lundi 24 septembre 2018 07:41:30

8e Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes : Mélodies pluriculturelles

Le Pakistan, l’Iran et l’Algérie ont animé, vendredi soir à la salle Ibn Zeïdoun de l’Office Riadh El Feth à Alger, l’avant dernier soir du 8e Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes «Festivalgérie», dans une ambiance pluriculturelle, mettant en valeur le patrimoine universel de l’humanité.

PUBLIE LE : 29-12-2013 | 0:00
D.R

Le Pakistan, l’Iran et l’Algérie ont animé, vendredi  soir à la salle Ibn Zeïdoun de l’Office Riadh El Feth à Alger, l’avant dernier soir du 8e Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes «Festivalgérie», dans une ambiance pluriculturelle, mettant en valeur le patrimoine universel de l’humanité.  

The Sabri Brothers» du Pakistan, dirigés par le chanteur Amjad Farid Sabri, ont été les premiers à se présenter pendant près d’une heure, devant un public  averti et déjà conquis, avec un programme exclusivement spirituel, dans le genre  «qawwali», exprimant une dévotion islamique soufie transmise à travers les  générations. Assis à même le sol, les huit membres accompagnant le chanteur, tous de  noir vêtus, étaient répartis entre vocalistes et instrumentistes, jouant de  l’harmonium pakistanais pour les mélodies, et des percussions de la tabla et du dholk (percussion en pièce unique, dont la forme est entre bongo et conga,  avec une peau à chacune de ses deux extrémités) pour les rythmes. Qawl, Ya Mohamed Noore Mujsem, Ya Mustafa et Lal Meri Pat sont les quatre pièces interprétées dans des gammes pentatoniques et des rythmes binaires à plusieurs mouvements, alternés par les appels pour assurer les transitions-  d’Amjad Farid Sabri, ténor à la voix très présente, dotée de puissance et d’un vibrato remarquable, qui a hérité son métier d’artiste de son père, le célèbre Ghulam Farid Sabri.
«Ils sont formidables, c’est le meilleur des groupes qawwali, il m’est  arrivé de les mettre en boucle pendant des heures pour écouter leurs voix extraordinaires»,  a commenté Zhira Yahi, chef de cabinet au ministère de la Culture, avant d’ajouter : «On veut les revoir en Algérie !».  La 2e partie de la soirée a permis à l’assistance d’apprécier quelques figures de la musique persane, avec l’ensemble «Tarab» d’Iran, sous la direction  de Hassan Tabar, musicologue et docteur en ethnomusicologie, interprétant deux pièces avec des sonorités aigues et cuivrées. Dans des suites à motifs mélodiques, dans l’ordre des «taqassims», permettant l'approche d'un mode et offrant à chaque instrument ses propres variations,  le «Radif», héritage musical iranien, inscrit en 2009 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, était mis à  l’honneur, avec le soutien d’un rythme, savamment joué en sourdine. Les cinq musiciens, assis eux aussi, jouant du barbat (luth à 13 cordes),  le santur (instrument de percussion mélodique), le tar (luth à 6 cordes), le  kamancheh (violon avec une petite caisse en forme de boule) et le tombak, le daf et le
doyreh (instruments de percussion), ont fait montre d’un aspect de la richesse patrimoniale persane.  Un hommage a ensuite été rendu à Kaddour Darsouni, grand maître du malouf constantinois, qui a donné toute sa vie pour ce genre de musique, contribuant activement à la formations de trois générations de musiciens dont Abbas Righi, un des participants à ce festival, qui a témoigné des qualités humaines de son maître et de sa rigueur pour l’apprentissage et la formation. Hamdi Bennani, une autre icône du malouf, présent dans la salle, a remis le trophée honorifique au neveu de Kaddour Darsouni, chargé de représenter son  oncle, resté à Constantine. L’ensemble régional de Constantine, dirigé par Samir Boukredera, est ensuite intervenu pour clore la soirée, interprétant «Noubet Dil  Malouf», dans la variation de ses mélodies et ses mouvements rythmiques, exécutée par une vingtaine de musiciens, dont une femme. Les sonorités amples et denses des instruments à cordes, la douceur du nay (flûte) les nuances dans les arrangements ainsi que l’alternance des instruments  et des vocalistes ont relevé le ton du récital, lui procurant des atmosphères de subtilité et de noblesse. Bachraf Dil, M’sedar Koum tara, B’taïhi El oud kad taranam, Istikhbar, Insiraf Bakiyet el khamama, Billah ya nassim essabah, Kh’las Wahd el ghoziel, kh’lass Rahlou aâliya ousarou, Kh’las Zej liya kawmou h’wit ghazel sont les pièces choisies par l'orchestre qui a créé des atmosphères paisibles et sereines. Le public a beaucoup apprécié les différentes prestations, donnant généreusement du répondant aux artistes tantôt en tapant des mains pour battre la mesure,  tantôt par des applaudissements nourris. «Quelle belle soirée, un vrai musée où on découvre tous ces instruments traditionnels et ces belles mélodies propres à chaque peuple, cela permet de  mieux s’ouvrir sur les cultures du monde», a commenté un jeune homme venu avec un groupe d’amis.

 

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