle y participe en vue de renforcer et de soutenir les efforts déployés par l’émissaire de l’Onu et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, avec lequel elle est en contact permanent et auquel elle apporte son soutien sans la moindre réserve». «L’Algérie soutient le projet d’une solution politique négociée et un dialogue constructif entre les frères syriens afin de mettre un terme à la tragédie», soutient-il.
«Nous souhaitons  que cette rencontre soit conclue par un accord historique», ajoute-t-il. Il précise que «les prochains jours verront l’intensification des contacts et des concertations pour créer un climat serein et de négociations au cours de cette rencontre qui verra la participation de 35 pays et organisations». Pour ce qui est des Syriens qui sont en Algérie, il dit qu’«ils n’ont pas le statut de réfugiés politiques au sens de la Convention de Genève». Mais qu’«ils sont juste en difficulté comme certains Algériens l’ont été et ont été accueillis par la Syrie», souhaitant que leur séjour soit aussi court que possible en Algérie et qu’ils puissent retourner dans leur pays. Pour ce qui est des prisonniers algériens en Irak, il dit que «4 d’entre eux ont bénéficié d’une grâce présidentielle. Ils n’ont pas pu tous quitter l’Irak du fait que la procédure impose de voir s’ils ne sont pas poursuivis dans d’autres affaires».  
Nadia Kerraz

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Lamamra : les diplomates algériens, des diplômés de l’« académie diplomatique Abdelaziz Bouteflika »
Les diplomates qui ont eu à servir l'Algérie sont des diplômés de l'«académie diplomatique Abdelaziz Bouteflika», a affirmé le ministre des Affaires étrangères, soulignant le privilège d'œuvrer sous la haute direction du Président de la République. «Nous sommes des diplomates de carrière, pas seulement nous deux (Lamamra et Messahel, ndlr), mais d'autres qui ont eu le privilège de servir l'Algérie à des fonctions de responsabilité.
Aujourd'hui, si vous remontez à notre parcours, vous découvrirez que nous sommes diplômés de l'académie diplomatique Abdelaziz Bouteflika», a indiqué M. Lamamra, lors de la conférence de presse conjointe avec le ministre de la Communication, Abdelkader Messahel. «Nous sommes ravis que nous ayons eu comme source féconde d'inspiration, l'œuvre du Président Bouteflika. Nous sommes donc privilégiés d'être en mesure, aujourd'hui, de servir l'Algérie sous sa haute direction», a-t-il ajouté.

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