mardi 18 fvrier 2020 00:10:59

Impact de la criminalité transnationale sur la stabilisation de l’Afrique de l’Ouest : Les inquiétudes de l’Onu

Comité de l’Onu contre le terrorisme : Le statut de mission politique spéciale conservé jusqu’à 2017

PUBLIE LE : 19-12-2013 | 0:00
D.R

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu pour l’Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit, a affirmé, devant le Conseil de sécurité, que la menace de la criminalité organisée restait toujours posée en Afrique de l’Ouest,  notamment au Sahel, même si cette région africaine continuait à progresser sur la voie de la stabilisation, ajoutant que le trafic de drogue représente une «menace réelle».

Présentant le rapport périodique du Secrétaire général de l’Onu, le diplomate algérien a relevé qu’au cours des 6 derniers mois, l’Afrique de l’Ouest avait continué à progresser dans la voie de la stabilisation, attribuant ces progrès à l’engagement des dirigeants ouest-africains regroupés au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de l’Union du fleuve Mano (Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra Leone et Guinée). Cependant, a-t-il affirmé, la montée de la criminalité transnationale organisée, sous ses différentes formes et tirant profit de la porosité des frontières et de la faiblesse des institutions nationales, est «la menace la plus lourde». Pour M. Djinnit, il convient de lutter efficacement et de manière coordonnée contre la corruption, de renforcer l’État de droit et de mettre fin à l’impunité, autant de fléaux dont se nourrit précisément la criminalité transnationale organisée. Concernant le Mali, il a noté que l’effort initial de mobilisation de la CEDEAO avait été prolongé par l’Onu, à travers le déploiement de sa Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), ajoutant que l’ordre constitutionnel et l’intégrité territoriale ont été rétablis au Mali et, depuis l’élection du président Keita, tandis que le processus de dialogue et de réconciliation est encore en cours. M. Djinnit a, cependant, reconnu la persistance, au Mali et à l’échelle régionale, de défis majeurs en matière de sécurité et de stabilité. À cet égard, il s’est félicité de la décision des dirigeants africains, tirant les leçons de la crise au Mali, de créer une force de réaction rapide afin de doter l’Afrique de l’Ouest de la capacité requise pour répondre efficacement à d’autres crises et menaces collectives. Dans ce contexte, M. Djinnit a indiqué que la récente visite du Secrétaire général de l’Onu dans la région du Sahel avait contribué à créer une plus grande mobilisation en faveur des pays concernés. Il a rappelé que le Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, à la demande du Conseil de sécurité, avait adopté une plate-forme de coordination pour accélérer la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel. «Nous devons, dans les prochaines semaines, nous atteler, sous l’autorité de la présidence malienne de la plate-forme et en concertation avec l’Union africaine, à la mise en œuvre de la plate-forme établie lors de la réunion ministérielle de Bamako» de novembre dernier, a-t-il déclaré. S’exprimant encore sur les activités du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest durant ce dernier semestre de l’année, M. Djinnit a souligné l’appui de l’Onu au dialogue entre le gouvernement du Mali et les rebelles du nord du pays, ainsi qu’aux processus électoraux au Togo et en Guinée. Sur un autre plan, il a affirmé que les pays de la région poursuivent leurs efforts en matière de lutte contre le trafic de drogue et la criminalité transnationale organisée, en déclarant que ce problème est une «menace réelle à la stabilité régionale». Il a alors cité le plan d’action de la CEDEAO, appuyé par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), et les activités du Comité politique de l’Initiative ouest-africaine. En ce qui concerne le terrorisme, M. Djinnit a considéré qu’il faudrait renforcer la coordination des multiples initiatives en cours, afin d’agir de manière véritablement concrète, efficace et concertée contre cette «menace croissante».

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Comité de l’Onu contre le terrorisme
Le statut de mission politique spéciale conservé jusqu’à 2017
Le Conseil de sécurité de l’Onu a décidé mardi que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme, qui joue un rôle essentiel contre le terrorisme au sein du système des Nations unies, conserve son statut de mission politique spéciale jusqu’au 31 décembre 2017. Par la résolution 2129 (2013), adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, le Conseil demande à la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme de recenser les problèmes, tendances et faits nouveaux en rapport avec les résolutions 1373 (2001) et 1624 (2005), en tenant compte de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations unies. Avec cette nouvelle résolution, l’organe de décision de l’Onu a indiqué qu’il demeurait résolu à améliorer encore l’efficacité de l’action menée contre ce fléau à l’échelle mondiale.
Il a ainsi engagé la Direction exécutive de ce Comité à coopérer avec les pays et les organisations régionales et sous-régionales, en vue d’évaluer l’état de mise en œuvre des résolutions 1373 (2001) et 1624 (2005), et de les aider à formuler des stratégies nationales et régionales.
Il importe, souligne-t-il, que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme présente au Comité les rapports de pays en temps voulu. Le Conseil de sécurité a demandé à la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme de publier, avec l’accord des pays concernés, les informations figurant dans les études et évaluations nationales relatives à la lutte antiterroriste. Il engage aussi la Direction exécutive de travailler en étroite collaboration avec le Groupe d’action financière (GAFI), afin d’appliquer de manière effective les recommandations relatives à la lutte contre le financement du terrorisme. Par ailleurs, le Conseil charge la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme de renforcer sa coopération avec les Comités des Nations unies chargés de la lutte contre le terrorisme, notamment les Comités créés en vertu des résolutions 1267 (1999) et 1989 (2011) et 1540 (2004), chargés respectivement des sanctions contre El-Qaïda et du non-accès des acteurs non étatiques à la technologie nucléaire.

 

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